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Critique du film : Le Chateau du néant [1975], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 9 juillet 2013 à 17h42

La medium et le savant fou… et le nain, aussi

Dans les sous-sols d’un château provençal, un scientifique myope, cardiaque et télépathe effectue des recherches sur la régénération de la chair morte, avec l’assistance d’une medium sataniste - prêtresse vaudou à l'occasion - et d’un nain lubrique. Le but de ces expériences? Redonner vie à un cadavre pour en faire l’implacable instrument de leur vengeance...

Sous ce script foutraque qui n’est pas sans rappeler les meilleures perles d’Ed Wood se cache Le baiser du diable, une production Eurociné réalisée en 1975 par l’espagnol Georges Gigo. Ce film franco-espagnol raconte l’histoire de Claire Grandier (incarnée par Silvia Solar), la veuve d’un riche aristocrate qui, pour avoir été considérée par ses pairs comme principale responsable du suicide de son mari, se retrouve exclue de la haute société. Depuis, n’ayant plus que la vengeance comme unique objectif, elle élabore le plus fou et le plus diabolique des plans. Et c’est le duc de Haussemont, impressionné par les talents médiumniques de Claire Grandier lors d’une soirée donnée en son château, ignorant qu’il est lui-même la cible de cette ire assassine, qui lui fournit les moyens d’arriver à ses fins.

Dans Le baiser du diable, vous allez voir des notables entassés au fond d’une cave s’extasier devant une danse tribale pour touristes et un défilé de mode ultra-kitch; un nain lubrique rêver d’une cavalière chevauchant à poil; un émule de Frankenstein mener ses expériences avec un microscope en plastique et une boîte du «petit chimiste»; un type sorti de nulle part (avant d’y retourner) baiser Loretta, la gentille domestique; un sosie rachitique de Tor Johnson incarner une créature de Frankenstein version zombie haïtien; le copycat ibérique et pervers du majordome de la famille Adams; un savant fou contrôler les actes de sa création en serrant ses sphincters (ce qui, apparemment, lui file une terrible migraine)... Tout cela forme un joyeux petit bordel qui mélange pêle-mêle les éléments du film de science-fiction, du film de possession vaudou, du conte d’horreur gothique et du métrage sataniste. Autant dire qu’il est difficile de rester sérieux devant ce feu d’artifice nawak (grandement fourni en pétards mouillés) qui accumule les clichés comme on enfile des perles et qui n’hésite jamais - production Eurociné exige - à ôter la culotte de jolies actrices lors de démonstrations érotiques complètement superflues.

Si le scénariste du baiser du diable (qui n’est nul autre que Gigo) s’est, de toute évidence, librement inspiré de Mary Shelley pour coucher son histoire sur le papier, c’est avant toute autre le fruit délirant d’un étalage d’incompétence et de crétinerie. Un spectacle si Z qu’il en est souvent désopilant. Ainsi, on rit beaucoup quand le professeur Thomas Gambier (qui se balade en 2-CV fourgonnette, la classe internationale! ) et Claire Grandier «réveillent» leur créature de Frankenstein, allongé sur une planche dans les sous-sols du château. Une dose de potion de perlimpinpin mise au point par le savant, une prière impie tirée d’un recueil satanique (le livre d’Astaroth) et un rituel vaudou à base de coq saigné et, hop, voilà que le cadavre piqué dans un cimetière se redresse sur son séant, dévoilant, accompagné d’un greuuuh! des plus convaincants, un visage maquillé à la craie. D’ailleurs, à ce moment, l’on se demande où le couple veut en venir. La vengeance? Oui, mais comment? Il est peu certain qu’une telle créature au visage barbouillé, aussi pataude qu’une momie arthritique, puisse passé inaperçue, d’autant que l’étendue de son vocabulaire se résume à quelques grognements. Même si elle est guidée par Gambier (qui, à chaque expérience, risque l’arrêt cardiaque), on la voit mal se glisser discrètement dans la haute société. De plus, sachez que la créature va échapper au contrôle de son créateur...

Techniquement, ce n’est guère mieux. Derrière la caméra, Georges Gigo fait preuve d’une légèreté toute pachydermique. Régulièrement, succombant à l’excès de zèle, il insiste à resituer l’action à grand renforts d’inserts, comme ce plan de coupe sur le panneau indicatif «Chateau de Haussemont» qui apparait presque à chaque changement de séquence. Un véritable running gag involontaire. Il est tout autant subtil quand il est nécessaire de mettre en évidence le ressenti des personnages. Des tonnes de zooms à la Jess Franco sur les regards des protagonistes ou, inversement, des longs plans fixes sur des visages de comédiens mal à l’aise car n’ayant rien d‘autre à faire que fixer l’objectif. A coté de cela, le cinéaste compense un peu ces faiblesses – et évite le désastre total - par quelques ambitieux mouvements de caméra, une photographie soignée et une exploitation assez pertinente des quelques décors mis à sa disposition. A noter que l’aspect horrifique est assez patiné puisque le film n’est que peu fourni en passages sanglants, la créature éliminant ses victimes en les étranglant.

En plus d’avoir le privilège de visionner une véritable expérience filmique, l’amateur de cinéma de genre pourrait prendre plaisir à y voir cabotiner une petite brochette d’acteurs ayant fait, en grande partie, leur carrière chez Eurociné. Ainsi, cinq ans avant le mémorable Cannibal Terror, l’impayable Olivier Mathot au brushing intergalactique, homme à tout faire des frères Lesoeur (porno, drame, horreur, film de guerre, un véritable... touche à tout), et Silvia Solar (alias Genevièce Couzain), brune ténébreuse au physique évoquant Barbara Steele, sont réunis à l’écran, pour interpréter le docteur Gambier et madame Grandier, la Claire voyante (désolé, pas pu m’en empêcher). Poussant à fond le sentiment de haine de son personnage, elle est aussi exubérante - un festival de froncement de sourcils et de sourires sadiques - que lui est minimaliste en essayant de donner à son personnage un air autiste… euh, mystérieux.  Un drôle de couple. Leur bienfaiteur, le duc de Haussemont, est interprété par José Nieto (Frankenstein Bloody’s Terror). A force de vouloir faire ressortir le coté naïf de son personnage, il finit par en faire un François Pignon espagnol, une véritable truffe. A noter la présence remarquée d’Evelyn Scott (Shining Sex, La maison des filles perdues). Dans le rôle de Loretta, la soubrette, elle ne change pas ses habitudes et nous dévoile une nouvelle fois son anatomie au cours d’une séquence de sexe qui n’a aucun autre but que permettre aux spectateurs de se rincer l’œil. On ne le regrette finalement pas, la jeune femme étant très agréable à regarder. Enfin, dans les seconds rôles, on peut remarquer Daniel Martin, Maria Sila et l’hallucinant José Lifante, dans le rôle d’un majordome très, très louche, qui pourrait faire passer Michael Berryman pour un modèle de banalité.

La conclusion de à propos du Film : Le Chateau du néant [1975]

Nicolas L.
35

Pur produit d’Eurociné, Le baiser du diable est un film bordélique recyclant nombre d’éléments propres au cinéma de genre. Librement inspiré du Frankenstein de Mary Shelley, le scénario digresse en permanence, allant même jusqu’à frayer avec l’érotisme gratuit pour coller aux standards imposés par la compagnie des frères Lesoeur. Au final, le film de Georges Gigo se pose comme un nanar cheap et vintage, assez souvent drôle de par la médiocrité de la mise en scène, ses aspects kitchs et la stupidité du scénario, avec une brochette de comédiens atypique, comme l’hallucinant José Lifante.

Que faut-il en retenir ?

  • Un nanar des seventies
  • Des comédiens atypiques
  • Une réalisation appliquée

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario débile
  • Une direction d’acteur perfectible
  • De mauvais effets spéciaux
  • Aspect horrifique policé

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