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Critique du Film : Bait
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Critique du Film : Bait

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 12 juin 2013 à 1756

Bait et fier de l'être

Josh est un jeune garçon bien sous tous rapports. Carrément. Il affiche d’ailleurs le profil du gendre idéal pour beldoche cougar; beau gosse, sourire Pepsodent, sportif, sympathique et intelligent... Ah, non, pas intelligent. Mais bon, ça, pas grave, on s’en fout. Josh, qui bosse comme surveillant de plage, est également un homme comblé. En effet, il sur le point de convoler en justes noces avec Tina, une gentille brunette aux courbes avantageuses et à la coiffure parfaite. D’ailleurs, c’est un peu à cause de cet amour que, ce matin, Josh est victime d’une gueule de bois carabinée. L’enterrement de vie de garçon a été particulièrement arrosé et il cuve dans sa voiture. Du coup, c’est son ami et futur beau-frère qui prend sa place au boul’eau. Sa mission: accrocher une bouée dans un chenal. Et là, patatra! Tout l’univers idyllique du plagiste béat va brusquement s’écrouler.

Une saloperie de squale, en quête de steak tartare, rode dans le coin et, paf, il tombe sur le futur beauf! Sacrée aubaine! Sous les yeux d’un Josh impuissant, le monstre néglige la bouée mais se jette sur le pauvre gars pour le mâchouiller comme un bâton de réglisse dans un sympathique déchainement gore (on remarque à cette occasion que le squale est un individu assez goulu mais ignorant des principes de base de l’étiquette). Comme vous pouvez vous en doutez, le beau-frère ne va pas sortir indemne de cette rencontre fortuite et Josh, qui se sent responsable de la mort horrible de son ami, part en dépression nerveuse, perd sa fiancée qui fuit en Indonésie rouler des boulettes de riz, est viré de son job de plagiste et se retrouve misérable, employé dans une grande surface dirigée par un manager aussi sympathique qu’une verrue plantaire. Les années passent avant que le chemin de Josh ne recroise celui de Tina mais, malheureusement, ce jour là, un tsunami frappe la ville. Décidemment, le sort s’acharne sur lui!

Et, croyez-le ou non, ce n’est pas fini! La situation va devenir encore plus dramatique quand, refugiés sur le haut de rayonnages en compagnie de quelques survivants et que le niveau de l’eau ne cesse de monter, les deux ex-tourtereaux vont se rendre compte qu’une clientèle inhabituelle se balade dans les allées du magasin inondé: un requin blanc! Alors que son pote patiente dans le parking souterrain en enquiquinant les automobilistes et les baiseurs exhibitionnistes, le grand squale, en quête de bonnes affaires (des lots promotionnels de chair humaine, par exemple), n’a pas l’air pressé de quitter les lieux et continue peinard son shopping sanglant.

Difficile de renouveler le genre quand il s’agit de construire un thriller animalier à base de requin tueur. Il faut dire que depuis Les dents de la mer, on ne compte plus le nombre de films exploitant ce sanglant - et juteux! - filon, et faisant souvent dans la digression, le requin cédant sa place à une autre créature marine, réelle ou fantasmée. On a donc des vu des orques tueurs, des baleines tueuses, des piranhas tueurs, des pieuvres tueuses, des barracudas tueurs, des baudruches de nanars italiens tueurs, des crocodiles de mer tueurs, des homards tueurs (si, si!).  Une situation de saturation de marché qui n’est d’ailleurs pas faite pour gêner les compagnies spécialisées dans le direct-to-DVD et les séries B car elles continuent de nous offrir régulièrement des œuvres consacrées aux exploits sanglants de ces prédateurs océaniques. Donc, la plupart du temps, on s’ennuie ferme à visionner un spectacle où un énième squale géant (ou l’un des autres animaux précités) bouffe un énième baigneur imprudent. Du sang, des cris, des bulles, un membre coupé qui flotte entre deux eaux, la routine, quoi. Tout juste, parfois, grâce à l’obligeance de réalisateurs plus salaces que ses pairs, lève-t-on les yeux (voire d’autres parties de l’anatomie masculine) sur quelques contre-plongées sous marines qui osent offrir un regard privilégié sur l’entrejambe d’une jolie naïade (destinée à crever, bien sûr, comme les autres).

Désireux d’introduire du sang neuf (si j’ose dire) dans ce type d’aventure marine usée jusqu’aux arêtes, Kimble Rendall, réalisateur, et Russell Mulcahy, producteur et scénariste, ont eu l’idée d’introduire dans ce métrage, intitulé Bait, quelques éléments dépaysant. Alors, ce n’est pas que l’invasion de requins faisant suite à un raz-de-marée soit une idée nouvelle (cf. Malibu Shark Attack), que l’utilisation de la 3D soit une initiative révolutionnaire (cf. Shark 3D) ou que planter les protagonistes dans un décor semi-immergé renouvelle le genre (cf. Un cri dans l'océan), mais toutes ces petites entreprises, réunies au sein du même métrage a pour but d’instaurer un climax un peu différent, apte à rendre digeste un récit non dépourvu de clichés et de stéréotypes, à commencer par cette galerie de personnages improbables épousant parfaitement les codes du teen-movie (la pétasse et son chien, le bellâtre abruti, le bad boy au grand cœur, le psychopathe qui rajoute un danger supplémentaire, le lâche qui fout la merde, le type quelconque mais...)

Alors, faute d’essayer de rendre Bait imprévisible et traumatisant, Kimble Rendall (Cut) s’est penché à soigner ses effets et faire de son œuvre une série B efficace. Un tsunami vraiment très spectaculaire, des requins assez bien modélisés, quelques plans gore saisissants, un humour noir souvent présent, un héroïsme débile (le brave type qui endosse un scaphandrier fait de bric et de broc et qui va crever comme une merde) et quelques clins d’œil aux classiques du genre (l’électrocution des Les Dents de la Mer 2) sont autant d’armes qui contribuent à rendre le spectacle sympathique. De plus, techniquement, le cinéaste ne se montre pas maladroit. La réalisation, sans faire preuve de virtuosité, est solide, rythmée, et entretient bien la tension malgré une intrigue qui balance entre deux trames aux enjeux similaires. L’une se déroule dans le parking souterrain et l’autre dans le magasin, et les deux voient quelques personnes (les uns sont réfugiés sur des voitures, les autres sur les rayonnages) tenter de se débarrasser d’un requin.

En fait, le principal défaut de Bait, en plus d’un récit qui, malgré quelques écarts bienvenus, file vers une destination connue par avance, vient des ses personnages, tous aussi insipides et prévisibles les uns que les autres. Impossible de ressentir une quelconque sympathie pour ce groupe de protagonistes aux plastiques séduisantes (avec un lot de petites pépés menée par Phoebe Tonkin, la Hayley de Journal d'un Vampire) mais aux personnalités aussi riches que les poches d’un mendiant du Caire. En fait, un seul personnage génère un semblant d’intérêt: c’est Doyle, un braqueur malgré lui, interprété par Julian McMahon, et qui se pose comme l’archétype de l’antihéros sympathique. Ainsi, au final, mis à part ce cas précis, l’on se soucie autant du sort des personnages que du taux d’hydrométrie dans l’est du Causase.

La conclusion de

Loin d’être le nanar désopilant auquel l’on pouvait s’attendre (le pitch, un requin dans un hypermarché, laissait entrevoir le plus nawak des spectacles), Bait est en réalité un thriller assez bien foutu. Certes, le film n’est pas exempt de défauts mais quelques bonnes idées, des FX pas trop mauvais et une réalisation appliquée font de cette série B un spectacle tout à fait regardable

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation appliquée
  • Des FX corrects
  • Des scènes gore efficaces
  • Quelques idées intéressantes

Que faut-il oublier ?

  • Beaucoup d’invraisemblances
  • Des personnages inintéressants
  • Un récit finalement prévisible

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