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Critique du film (direct to vidéo) : Necronos, par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 3 avril 2013 à 23h51

Du gore des familles

Necronos, un terrible nécromancien défait jadis par un ordre de chevaliers revêtus d’armures en mousse de latex, se voit accordé par Satan (le Darkness de Legend en version slim) une chance de se refaire. Renvoyé sur Terre, portant les stigmates de sa précédente exécution (un visage maquillé au cirage et la voix de Fantomas), il se voit chargé d’une triple mission: lever une armée de morts-vivants, construire un super guerrier-démon, le berserker, et, enfin, probablement la mission la plus difficile à réaliser en notre bon 21ème siècle, trouver le sang d’une vierge âgée de plus de douze ans. Heureusement, bien conscient de la difficulté de la charge, le maître des Enfers accorde à Necronos l’aide de deux assistants (cela afin de remplacer les trois sorcières baveuses, pornstars médiévales massacrées 300 ans auparavant par les moines-soldats). Deux sbires pas communs du tout, qui méritent de se voir consacrer une petite présentation.

Le premier se nomme Goran, un démon de sang. Cette espèce consiste en une sorte de colosse idiot, aux grommellements inintelligibles et à l’allure évoquant vaguement Leatherface, version tête de pine (rien à voir avec Pinehead, hein!). Ce gros abruti infernal et pataud (qui sait toutefois se montrer discret quand il s’agit de surprendre ses victimes) est chargé par Necronos du département «recrutement». Cela consiste tout d’abord à battre la campagne à la recherche de victimes à équarrir, aplatir, empaler, noyer, étrangler, décapiter, débiter, concasser. C’est selon. Un vrai couteau suisse du massacre, ce Goran! Ainsi, un couple de campeurs surpris en plein ébat, un duo de pêcheurs amateurs de bière, deux sadiques et leur otage féminine figureront, entre autres, parmi ces recrues forcées. Ensuite, après avoir été charcutées dans le donjon, certains d’entre elles grossiront les rangs de l’armée de zombies, alors que d’autres passeront à la moulinette pour terminer en hamburgers + boisson (mais sans frites) pour démon. Ah oui, j’oubliais un truc très important! Ce servile serviteur est également chargé de capturer des filles à poil, Necronos, bien naïf, espérant trouver parmi les délurées de la région la vierge nécessaire à son cérémonial. Terminent donc également sur divers engins de torture, généralement les cuisses bien écartées, quelques figurantes aux sexes soigneusement épilées et agrémentées de piercings. Une source de plans osés qui, hélas, va se tarir quand le trio infernal finit par dénicher Michelle, «l’heureuse» élue.

Le second, ou plutôt la seconde, est une hideuse sorcière en bure miteuse, fruit du croisement improbable entre une serpière et Christian Clavier. Perfide, comme toute sorcière qui se respecte, elle supporte mal l’autorité de Necronos et ne rêve que de prendre sa place (une ambition démesurée qui va l’entrainer à tripoter le braquemard de Goran - lequel ne va apprécier que moyennement). Douée de clairvoyance - un brin défaillante, ceci-dit -, elle est chargée de localiser la fameuse vierge. Elle se concentre, grimace, on pense qu’elle va larguer une caisse… En fait, non, elle a une vision. Stupéfiant ! Une faculté qui finit par payer car c’est bien elle qui va réussir à identifier la vierge, Michelle, grâce à une vision fulgurante obtenue en tripotant les nichons de sa sœur (la sœur de Michelle, hein, pas de la sorcière). Au final, surprise par Necronos en pleine constipation.... euh, conspiration, la traitresse au rire sardonique (ta mère!) finira en ingrédient pour sushi démoniaque.

Le film de Marc Rohnstock se consacre donc, essentiellement, à matérialiser à l’écran les exactions délirantes d’un trio de démons sanguinaires. Au programme de ce splatter teuton? Du gore craspec, du gore craspec, encore du gore craspec... et un peu de cul. En boucle. Forcément, le non initié, une fois digéré le choc provoqué par la découverte de ce type de film, trouvera le spectacle à la fois extrêmement chiant et extrêmement pourri. Et parfois un peu choquant. Ben oui, c’est ça l’underground allemand, mesdames et messieurs! D’ailleurs, on peut même dire que Necronos est une œuvre qui fait honneur au genre. Alors, certes, les effets gore sont bricolés avec trois bouts de ficelle et un morceau de scotch, mais l’ensemble se montre très généreux en maquillages (approximatifs), en gerbes de sang (des hectolitres!) et en pièces de corps humains en latex. Necronos, c’est une véritable orgie de plans scabreux et de mauvais gout, le tout conçu au premier degré. Je dois même avouer que je n’ai plus été à pareille fête Grand Guignol depuis le chouette Premutos. Une grande «gorefest» qui est le fruit d’un étonnant regroupement de synergies perverses.

En effet, on est heureux de constater que, en qualité de petit dernier de la fratrie des cinéastes underground allemands, Marc Rohnstock a reçu l’aimable assistance d’une partie de cette grande famille pour mettre en boîte son projet. On retrouve même devant la caméra, via de sympathiques caméo, Timo Rose et Andreas Schnaas. Grand prince, Rohnstosk les remerciera en les transformant en bouillie sanglante. Cool. Par ailleurs, pour la petite histoire, notons que c’est Andreas Schnaas, grand amateur de musique métal devant l'Eternel (c’est un fan de Manowar), qui a composé le thème original du film, baptisé naturellement Necronos. On constate aussi que Marc Rohnstock et Lars, son frère et producteur du film, ont plein de potes. Et pas des amis Facebook, hein, des vrais, faits de chair et de sang (deux matériaux essentiels, d’ailleurs, pour composer un bon film gore). Bon, ok, tous jouent comme des savates (et encore, je ne suis pas sympa avec nos amis les savates) mais leur généreuse collaboration a permis de doter le spectacle d’une grand quantité de figurants; zombies grignotant des bouts d’os dans une cave, chevaliers en armure de toc, paysans rigolards, prisonniers torturés, victimes anonymes, etc. D’ailleurs, au constat de l’embonpoint de nombre de figurants, on en vient à penser que beaucoup ont été récompensés en cannettes de bière et parts de choucroute. Bref, tout ce «beau» monde donne de la force à l’ensemble, les principaux protagonistes n’étant pas contraints de «jouer» devant un parterre de deux péquins.



C’est un fait, Necronos est un film réalisé par un mec passionné. Normal, dans le Z, il n’y a que les dingues de cinéma qui peuvent tenir le choc. Mais Rohnstock n’est pas que cela. C’est également un réalisateur très appliqué et parfois même inspiré. En effet, s’il ne parvient pas à nous faire oublier que l’on se trouve devant une production au budget ridicule (quelques milliers d’euros) avec des décors minimalistes ou surréalistes (la vue du château lors de la séquence se déroulant au moyen-âge montre une construction aussi délabrée que celle montrée soi-disant 300 ans plus tard) et des effets spéciaux bricolés à la maison sur la table de la cuisine (certains raccords sont calamiteux), Rohnstock nous propose quelques passages vraiment saisissant, comme un très violent empalement, une césarienne des plus craspecs, un découpage à la tronçonneuse au réalisme bluffant, l’usage d’un gigantesque hachoir à viande aux aspects steampunks, l’amusante conception (très cartoon) du berserker - qui évoque un peu le Boucher des Violent Shit - et j’en passe. De gros efforts ont également été faits sur la photographie, qui n’a rien à envier à ce que l’on peut trouver sur des tournages plus professionnels, et sur le découpage, avec une belle variation de plans et d’angles de prises de vue. Enfin, l’aspect craspec est également excellemment rendu, avec un environnement souillé de sang et d’excréments, et des zombies crades à vomir.

Mais Necronos pêche, force est de l’avouer, par la nature de même de son ambitieux réalisateur. A vouloir trop en faire, trop en montrer, Rohnstock tombe dans le piège de la redondance. A vouloir exploiter à l’extrême un scénario sommaire et plus prétexte à boucherie qu’au développement d’une intrigue, il accouche d’un film trop long. Beaucoup trop long. Plus de deux heures pour un spectacle Grand Guignol, c’est au moins une demi-heure de trop, d’autant plus que certains passages dialogués, aussi inutiles que stupides et mal interprétés, auraient pu être coupés sans gêner la compréhension de l’ensemble. En resserrant son montage, en supprimant les séquences les plus perfectibles ou réduisant les passages dialogués, Rothnock aura obtenu un métrage à la fois plus fluide et plus rythmé. Cela n’a pas été son choix. Peut-être craignait-il que, ce faisant, il efface cet aspect posé et théâtral, cette ambiance suspendue, au jeu scolastique, voire monotone, qui font la marque du cinéma underground d’Andreas Schnaas, d’Olaf Ittenbach ou d’Andreas Bethmann. Peur de ne plus faire partie de la famille? Peut-être.

La conclusion de à propos du Film (Direct to Vidéo) : Necronos

Nicolas L.
50

Ardent défenseur du cinéma gore allemand, j’ai vraiment apprécié Necronos. Remis dans son contexte - à savoir une explosion Grand Guignol réalisée avec trois sous -, on peut même affirmer que le film de Marc Rothnock est une œuvre plutôt réussie. Le réalisateur, en offrant aux spectateurs un spectacle vraiment craspec et mis en boîte avec application, atteint son objectif. Les fans, mettant de coté l’aspect amateur du jeu d’acteur, les effets spéciaux bricolés et le scénario minimaliste, apprécieront tout en trouvant que le spectacle tire un peu trop en longueur. Les autres détesteront. Ou vomiront. Ou les deux. Du coup, deux notes. Pour les amateurs de gore allemand 80% Pour les gens normaux 20% (20%, tout de même, parce qu’il y a plein de gens normaux qui apprécient la vue de sexes épilés)

Que faut-il en retenir ?

  • Du gore allemand de « qualité »
  • Une belle photographie
  • Un déchainement craspec
  • Quelques plans saisissants

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario sommaire
  • Un jeu d’acteur calamiteux
  • Une réalisation fauchée
  • Des effets spéciaux perfectibles

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