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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Wasp Woman in Tokyo
Wasp Woman in Tokyo >

Critique du Film (Direct to Vidéo) : Wasp Woman in Tokyo

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 30 mars 2013 à 0106

Baiser mortel

Tokyo. La nuit. Au cœur du réseau métropolitain de la mégalopole nippone, le chemin d’un homme ivre croise celui d’une belle brune. Du regard, d’un geste furtif, elle l’invite à la suivre pour une séance improvisée de massages coquins. Une fois rendue dans une cabine, débarrassée de son manteau, puis de sa tenue de cuir aux tendances SM, la jeune femme aux allures de prédatrice apparait sous toute sa splendeur. L’homme, allongé sur le dos, est aux anges quand la belle inconnue envisage de le chevaucher. Cela ne va pas durer. Tel le male pris dans les griffes d’une mante religieuse, l’homme soumis voit plaisir et souffrance s’entremêler, jusqu’à ce que, dans un râle de jouissance et des explosions de couleurs psychédéliques, il expire son dernier souffle.
Fondu au noir. Générique. Musique de kaiju eiga vintage avec, en ombre chinoise, le profil d’une femme-insecte.

 

C’est ainsi que le spectateur va faire la connaissance de Mitsuko, une jolie employée de bureau au tempérament timide et réservé qui, depuis peu, est victime de pulsions sexuelles aussi imprévisibles que meurtrières. Et tout ça par la faute d’un régime! Après cette introduction, pour nous aider à mieux comprendre les évènements, Takao Nakano, le réalisateur, nous invite à revenir quelques jours en arrière. On apprend alors que, pour attirer l’attention de son charmant collègue de bureau au sourire Pepsodent, Mitsuko a décidé de faire des efforts. Ayant été brièvement complimenté pour la beauté de son regard, remplacer ses lunettes par le port de lentilles de contact fut son premier reflexe. Vint ensuite le moment d’entamer une diète, rapidement accompagnée par des séries d’exercices quotidiens. Mais son désir de maigrir finit par tourner à l’obsession et l’amène à chercher des méthodes plus rapides et efficaces.

Mitsuko va croire trouver la solution dans d’un traitement miracle, découvert en surfant sur le web: des pilules conçues à partir de venin de guêpe. L’inventeur, rencontré dans un vieil hangar aménagé en ruche géante, réunit toutes les caractéristiques du savant fou, ce qui éveille la méfiance de la jeune femme. Mais quand, au hasard d’une rue, elle découvre que l’élu de son cœur a une amoureuse, dans un excès de désespoir et d’ivresse, elle ingurgite en une soirée le contenu de plusieurs bouteilles de sérum. Dés son réveil, le lendemain, Mitsuko se sent une autre femme, sensuelle et sûre d’elle. Et quand elle arrive sur son lieu de travail, tous les hommes se jettent à ses pieds...

Les amateurs de science-fiction reconnaitront dans cette courte introduction le pitch de La Femme guêpe, un classique réalisé en 1959 par Roger Corman, avec la belle Susan Cabot dans le rôle principal. En effet, The Wasp Woman in Tokyo se veut le remake coquin de cette sympathique production Corman qui voit une femme d’affaire vieillissante se transformer en une redoutable prédatrice après avoir expérimenté un sérum de rajeunissement conçu à base de gelée royale. Bien évidemment, dans la version originale (qui connut d’ailleurs, en 1995, un remake télévisuel réalisé par Jim Wynorski et avec Jennifer Rubin en femme-guêpe), la «mutante» ne sombrait pas dans la nymphomanie. Elle se contentait d’agresser ses victimes, les mordant jusqu’au sang et finissait par se transformer en une horrible créature mi-femme, mi-insecte.

De par son modus operandi (l’accouplement mortel), le script de The Wasp Woman in Tokyo évoque autant le film de Roger Corman que la Mutante de Roger Donaldson. Quelques éléments scénaristiques (comme lorsque l’héroïne devient accroc au sucre et qu’elle acquiert une force surhumaine) rappelle également La Mouche de David Cronenberg. Un sacré bordel. Et comme le vidéaste ne s’embarrasse pas détails pour ce qui est de rendre son histoire un brin crédible, le spectacle se vautre parfois dans le ridicule. Certes, cela n’est pas étonnant de la part de Takao Nakano, mais, en général, le réalisateur de Killer Pussy et Big Tits Zombie compense son tempérament fumiste par un gout prononcé pour les séquences potaches et gores aussi surréalistes que salaces. Ce n’est absolument pas le cas ici, Nakano ayant décidé de faire de ce film un pinku des plus traditionnels.

Contrairement au hentai, dans ce type de métrage soft, l’essentiel est de mettre en avant l’anatomie de son casting féminin à travers des séquences à l’érotisme gentillet et désuet, proche de celui d’une diffusion M6 de fin de nuit. On y travaille la photographie, on met en valeur la plastique des comédiennes (très jolies), et, souvent, l’on n’hésite pas à les entrainer dans des démonstrations de langoureux plaisirs saphiques. Il est donc normal que The Wasp Woman in Tokyo ne brille pas par son scénario, avec ses éléments guimauves, des aspects horrifiques à peine esquissés (hors de question de défigurer l’héroïne via une mutation!) et un humour naïf qui amène parfois le récit sur les pentes casse-gueule du ridicule (comme lorsque l’héroïne entreprend de se suicider en respirant le produit d’une bombe d’insecticide).

En fait, on peut même affirmer que The Wasp Woman in Tokyo épouse à fond les principes du genre. En effet, comme il s’agit d’une production fauchée, aux décors et au casting minimalistes, aux effets spéciaux pourris et aux prises de son directes, elle ne vaut d’être visionner que pour ses passages fripons. Le problème majeur est que, mis à part la séquence d’introduction, il faut attendre 33 minutes pour apercevoir de nouveau le moindre bout de sein (c’est tard pour un film qui n’en compte que 70). Alors, en attendant de se rincer l’œil, le spectateur va se voir infliger un insipide déroulement de scènes mollassonnes style «Plus belle la vie in Japan» (comme les visites chez le psychiatre), bercées par une horrible bande musicale alternant jazz tendance Jess Franco et J-rock bas de gamme. C’est franchement très chiant. Heureusement, quand elles interviennent, les séquences érotiques relèvent un tant soit peu le niveau d’intérêt. Si ces passages ne sont absolument pas originaux, ils sont assez bien mis en images et dégagent suffisamment de sensualité pour nous faire accepter leur pudeur relative. On peut également noter qu’à partir de ce moment le métrage prend une trajectoire un peu plus foutraque, comme lorsque Mitsuko se voit livrer un déguisement de latex très sexy, est victime d’hallucinations schizophrènes et prend progressivement conscience que son pouvoir est en fait une malédiction (elle ne peut plus aimer sans tuer son partenaire).

Pour ce qui est de l’interprétation, le casting de The Wasp Woman in Tokyo se résume à six comédiens plus ou moins doués. C’est Alice Ozawa, une actrice spécialisée dans l’AV-Cinema (comprenez le film de boules japonais) qui s’est vu confier le rôle principal. Etonnamment, elle s’en sort plutôt bien dans la peau d’un personnage aux personnalités multiples. La jeune femme a même accepté de prendre quelques kilos (oh, très peu, que les fans se rassurent!) pour rendre son personnage complexé un peu plus crédible. Sans être extraordinaire (on ne lui en pas non plus donné les moyens), cette pornstar, comme d’autres avant elle, prouve ici qu’elle peut se montrer intéressante, sans pour autant devoir se vautrer dans la pornographie la plus crade. En plus de cela, elle est assez jolie. Remarquez, c’était la moindre des choses.

La conclusion de

Les amateurs du cinéma foutraque et salace de Takao Nakano risquent fort d’être déçus à la vision de The Wasp Woman in Tokyo. Ici, le réalisateur de Killer Pussy a en effet décidé de s’assagir et propose aux spectateurs un inoffensif pinku. En fait, dans ce film à l’érotisme kitch, on ne retrouve qu’en de rares occasions la patte (folle) de ce trublion du V-Cinema horrifique. Et comme, de plus, l’actrice principale tarde un peu trop à se désaper, on s’ennuie ferme pendant une grande partie du métrage. Dans le même genre, on lui préférera Tokyo Species, nettement plus fun.

Que faut-il en retenir ?

  • Une actrice plutôt jolie
  • Une deuxième moitié de métrage regardable
  • Une panoplie de femme-guêpe assez drôle

Que faut-il oublier ?

  • On ne retrouve pas le style Nakano
  • Une première demi-heure pénible
  • Réalisation fauchée
  • Effets spéciaux pourris
  • Un film très sage

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