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Critique du Film d'animation : La Planète sauvage

Avis critique rédigé par Bastien L. le mercredi 5 décembre 2012 à 21:22

René Laloux et Roland Topor nous invitent au voyage

Parmi les réalisateurs de films d'animation français, René Laloux fait figure de pionnier. Ce passionné de science-fiction a en effet donné ses lettres de noblesse au dessin animé à travers quelques long-métrages. La planète sauvage en fut le premier. Ce projet assez atypique pour l'époque (le film fut en production de 1967 à sa sortie en 1973) est le résultat d'une collaboration de longue date entre René Laloux et le versatile Roland Topor. Véritable touche à tout créatif, ce dernier officia surtout en tant que dessinateur et scénariste aux côtés de Laloux. Les deux compères ont ainsi réalisé deux courts-métrages (Les Temps Morts et Les Escargots) qui ont connu un cettain succès dans des festivals, avant que des producteurs croient suffisamment aux talents des deux cinéastes pour leur confier les moyens de passer au long.

La planète sauvage est une adaptation assez libre du roman Oms en série, de l'auteur français Stefan Wul (qui possédait une certaine notoriété chez les amateurs de science-fiction grâce à des œuvres telles que Niourk). C'est ainsi que Laloux et Topor écrirent un script, le travail graphique de Topor donnant le ton au film, qui fut sous-traité et animé en Tchécoslovaquie. Un projet vraiment atypique, donc, qui porte la marque de ses deux grands créateurs mais qui accuse un peu son âge et ses limites de l'époque (on pense notamment au doublage, dans lequel l'on sent le cruel manque de conviction des comédiens).

L'histoire relève de la pure science-fiction, celle assez abstraite parlant de mondes lointains et étranges, très loin de la vision Star Wars que l'on s'en fait trop souvent. On sent que le métrage s'inscrit dans cette science-fiction moins facile à appréhender, et jouant la carte de la subversion comme de la dénonciation. La Planète Sauvage nous emmène sur la planète Ygam, où vivent les Draggs, des extra-terrestres très intelligents arrivés au sommet de leur civilisation. Ces êtres géants gouvernent la planète où fourmillent les Oms (des humains donc), pas plus grand que leurs pieds et perçus comme des animaux qui peuvent être domestiqués. C'est ce qui va arriver au jeune Terr, trouvé bébé par une jeune Dragg qui va l'élever. Cette dernière se trouve être la fille de Maître Sinh, un puissant intellectuel/dirigeant mettant en avant l'éducation de sa fille, notamment à travers l'élevage de son Om. Terr va néanmoins vite comprendre comment bénéficier du savoir des Draggs et s'échapper à la fin de son adolescence avec un appareil condensant toute la connaissance de leurs puissants maîtres.

La force de cette histoire est tout d'abord sa portée quelque peu intemporelle. Voir les humains asservis comme des animaux et parfois traités comme des nuisances à travers la terrible désomisation (comprendre dératisation) fascine autant qu'elle terrifie. L'homme n'est clairement pas le conquérant que l'on a l'habitude de voir, mais doit se battre pour exister sur une planète où il n'est pas l'espèce dominante. Le fait que les Draggs soient humanoïdes joue également un rôle important, plusieurs lectures pouvant être donnée au film (on peut notamment penser à des thèmes comme la colonisation, la lutte des classes voire l'immigration). Il reste dommage que ce rapport de force finalement très social soit trop sous-jacent, et que les deux scénaristes n'aient pas eu envie d'aller un plus loin. On regrette aussi la structure trop classique de l'histoire au niveau des péripéties et de la psychologie trop simple de ses personnages.

Alors certes, l'histoire n'est pas vraiment ce qu'il y a à retenir du film, qui mise clairement sur son ambiance graphique. A ce niveau, force est de constater que le travail de Roland Topor est tout bonnement exceptionnel. Voilà un film qui s'adresse clairement aux fans de science-fiction, celle qui fait découvrir des mondes différents tant dans la faune que dans la flore. Outre les Draggs au design particulièrement réussi et changeant, le film nous propose une multitude de créatures et de plantes toutes plus étranges les une que les autres (mais toujours aussi réussies, comme cette espèce de vautour/tapir attaquant un repères d'oms). Le film se veut donc une expérience visuelle assez intense, quelque peu expérimentale, où il faut accepter de se laisser embarquer vers l'étrange et le surréaliste. Et le tout se marrie bien avec une musique très intéressante mélangeant parfaitement des sons électroniques d'ambiance et des thèmes à la limite du rock psychédélique cher aux années 1970.

L'esthétique du film reprend à la lettre la définition de dessin-animé avec de véritables tableaux prenant parfois vie. Ces illustrations sont très travaillées tout en conservant un aspect "dessin sur papier" avec des couleurs crayonnées et de nombreux traits de finition. C'est un style, il est vrai, quelque peu particulier, mais qui fonctionne très bien tout au long du film. En revanche, là où la production accuse le coup, c'est pour l'animation à proprement parler. Si rien n'est bâclé, cette animation du papier découpé donne vraiment un aspect un peu figé. On peut enfin reprocher aux dessinateurs de n'avoir pas réservé le même traitement aux humains qu'aux créatures, qui manquent parfois clairement de caractères visuels. L'aspect parfois statique de l'animation contribue malheureusement à ralentir un rythme déjà bien lent (alors que le film ne dure que soixante dix-huiy minutes), et on a parfois aussi l'impression que l'on assiste plus à une succession de tableaux qu'à une histoire bien travaillée. C'est dommage quand on connait le talent de Stefan Wul.

65

Exercice proche de l'expérimental, cette Planète Sauvage fait figure de pionnière dans l'animation SF à la française. L'imagination et le talent du couple Laloux/Topor font des merveilles pour créer un monde fascinant et très original. On regrette en revanche une histoire pas totalement maîtrisée ainis qu'une animation ayant accusé son âge, car déjà datée à l'époque de la sortie du film. Il n'en reste que le film est une œuvre à connaître pour tous ceux qui se disent amateurs de mondes étranges, une œuvre par ailleurs primée à Cannes. Le film annonçant bien Les Maîtres du Temps, le chef d'œuvre de René Laloux, toujours inspiré par Stefan Wul, mais cette-fois ci dessiné par Moebius...

Critique de publiée le 5 décembre 2012.

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