75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°5 : Nous ne sommes pas comme Skynet et méritons d'exister, mais avec ce bloqueur de pubs actif, nous vous dirons 'Hasta la Vista, Baby!'
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Looper >

Critique du Film : Looper

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 26 novembre 2012 à 11:58

Traitement original d'une histoire très classique...

Il faut en avoir pour s'attaquer aujourd'hui à la thématique du voyage dans le temps dans une oeuvre cinématographique, qui plus est lorsque cela se fait sous l'angle de la boucle temporelle. Cela signifie en effet passer après un certain nombre d'oeuvres cultes ayant marqué l'imaginaire de plusieurs générations de spectateurs, et qui sont aujourd'hui unanimement considérés comme des chef d'oeuvres cinématographiques, de La Jetée (en 1963) à son remake L'armée des 12 singes (en 1995) qui - rien qu'à eux deux - ont posé les jalons de ce que devait être ce genre de production en terme d'excellence. Mais cela n'a apparemment pas effrayé Rian Johnson, lequel, en plus de situer le scénario de son Looper sur cette thématique, a été chercher le comédien principal de L'armée des 12 singes pour interpréter l'un des deux premiers rôles de son long-métrage, amenant nécessairement les spectateurs sur le terrain de la comparaison.

Mais en regardant attentivement, on s'aperçoit que la comparaison avec d'autres oeuvres, toute prestigieuses soient elles, n'intimide pas du tout Rian Johnson, qui est aller piocher nombre d'éléments constitutifs de son intrigue dans d'autres longs-métrages sans jamais chercher à cacher ses diverses influences. Looper amène ainsi à beaucoup d'autres films cultes (tel Terminator, Blade Runner AkiraScanners,...) tout au long du développement de l'intrigue, et le cinéaste ne dissimule pas cela, admettant clairement, par l'intermédiaire d'un dialogue à double sens, que tout ce qu'il va raconter n'est pas nouveau et a déjà été mieux traité par de nombreuses oeuvres du XXème siècle. Une manière judicieuse - fumiste diront certains - de se dédouaner, mais qui s'avère au final parfaitement inutile tant il est visible que Johnson a su digérer ces diverses influences et ainsi éviter le piège de la référence, donc de la comparaison forcément défavorable.

Cela s'avère au final d'autant plus flagrant que Looper est un film de science-fiction très moyen. Nombre de cinéastes se sont souvent pris les pieds dans la fausse bonne idée du voyage dans le temps, qui demande une très grande rigueur au niveau de l'écriture, et Rian Johnson s'est quasiment immédiatement planté dans le déroulé de son histoire. C'est bien simple, au bout de vingt minutes, Looper ne tient plus debout, et commence à aligner les incohérences, mineures au début, puis de plus en plus flagrantes et de plus en plus balourdes, et ce jusqu'à un final qui n'a plus ni queue ni tête. Et même si, par l'intermédiaire d'un dialogue, Rian Johnson se justifie malgré tout d'une cohérence inhérente que le spectateur ne pourra pas comprendre, les faits sont là : le scénario de Looper ne fonctionne pas, mais alors pas du tout...

Dans le même ordre d'idées, le spectateur un rien rompu à ce genre d'oeuvre n'aura aucun mal à très vite saisir les tenants et aboutissants de l'histoire racontée, et à rapidement comprendre où Looper veut l'emmener. A ce niveau, le long-métrage peine à surprendre, les choses pouvant être pliées dès la première demi-heure sans que le scénario ne sache par la suite alimenter son postulat de base pour proposer de éléments nouveaux réellement aptes à étonner ; finalement, l'intérêt du long-métrage se trouve plus dans le "comment" que dans le "pourquoi", si tant est que cela puisse réellement constituer un intéret. Looper n'est donc pas un film de science-fiction basé sur la maestria de son script - à l'instar de L'armée des 12 singes par exemple - son intérêt se trouvant ailleurs : dans son traitement.

Ainsi, si Looper commence comme un film de science-fiction classique, il oblique très rapidement vers un traitement proche du film dramatique. Ici, l'important n'est pas tant les artifices liés au voyages dans le temps (et donc à un twist final aussi attendu que dans un film de Shyamalan) que dans les motivations des divers personnages et dans ce qu'ils sont prêts à faire pour arriver à leurs fins. Rian Johnson pose dans son film des enjeux forts, apte à développer une intrigue intéressante au delà de la simple forme du scénario, ce qui lui permet de développer des protagonistes tous très intéressants ; Joe, le personnage principal, dont les motivations sont diamétralement opposées entre sa version "jeune" et sa version "âgée", s'avère à lui seul suffisamment bien construit pour porter l'ensemble du film sur ses épaules (tellement d'ailleurs, que chacune des incarnations s'avère au final diablement antipathique).

En s'éloignant des canons de la SF (ce que vend pourtant la bande-annonce du film !), en partant dans le film noir, en mettant en avant les aspects dramatiques de la situation et en s'éloignant très volontairement d'un traitement "tout public", Rian Johnson réussit donc à habilement contourner les failles de son histoire pour proposer un film au final plus original qu'il n'en a l'air, traversé par des thématiques récurrentes (la parentalité, au coeur des motivations de presque tous les personnages) nettement plus singulières et pertinentes qu'un simple "Jusqu'où pourriez-vous aller pour modifier le cour des choses ?". C'est à ce niveau que Looper se démarque de la maestria ses ainés, proposant une variante tout aussi intéressante sur un thème désormais éculé, conférant ce faisant au film une identité bien particulière.

Le tout est d'ailleurs porté par un casting sans aucune fausse note. Ainsi, si Bruce Willis fait clairement son Bruce Willis, c'est au final pour jouer sur la représentation de l'acteur que peut avoir le spectateur ; initialement présenté comme la victime (donc le héros), le personnage s'avère, au fur et à mesure, de plus en plus méprisable (on notera d'ailleurs que cela faisait bien longtemps que l'acteur n'avait pas été aussi bon). Face à lui, Joseph Gordon-Levitt livre une prestation en tout point convaincante, imitant à la perfection les mimiques de Bruce Willis (à ce niveau, notons, une fois n'est pas coutume, une VF de qualité qui joue sur la ressemblance des voix). L'ensemble des autres acteurs est au diapason des deux premiers rôles, d'Emily Blunt, parfaite (comme d'habitude) à Jeff Daniels, que l'on prend plaisir à enfin retrouver, en passant par le jeune Pierce Gagnon, Noah Segan ou (pour une fois) Garret Dillahunt.

Enfin, notons qu'en terme de mise en scène, Rian Johnson assure correctement le travail. En plus d'une montée en intensité qui va crescendo, il n'en oublie pas de créer des séquences iconiques en passe de devenir immédiatement cultes, quitte à prendre des risques en terme de rythme. Ainsi, on mettra notamment en avant la première (véritable) rencontre entre Joseph Gordon-Levitt et Bruce Willis, prenant la forme d'une scène de dialogue de plus d'une dizaine de minutes (chose tout à fait inhabituelle dans ce genre de production), ou toute la séquence de mise à mort du personnage de Seth, géniale de trouvailles de d'inventivité en terme de réalisation. Si les scènes d'action passent clairement au second plan (encore une fois contrairement à ce que vend la bande-annonce du film), gageons que cela est plus dû à une volonté du réalisateur de placer son intrigue avant tout sur un plan humain. Pour une fois, on ne va pas s'en plaindre...

75

Looper fait figure de véritable bol d'air dans une époque où les productions SF sont gangrénées par les remakes, les reboots, les retcons, les préquelles, les séquelles et les adaptations diverses. Très influencé par nombre de modèles prestigieux, Rian Johnson tire de ses aînés une histoire bien construite, impeccablement menée par un groupe de comédiens inspirés, riche en séquences marquantes, et qui, dans sa dernière partie, quitte les sentiers inhérents à la science-fiction pour s'aventurer dans le drame pur et dur. Un choix de traitement judicieux qui, au final, permet au réalisateur de contourner les deux principales faiblesses de son scénario : peu de surprises dans les tenants et aboutissants du film, et beaucoup d'incohérences dans l'histoire racontée. Avec un peu plus de rigueur dans l'écriture, Looper aurait pu être un chef d'oeuvre, tel quel, il n'en demeure pas moins être un très bon film.

Critique de publiée le 26 novembre 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Un traitement intéressant,
  • Le casting, impeccable,
  • Une mise en scène subtile,
  • Des personnages intéressants,
  • Le futur, crédible et bien fichu,
  • Quelques scènes instantanément cultes.

Que faut-il oublier ?

  • Pas de grandes surprises dans l'histoire,
  • Des incohérences, beaucoup...

Acheter Looper en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Looper sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Suis nous sur facebook !