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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Super Shark
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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Super Shark

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 26 mars 2012 à 1731

L’attaque du requin-otarie géant mélomane

Vous connaissez bien entendu le FBI, ou Federal Bureau of Investigation, cet organisme fédéral chargé de résoudre les affaires criminelles sur le territoire américain. Nombre de héros de films et de séries télé en revendiquent l’appartenance. Mais avez-vous déjà entendu parler du OBI, l’Ocean Bureau of Investigation? Non? Moi non plus, rassurez-vous. Pourtant, c’est la carte officielle de ce service que brandit sous les nez des administrés d’une petite station balnéaire la jolie biologiste Kat Carmichael et, à leur réaction commune, il semblerait que les employés de cette agence soient particulièrement redoutés par marins et autres gens de mer. Notamment quand ils vous rendent visite pour d’autres raisons que l’achat de homards ou une partie de pèche sportive.

Car Kat Carmichael n’est pas là que pour profiter des joies du littoral. En effet, bien qu’elle profite de ses temps libres pour s’adonner à quelques séances de bronzage (d’ailleurs plutôt mignonne en bikini, Sarah Lieving) sur le bateau réquisitionné par son administration - pour le plus grand plaisir de Chuck le skipper- et à des libations nocturnes dans le pub du coin, la mission qui lui a été confiée est double et assez complexe. Elle est chargée de mesurer le degré de pollution des eaux (en raison de la présence d’une usine chimique installée non loin) avec pour seul instrument de mesure un thermos accroché à un bout de ficelle et de déterminer les circonstances qui ont entrainé le naufrage d’une plateforme pétrolière - le seul témoin est un survivant en crise de démence qui jure avoir vu Godzilla.  Elle est encore loin de se douter - nous, habitués à ce type de film, l’on a tout pigé au bout de cinq minutes de film - que ces deux cas sont liés et que l’élément central de cette affaire est un gigantesque requin amphibie affamé et... mélomane (on va se rendre compte qu’il déteste l’infâme musique diffusée sur la radio locale).

Quand Fred Olen Ray - producteur, réalisateur et scénariste adulé par la plupart des amateurs de séries B - se charge de mettre lui-même en forme un nanar, force est de dire qu’il ne fait pas les choses à moitié. Car Super Shark dépasse dans le domaine tout ce que Syfy, Nu Image, CineTel et WIP nous a proposé ces dernières années. Abandonnant le temps d’un film ses comédies coquines, ce sympathique érotomane nous offre ici un spectacle surréaliste dans lequel un requin gigantesque jaillit des flots, tel Flipper le dauphin, pour saisir dans sa gueule un avion de chasse ou se hisse sur le rivage, à la manière d’une otarie, pour livrer un combat (gagné d’avance) contre une brave bimbo armée d’un parasol. Deux passages du film, absolument désopilants (il y en a bien d’autres!), qui font pourtant pales figures comparées à son climax, quand l’armée envoie à la rencontre du monstre amphibie une arme secrète: un char d’assaut équipé... de pieds! «Un char marcheur contre un requin marcheur», commente un très perspicace officier présent sur le terrain.

A coté de cela, Super Shark présente tous les autres éléments de la série Z, à commencer par une narration plombée par de terribles chutes de rythme, comme lorsque Fred Olen Ray convoque quelques unes de ses girls (Erica Duke, Rebecca Grant, Harmony Blossom, Kimberly Pfeffer, Rya Meyers, Sarah Belger et Catherine Annette) pour un long concours de filles en bikini animé par un insupportable DJ black habillée en folle du désert. Passée la découverte, plutôt agréable, des miss (avec un nombre indécent de plans sur les chutes de reins), l’on finit par s’ennuyer sévère. L’on a également droit au festival de clichés «post Dents de la mer»: des spéculateurs véreux (ici, les responsables d’une usine chimique, sous la responsabilité de John Schneider); le loup de mer qui, sous des allures  renfrognées, cache un cœur généreux; les surveillants de plage style Alerte à Malibu, etc. Enfin, pour ce qui est du choix de traitement, les habitués aux productions Syfy pourront noter que le réalisateur a opté pour un traitement assez premier degré, privé de véritables gags et essayant de rendre le requin le plus «réaliste» possible, qui fait que ce métrage évoque plus les nanars des années 50 (comme les faisait Roger Corman) et les monster movies spaghettis (La Mort au large, Tentacules, Apocalypse dans l'ocean Rouge, etc.) que les récentes et débiles comédies horrifiques diffusées sur la chaine (Mega Piranha, Mega Shark contre Crocosaurus, etc.)

Par contre, si vous vous êtes jetés sur Super Shark après le visionnage de son génialissime trailer, en espérant une heure et demie de spectacle hilarant, sachez que ce n’est pas vraiment le cas. En fait, la mise en place de l’intrigue, bien que minimaliste, tire en longueur et est très pauvre en passages dignes d’intérêt - sauf si vous êtes friands de séquences dialoguées aux discours vains et stupides et de plans sur des naïades siliconées barbotant dans l’océan. Pour s’amuser un peu, il va falloir s’armer de patience (en profiter, par exemple, pour faire un somme, une grille de Sudoku, se descendre quelques bières....) et attendre que débute le deuxième tiers du film, qui voit le requin dévoiler enfin son jeu  et tenir ses promesses (après une introduction où il bouffe quand même un yacht à 20 mètres du quais, sans que personne ne s’en rende compte) en attaquant bimbos et militaires. A partir de ce moment, par contre, on a affaire au nec plus ultra dans le registre du nawak cinématographique. Fred Olen Ray n’épargne presque personne, pas même ses maitres-nageurs en maillots rouges. Les principaux protagonistes et la poignée de figurants (en gros dix bimbos et quatre bidasses armés de M16 en plastique) finissent tous gobés par cet insatiable squale bondissant à la mâchoire d’acier. En fait, seul le duo de héros (interprété par Sarah Lieving et Tim Abell) parviendra à se sortir vivant de cette aventure, non sans finir comme s’ils sortaient d’une machine à laver en position essorage (un plan cartoonesque d’ailleurs très drôle).

Pour ce qui est des effets spéciaux numériques, Super Shark se positionne au-dessus de ce que l’on peut voir habituellement dans les productions de ce type. Il est évident que Fred Olen Ray s’est montré plus exigeant que bon nombre de ces confrères. Cela reste cependant très perfectible et assez cheap, avec un requin numérique pas vraiment moche mais peu réaliste et un tank marcheur qui semble sorti d’un jeu vidéo vintage du style Battletech. De plus, les projections de sang et les explosions (toutes numériques) n’arrangent pas vraiment les choses et au final, par manque de réalisme, cette énième variation sur le thème du requin tueur est plus ridicule qu’horrifique.

La conclusion de

Avec Super Shack, Fred Olen Ray respecte à fond les codes du nanar assumé pour nous offrir ce que l’on peut trouver de mieux dans le genre. On se retrouve donc avec un film au scénario stupide, bourré de clichés, doté d’effets spéciaux cheap et d’un niveau d’interprétation laissant à désirer, mais souvent très fun et surprenant par sa démesure surréaliste.

Que faut-il en retenir ?

  • Un nanar sympathique
  • Des idées délirantes

Que faut-il oublier ?

  • Des FX perfectibles
  • Un scénario bourré de clichés
  • Des personnages intéressants
  • Plus ridicule qu’horrifique

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