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Critique du film : Les Expériences érotiques de Frankenstein [1972], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 7 mars 2012 à 23h27

Nawak gothique

Melissa, qui, ici, n’est pas une métisse d’Ibiza aux seins tout pointus mais une femme-oiseau-vampire née du mélange de la semence humaine et d’un œuf non éclos, fait irruption dans le laboratoire du docteur Frankenstein (un Dennis Price en surcharge pondérale) pour lui enlever sa nouvelle création: un lutteur turc à l’épiderme bleu argenté. Après avoir éliminée le docteur Frankenstein (qui, malgré que son nom soit cité dans le titre, ne dure donc que 3 minutes) et son assistant Morpho (joué par le spécialiste en mogolos: Jesus Franco en personne), Melissa amène la créature à son maître, Cagliostro, un magicien fou à lier - et occasionnellement chef de secte - dont l’ambition est de créer une race suprême en faisant accoupler le monstre avec le puzzle de la femme parfaite - assemblage charnel dont les pièces proviennent de jeunes filles kidnappées dans le village voisin. Mais tout ne va pas se passer comme le souhaite le couple de barges car Vera Frankenstein, fille du défunt scientifique bouffi, et son ami le docteur Seward vont tout faire pour les arrêter, en commençant par ranimer épisodiquement le docteur assassiné, histoire d’obtenir quelques utiles informations apte à faire perdurer le métrage...

Début des années 70. Jess Franco, tout à ses expérimentations psychédéliques à base de relectures des grands classiques de l’horreur gothique (on lui doit également La Fille de Dracula et Dracula prisonnier de Frankenstein), fait, il faut l’avouer, très fort dans le genre nawak avec ces Expériences érotiques du docteur Frankenstein. Avec son sorcier maléfique fan des méthodes de torture pratiquées par l’Inquisition espagnole; son improbable femme-oiseau-vampire qui compense son manque de plumes par quelques poses à poil; son monsieur Muscle de cirque peint en bleu en guise de créature de Frankenstein et sa secte de zombies d’encapuchonnés dont on ne connaitra jamais les véritables motivations, le script de ce métrage est un foutoir sans queue ni tête où chaque révélation ubuesque (les résurrections multiples de Frankenstein qui tournent en running gag et qui se finiront à l’acide, la prédiction incompréhensible de Lina Romay en gitane - seulement dans la version espagnole) est plus fumeuse que la précédente. Le titre français illustre d’ailleurs très bien la nature insolite de ce métrage car dans Les expériences érotiques de Frankenstein, il y a très peu d’expérience, guère d’érotisme (un chouia quand même, notamment dans la version française) et Frankenstein se fait dessouder dés l’entame du film.

Non content de construire son film sans véritable scénario, Jess Franco en rajoute une couche avec une réalisation qui fait fi de tous les codes narratifs et les obligations techniques. Négligeant toute notion de profondeur de champ, de valeur de cadre, de mise au point, le cinéaste filme à l’emporte-pièce et nous emmène dans un univers tordu ou tout est flou, au premier comme à l’arrière plan. Un véritable film de myope... réalisé dans une fumerie d’opium. Bref, comparé à ce film, le travail des gugusses du Dogme95 apparait comme du Verneuil ou du Michael Curtiz. Un Hammer Film vu à travers une glace déformante... Une expérience, quoi. Mais pas forcément enthousiasmante. Heureusement, parfois, quelques éclaircies dans ce smog cinématographique nous laissent entrevoir quelques scènes qui, par le ridicule des situations, déclenche un rire bienvenu. Car Les expériences érotiques de Frankenstein, c’est également un défilement d’effets spéciaux moisis (comment représenter une tête de jeune femme décapitée? En la cadrant simplement au niveau du cou, pardi!), de costumes ridicules (Melissa est une femme-oiseau-vampire? Ben vi, elle porte des gants sur lesquels des plumes ont été collées... et des canines en plastique!) et de séquences d’action aussi énergiques qu’une course de gastéropodes obèses. A cela, il faut manquer de rajouter des lignes de dialogues dont le niveau ferait passer ceux d’un film de Fred Coppula pour du Michel Audiard et une musique expérimentale composée sur un orgue Bontempi - de quoi faire mourir Burzum de jalousie.

S’il fallait tirer quelque chose de positif de ce métrage, je dirai que la performance d’Howard Vernon en Cagliostro contribue à rendre cette bouillie filmique un peu plus digeste. Sous la caméra tordue de Jess Franco (je ne sais pas ce qu’il consommait à l’époque, mais cela devait être de la bonne), qui, oubliant au passage sa manie du zoom à outrance, use et abuse de gros plans sur le nez, les yeux et les oreilles du comédien (un film de myope, je vous dis!), Howard Vernon, déguisé en un mélange de Fu-Manchu et d'Iznogoud, cabotine comme un fou, pour le plus grand plaisir de l’amateur de nanar. Flattant le flanc d’un Melissa qui, telle en chatte en chaleur, se frotte en miaulant (oui, je sais, c’est bizarre pour une femme-oiseau-vampire cannibale et lubrique) contre lui, le magicien fou roule des yeux et s’auto-congratule à grand renfort de rire sardonique. Cela amène quelques passages faisant dans une assez amusante démesure comme cette séance de torture où deux suppliciés, un homme et une femme (nus dans la version française), sont attachés dos à dos et fouettés au-dessus d’une fosse remplie de pieux.

Enfin, pour finir sur une note positive, signalons que le métrage s’offre les services de quelques comédiennes peu farouches à la plastique agréable. Parmi ces demoiselles, la plus «en vue» est assurément Anne Libert, une belle brune qui connut dans les années 70 une sympathique petite carrière de second rôle dans le registre du film coquin. Pour la petite histoire, rappelons aussi que ce film se pose comme une étape très importante dans la carrière de Jess Franco puisqu’il marque sa rencontre avec Lina Romay, qui interprète un petit rôle dans la version espagnole (la gitane Esmaralda).

La conclusion de à propos du Film : Les Expériences érotiques de Frankenstein [1972]

Nicolas L.
40

Bon, si vous êtes un amateur de cinéma expérimental et zarbi, il est fort probable que Les aventures érotiques de Frankenstein ne vous laisse pas totalement indifférent. Même chose si vous êtes attaché au personnage de Jess Franco et à son cinéma, aussi fantasque qu’inégal, mais toujours effectué avec une grande générosité. Maintenant, malgré tout le respect que j’éprouve envers le cinéaste, force est d’admettre qu’il pousse ici assez loin le bouchon du n’importe quoi et qu’intrinsèquement son film ne vaut pas tripette.

Que faut-il en retenir ?

  • Une curiosité
  • Involontairement drôle
  • Howard Vernon, génial
  • Un érotisme sympathique

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation foutraque
  • Un scénario sans queue ni tête
  • Des effets spéciaux pourris
  • Des dialogues débiles

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