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Critique du Film : Les Immortels
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Critique du Film : Les Immortels

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 1 mars 2012 à 1606

Ca saigne au mont Tartare

Hyperion, tyran de l’île d’Heraklion, est un homme aigri et cruel. Il suffit de l’observer deux minutes pour se rendre compte que le bonhomme a un sacré problème. Se réclamant descendant des Titans (pourtant, quand on voit leur tronche, il ne devrait pas en être fier), le roi psychopathe assassine tout ce qui lui tombe sous la main, y compris ses hommes, quand ils le déçoivent (ce qui arrive assez souvent).  Ses occupations favorites : torturer son entourage direct, faire cuire ses prisonniers dans une vache (c’est difficile à expliquer) et élever son minotaure, un colosse  coiffé d’un casque de fer barbelé. Quand à son ambition ultime, elle est de libérer ses ancêtres, enfermés jadis dans une cage par les dieux de l’Olympe. Mais pour cela, il va devoir auparavant s’emparer de l’arc d’Epire qui, comme son nom le laisse penser, est planqué quelque part en Epire, autrement dit en Grèce - Enfin, pas tout à fait, mais comme vous allez pouvoir le constater, le scénario n’en est pas à une approximation près.

Bref, voilà Hyperion et son armée partis pour le Mordor… euh, pardon, la Grèce, territoire des Hellènes- c’est réglé en trois coups de cuillère à pot. Rien de semble pouvoir lui résister, pas même le village de Kolpos, qui, taillé dans une falaise, présente un accès unique, facilement défendable.  Il va cependant trouver une opposition dans la personne de Thésée, jeune sculpteur de Kolpos et protégé des dieux. Un Thésée qui, accompagné d’une divinatrice vierge (mais pas pour longtemps), d’un prêtre muet et d’un jeune guerrier en brassières, va tout faire pour venger l’assassinat sauvage de sa mère et, par la même occasion, sauver la Grèce de la folie d’Hyperion

Amis de la mythologie gréco-latine, accrochez-vous, car le scénario de Immortals va mettre votre calme à rude épreuve !  Je ne suis pas contre la digression, à la condition qu’elle apporte quelque chose de plus à un mythe ou, à la limite, une approche nouvelle – quand le sujet à été mainte fois traité. Il est cependant nécessaire, à mon avis, que cette relecture puisse être comparée avantageusement, puisqu’ayant déjà l’avantage de s’appuyer sur une base extrêmement solide. Ici, c’est tout le contraire ! Les frères Parlapanides - co-auteurs de ce qu’il est difficile de qualifier de scénario –mélangent pêle-mêle et malmènent  les éléments de la Théogonie d’Hésiode (principalement la Titanomachie) et de la légende de Thésée, et en rajoute d’autres, comme cet arc magique qui lance des flèches plasmatiques et qui aurait appartenu… à Hercule. A ce bazar, il rajoute ensuite quelques ingrédients du Seigneur des Anneaux, comme cette forteresse du mont Tartare, où se réfugient les Hellenes, et qui évoque fortement Fort-le-Cor. OK…

Au final, dans ce grotesque bouillon de n’importe quoi, Hyperion n’est plus un titan mais un roi fou. Minos, lui, passe à la trappe. Le minotaure n’est plus le fils de Pasiphaé et du taureau de Poseidon (les scénaristes auraient-ils eu peur d’aborder le thème des amours zoophiles ?) mais une grosse brute gonflée aux stéroïdes. Phèdre est un oracle vierge qui se retrouve engrossée par Thésée, personnage qui, lui non plus, n’a strictement rien à voir avec son homologue mythologique. Quand aux Immortels, et bien ils ne le sont plus quand ils combattent contre d’autre immortels - C’est peut-être pour cette raison qu’ils ne plus que six à se faire chier sur l’Olympe. Pour les Titans, les scénaristes ont cédé à la mode de l’imagerie type « Seigneur des anneaux ». Tout d’abord, ils sont bien plus que six et très différents de l’idée que l’on se fait habituellement d’eux. En effet, dans la cage taillée par les dieux sont retenus d’étranges individus qui, une fois libérés, adoptent des comportements d’orcs sauvages.  Leur lieu de détention, le Tartare, est une banale grotte, seulement isolée de l’extérieur par un mur de carton-pâte.

Bon, vous l’avez compris, Les Immortels piétine de ses pieds boursouflés la mythologie pour lorgner vers cette heroic fantasy bas du front qui sert de support à bon nombre de jeux vidéo pour pratiquants lobotomisés. Comparés à son script, ceux de 300, du Choc des titans ou de Troie pourraient presque faire figure d’exemple dans le domaine de la fidélité concernant la retranscription d’un mythe. C’est dire le massacre. Le pire est que, au–delà du fait que le film de Tarsem Singh transgresse toutes les philosophies développées dans les œuvres originelles, son récit est bourré d’incohérences absolument ridicules. A commencer par le rapport entre les Olympiens et les Titans. S’ils deviennent mortels au cours de leur affrontement, pourquoi donc les Olympiens ont choisi d’enfermer les Titans vaincus au lieu de simplement les éliminer ? Autre détail qui prête à rire : le « génie militaire » d’Hyperion qui oublie de profiter de la supériorité numérique de son armée en ne pratiquant qu’une seule brèche dans la muraille tenue par l’ennemi. Obligés de passer pour ce seul passage étroit, les milliers d’hommes du tyran se retrouvent bloqués par une poignée de défenseurs (non, leur chef ne se nomme pas Léonidas). D’ailleurs, à ce sujet, si vous avez pigé par quel moyen le roi dément a réussi à pénétrer dans la forteresse sans passer par ce goulet encombré de guerriers, faites-moi signe.

Pour ce qui est de la réalisation, Les Immortels exploite à fond les idées visuelles de 300 et du Seigneur des Anneaux, avec une petite touche de démesure Fellinienne (Tarsem Singh serait-il fan du Satyricon ?). Alors qu’il cherche à impressionner, le résultat est aussi étonnant que ridicule, et guère plus efficace qu’un épisode de la série Spartacus. Alors, certes, la photographie est extrêmement soignée (retouchée, je devrais plutôt dire) mais à un tel stade que cela en devient grotesque et kitschissime. A cela, il faut ajouter des choix de costumes étranges, avec un défilé de coiffes au look hilarant (Hyperion et son casque écrevisse, Poséidon et ses coquillages…) et des fringues surréalistes qui feraient presque mourir de jalousie les habitués de parties BDSM et les plus extravagants des stylistes - crise de fou-rire assurée quand Thésée se voit abordé par l’oracle Phèdre déguisée en lampe sur pied au design très tendance. Les chorégraphies de combat, nombreuses, sont copiées sur le film de Zack Snyder (pléthore d’effets de ralenti, rendu de jeu vidéo, explosion de sang numérique) et les plans larges évoquent ceux de la trilogie de Peter Jackson. Très souvent même, cela frôle le plagiat – une impression amplifiée par le score de Trevor Morris qui, dans les moments épiques, n’est qu’une pale copie de celui d’Howard Shore. Alors, au final, si l’on peut féliciter les infographistes d’avoir utilisé avec habileté les 75 millions de dollars de budget (on pourrait en effet penser que le film a couté beaucoup plus cher), force est d’admettre que le rendu graphique tend un peu trop vers l’esbroufe tant le contenu est vide de matière. Ne jouant que sur l’esthétisme, oubliant la narration, Tarsem Singh se vautre complètement avec un enchainement de pétards mouillés.

Enfin, pour terminer, un petit mot sur le casting. On prend rapidement conscience que seul Mickey Rourke se révèle digne d’intérêt. En effet, malgré des atours ridicules (avec notamment un casque en forme d’écrevisse qui, de loin, le fait ressembler à un lapin crétin), le comédien reste impressionnant dans un rôle de brute épaisse finalement taillé pour lui. A coté, par contre, c’est le néant absolu. Henry Cavill, absolument fade dans le rôle de Thésée nous entraine à nous questionner sur l’avenir de la prochaine franchise Superman. Freida Pinto, en Phèdre, nous offre la parfaite vision de la jolie potiche (la divine potiche, Athena, est incarnée par Isabel Lucas). Luke Evans, sous l’armure un poil gay de Zeus, en impose encore moins que quand il jouait les Apollon dans Le choc des Titans. Quand aux prestigieux seconds rôles, Stephen Dorff et John Hurt, leurs personnages sont trop négligés pour qu’il soit possible d’en tirer une opinion.

La conclusion de

Superbe livre d’images complètement vide de matière, Les Immortels a contre lui d’arriver après un film comme 300 – en même temps, sans le film de Snyder, il n’aurait jamais existé. Ainsi, même si Tarsem Singh va ici encore plus loin dans l’esthétisme et les effets de style, il n’apporte absolument rien de neuf. Au final, Les Immortels se résume à un défilé de clichés dénué de tension dramatique et - plus grave - de véritable héroïsme, enrobé dans un écrin de prétention qui alterne entre le somptueux et le ridicule.

Que faut-il en retenir ?

  • De belles images
  • Mickey Rourke

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario bourré de clichés
  • Une intrigue sans originalité
  • Une réalisation faible et impersonnelle
  • Plein d’incohérences
  • Des personnages sans interet

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