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Critique du Film : Le secret de la Licorne
Le secret de la Licorne >

Critique du Film : Le secret de la Licorne

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 11 décembre 2011 à 1040

Et si vous n'êtes pas fan de Tintin...

Tintin et le cinéma, c'est une grande histoire d'amour... ratée. Si l'oeuvre de Hergé aura connu des adaptations live (Tintin et les oranges bleues) et animées (Tintin et le lac aux requins), aucune transposition cinématographique du célèbre reporter n'avait réussi à convaincre (bien au contraire, l'extrême médiocrité de ces adaptations étant unanimement reconnues). La nouvelle d'une série de films basé sur la série de bande-dessinées n'avait donc eu d'intérêt plus par le nom de ses producteurs (Steven Spielberg et Peter Jackson) et de son réalisateur (Steven Spielberg himself) que par la possibilité de voir s'animer sur grand écran ce héros iconique (qui, d'ailleurs, dispose déjà d'une série animée plus que fidèle). Basé sur des techniques de motion-capture au rendu souvent trop artificiel (voir Le Drôle de Noel de Scrooge), il y avait donc fort à craindre d'une nouvelle adaptation.

Mais voilà, avec Steven Spielberg à la barre, un projet a tout de suite plus de gueule. Le réalisateur américain, maître de l'entertainment et fort d'une filmographie hautement qualitative, semblait vraiment être l'homme de la situation ; s'il y avait bien un metteur en scène qui pouvait réussir cet exercice délicat d'adaptation, c'était bien lui. En effet, au delà de son amour affiché et assumé à la bande-dessinée de Hergé, Spielberg a maintes fois prouvé qu'il était capable, dans ces films, de retranscrire cet aspect aventureux au coeur des aventures de Tintin (la tétrologie Indiana Jones en est un exemple flagrant). Appuyée par cela par trois scénaristes expérimentés (dont Steven Moffat et Edgar Wright, excusez du peu !), son adaptation du Secret de la Licorne semblait être la dernière chance pour Tintin de connaître une vie cinématographique décente. Et au final, Spielberg ne deçoit pas, mais sans toutefois réussir à surprendre...

Ainsi, cette adaptation du Secret de la Licorne démontre finalement que Tintin possède un vrai potentiel cinématographique (si l'on s'en tient à toutes les adaptations précédentes, c'était tout de même loin d'être gagné !), il fallait juste derrière la caméra un réalisateur de la trempe de Steven Spielberg. Le tour de force de l'artiste, c'est d'avoir réussi à créer un long-métrage qui soit à la fois une adaptation extrêmement fidèle de l'esprit de l'oeuvre d' Hergé, tout en en faisant un pur blockbuster hollywoodien. Le film oscille ainsi entre des phases d'histoire très bavardes (directement issues de la bande-dessinées) et des scènes d'action complètement démentes qui portent la patte de leur réalisateur (là où Hergé avait tendance à évacuer vite-fait bien-fait les scènes d'action en quelques cases). D'un point de vue général, force est de constater que la mayonnaise prend, ce qui confère à ce Secret de la Licorne un rythme constamment maintenu.

La mise en scène de Steven Spielberg est donc formellement très aboutie, réserve son lot de scènes mémorables, et parvient même, entre deux tours de montagnes russes, à poser une atmosphère. Toutefois, on pourra regretter la tendance du réalisateur à aller dans un travail plus mécanique, moins spontané. Cela peut sembler paradoxal, mais les films de Spielberg sont de plus en plus beaux, de plus en plus aboutis, de plus en plus "parfaits" formellement parlant, mais à l'instar d'Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, on a du mal à retrouver cette magie qui caractérisait tous ses premiers longs-métrages, et qui, ici, est encore un peu présente, mais se trouve en partie effacée - ou mise en retrait - par une perfection technique indéniable. Quelque part, on a l'impression que Steven Spielberg est devenu un véritable automate de l'entertainment, diablement doué, mais de moins en moins surprenant.

Niveau scénario, on se trouve ici dans une adaptation plutôt fidèle du Secret de la Licorne, avec, au milieu, un passage par Le Crabe aux Pinces d'Or histoire de faire se rencontrer Tintin et le Capitaine Haddock (rappelons que s'il est très populaire en Europe, Tintin n'est pas connu aux USA, et qu'il n'est pas possible de se reposer sur les prérequis du public américain). Si l'on excepte les libertés prises pendant les scènes d'action, le tout suit globalement un schéma tout tracé : celui de la bande-dessinée. Certes, on y trouvera quelques légères différences (Sakharine qui remplace les frères Loiseau notamment), mais la finalité reste la même et, pour tout ceux qui connaissent bien l'oeuvre d'origine, il n'y a finalement aucune surprise majeure. De fait, le scénario de Moffat, Wright et Cornish ressort plus de l'illustration que de la véritable adaptation. Cependant, reconnaissons qu'une histoire inédite n'aurait pas forcément été bien reçue par la fanbase.

Enfin, comment ne pas évoquer cette immense réussite technique qui caractérise le film. La motion-capture acquiert ici un niveau d'aboutissement extraordinaire ; jusqu'ici, la technique avait fait preuve de réussite formelle, mais donnait très souvent au film un côté déshumanisé (à l'exception notable d'Avatar), dans Le secret de la Licorne, les personnages prennent vie et disposent d'une palette d'émotion tendant à les rendre crédible (il faut bien avouer que Spielberg à su s'entourer d'un casting plutôt convaincant, Jamie Bell en tête). Cependant, cette réussite se voit malgré tout limitée par le peu d'intérêt que présentent les divers personnages (avouons que Tintin, Haddock ou les Dupondt ne sont pas les personnages les plus passionnant de l'histoire de la BD). A l'appui de cette technique, la photographie de Janusz Kaminski et la musique de John Williams confèrent au film une identité, à la fois moderne et terriblement rétro.

La conclusion de

Avec ce Secret de la Licorne, Steven Spielberg tire toute l'essence cinématographique de l'oeuvre de Hergé, et parvient à mettre en boite un long-métrage qui est à la fois une adaptation fidèle à l'esprit de la BD ainsi qu'un véritable blockbuster répondant aux canons hollywoodiens. Porté par une technique irréprochable, et par un casting parvenant à donner vie à des personnages numériques, le film souffre pourtant d'une véritable prévisibilité, et peine à sortir d'une simple fonction d'illustration de la bande-dessinée éponyme. Un petit grain de folie aurait pu sortir de le film de cet aspect plan-plan qui le prive de toute véritable surprise, mais aurait été pris par les fans comme une trahison ; c'est ce qui s'appelle avoir le cul entre deux chaises, et démontre donc les limites commerciales et artistiques d'une telle adaptation.

Que faut-il en retenir ?

  • Du rythme, du rythme, du rythme,
  • Une mise en scène formellement aboutie,
  • Fidèle à l'esprit de l'oeuvre d'origine,
  • Une technique irréprochable,
  • Un casting vivant.

Que faut-il oublier ?

  • Peu de surprise,
  • Une réalisation sans spontanéité,
  • Ca reste du Tintin...

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