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Critique du Film : Contagion

Avis critique rédigé par Jonathan C. le vendredi 28 octobre 2011 à 03:12

La fièvre aux corps

Contagion affiche

Steven Soderbergh a autrefois (mais il n’y a pas si longtemps), sur une période de seulement six ans, enchainé de grands films à la fois populaires, classes et intellects comme L’Anglais, Hors d’atteinte, Traffic, Erin Brockovich, Ocean’s Eleven ou même son mésestimé Solaris. Après des essais expérimentaux pesants (Full Frontal, Girlfriend Experience, The Good German, Bubble ou son segment pour Eros entre celui d'Antonioni et celui de Wong Kar-Wai) qui rappellent sa première période (de Sexe, mensonges et vidéo à Schizopolis) et des divertissements faussement populaires mais réellement intellectuels (y compris son poseur Ocean’s Twelve, mais son The Informant était assez ludique), le cinéaste ayant même réussi à faire des films ennuyeux (malgré une approche intéressante) en racontant le périple d'Ernesto Che Guevara, Soderbergh revient enfin en force avec deux films très attendus qui sortent à quatre mois d’intervalle : le thriller d’action Haywire, qui promet d’être un Jason Bourne au féminin avec un casting quatre étoiles, mais d’abord le Contagion qui nous intéresse ici, et pour cause puisqu’il s’agit de science-fiction, la précédente (et seule) incursion du cinéaste dans le genre étant son remake de Solaris.

Jennifer Elhe

Contagion part du même postulat que le Alerte! de Wolfgang Petersen sorti en 1994 : que se passerait-il si une pandémie dévastatrice menaçait de contaminer le monde entier ? Bien entendu, Soderbergh n’étant pas Petersen, l’approche de Contagion est clairement plus réaliste que celle d'Alerte et moins spectaculaire, pour ne pas dire anti-spectaculaire, et ce malgré un sujet ambitieux bénéficiant d’un budget conséquent de 68 millions de dollars (probablement dépensé en grande partie dans le cachet des stars), le plus gros pour Steven Soderbergh après ses Ocean’s (qui coutaient chers en stars aussi) et bien plus que le budget de...Alerte ! Sans surprises, Soderbergh fait dans l’intime, entre quatre murs et entre quatre yeux : s’il capte quelques visions saisissantes du chaos (les rues jonchées d’ordures et de vêtements, les pharmacies et supermarchés vandalisés, le stade transformé en hôpital en quarantaine, les avenues désertées…), mention à celle de San Fransisco, la majorité du récit est constitué de dialogues, de face-à-face entre deux protagonistes qui discutent de la situation, dont on saisit justement l’évolution et la portée (évidemment de plus en plus drastique) à travers ces discussions et par le biais des séquences musicales en montage alterné comme celle, excellente, qui ouvre le film. Car dans Contagion comme dans la vraie vie, les grandes décisions se prennent entre deux hommes (ou femmes) dans une pièce ; c’est là que naissent les choix les plus capitaux et ou se joue peut-être l’avenir du monde. Bien que très bavard, Contagion n’est pas pour autant ennuyeux, car l’angle de l’anticipation adopté par le réalisateur instaure d’emblée une tension latente (d’autant plus que Soderbergh montre rapidement que le virus n’épargnera pas non plus les « stars » ni les enfants) et une angoisse nourrie par le réalisme du traitement, et surtout par un sujet universellement terrifiant (la contagion de masse, les virus, la pandémie…) qui invite spontanément à la peur panique et à la paranoïa, particulièrement bien retranscrites à l’écran lorsque Soderbergh s’attarde, comme des zooms instantanés, sur des détails anodins qui pourtant propagent peu à peu le virus fictif (inspiré du virus Nipah, apparu en Malaisie à la fin des années 90 et contracté par des agriculteurs éleveurs de porcs). Cette propagation, d’autant plus dangereuse qu’elle est aussi indirecte (elle peut se transmettre par le contact d’un objet), le cinéaste la suit minutieusement, en large et en gros plans (passer du gros plan au plan large renforce clairement l'idée de propagation), il l’analyse et la capte dans ses moindres recoins, jusqu’à révéler sa provenance originelle en une pirouette narrative finale très efficace qui fait froid dans le dos (et ce malgré le « semi-happy end » : la contagion est stoppée, mais après 26 millions de morts). Le début de Contagion (une femme revient d'un voyage d'affaires), qui est celui de la propagation, n'est pas sans rappeler celui d'Alerte (souvenez-vous de l'excellente scène dans le cinéma). En sortant de Contagion, on se met à faire attention à chaque son de toux (allez voir le film dans une salle pleine de gens malades : ambiance assurée) et à se demander si ça vaut le coup de serrer une main (une action anodine qui prend ici des proportions gigantesques et dont le cinéaste révèle les origines de confiance) ou de toucher une rampe, une barre de métro ou même le portable de quelqu’un d’autre. La peur de la contamination atteint ici un degré assez inédit dans le cinéma (hors films de zombies/infectés), c’est d’ailleurs ce sur quoi se base la campagne marketing (« Ne touchez personne, ne parlez à personne »).

Contagion

Contagion met justement en valeur l’un des thèmes-phares de Steven Soderbergh : la propagation. Quasiment tous ses films, des plus singuliers aux plus mainstream, relatent une propagation, celle d’un virus, de rumeurs et d’informations (ses films prennent d’ailleurs souvent la forme d’enquête, d’investigation ou d'un film d'espionnage, c'est d'ailleurs le cas dans Contagion), d’une idée (de celle qui germe dans la tête du Che et qui contamine tout un peuple), de la drogue, de la folie (Kafka, Schizophrénia, Solaris, Bubble…), du sexe (Sexe, mensonges et vidéo, Girlfriend Experience), etc. Ce n’est pas un hasard si Soderbergh (qui dit avoir pensé aux Hommes du président d'Alan J. Pakula) est un adepte des imbrications labyrinthiques et s’intéresse particulièrement aux personnages obsessionnels, dont Contagion est rempli. L’obsession est une propagation mentale, présente dans quasiment tous ses films, et c’est grâce à cette obsession que les personnages (qui n’ont toujours qu’une seule idée en tête) se surpassent pour changer leur destin ou même le monde. Contagion est d’une certaine façon très proche de Traffic, pas seulement pour sa structure chorale autour d’un fléau, mais parce qu’il assimile clairement le virus à une drogue, de la même façon que Traffic assimilait la drogue à un virus. Tout est une question de communication, comme dans la plupart des films de Soderbergh, qui s’attardent souvent sur les connections, les relations et les outils de propagation (ce pourquoi le cinéaste utilise souvent une structure désordonnée en morceaux, un récit-puzzle) ; ces outils, ce sont ici les blogs, YouTube, Twitter, Facebook & Cie, qui font passer les informations mais aussi les rumeurs néfastes, des outils utilisés et représentés par le personnage franchement détestable de Jude Law. Le parallèle entre la propagation des rumeurs et la propagation du virus est d’ailleurs à plusieurs reprises souligné. Dans son récit d’anticipation, Soderbergh exploite les médias de la génération YouTube, quand le flux de l’information est si dense qu’il laisse passer tout et n’importe quoi, informations erronées comme rumeurs malveillantes. Pourquoi, de la même manière, le virus ne passerait pas entre les mailles du filet ? Au final, Steven Soderbergh décrit les mécanismes d'une propagation bien plus sournoise et angoissante, à savoir celle de la peur, autre thème récurrent de sa filmographie. Mais dans Contagion, ce sont des citoyens (cf. le personnage de Jude Law) qui pratiquent la politique de la peur, et non des politiciens, qui eux tentent de la contenir. Bien que fervent démocrate (comme ses amis Matt Damon, George Clooney & Cie), Soderbergh a la bonne idée de ne pas faire dans la politique (selon lui, un discours politique ne fait pas forcément un bon film) et de privilégier avec pertinence (car dans une telle situation, la politique passe au second plan) les milieux scientifiques et médiatiques, qui symbolisent au mieux l'idée de la recherche, omniprésente dans le cinéma de Steven Soderbergh.

Cranston, Fishburne, Elhe

La structure chorale alterne point de vue des scientifiques et point de vue des civils contaminés (ou point de vue des scientifiques contaminés), tandis que le décompte (Day 1, Day 2…) s’affiche à l’écran, car les jours sont comptés. Entre Hong Kong, Macao, Chicago, Atlanta, San Francisco, Londres ou Genève, le récit offre une vue d’ensemble dense (et peu exotique) de la catastrophe. Le sentiment d’urgence exigé par la situation est parfaitement maitrisé et palpitant, la narration prenant la forme d’une course contre la montre pour éradiquer la menace virale (retrouver le porteur d’origine, estimer les pertes, isoler la souche, élaborer un vaccin, prévenir la population, organiser la quarantaine, etc.), comme dans Alerte, 24 heures chrono (en particulier la saison 3) ou même le précurseur Panique dans la rue d’Elia Kazan (dans lequel la police devait arrêter au plus vite un criminel en fuite avant qu’il ne répande dans la ville le virus qu’il porte en lui). La vision de Contagion, nourrie par un fastidieux travail de recherches et probablement en partie inspirée de la folie Grippe A (ou virus H1N1) d'il y a quelques années, est particulièrement inquiétante car extrêmement plausible ; les situations sont crédibles (le coup de la loterie, très drôle, aurait même convaincu certains membres du gouvernement), et si le monde était touché par une telle pandémie (ce qui, d’après les scientifiques, arrivera un jour ou l’autre), il est possible qu’il ressemble à ce qu’on voit dans Contagion. En un certain sens, et c’est ce que voulait Soderbergh, Contagion est relativement rassurant, puisqu’il révèle les rouages d’une telle catastrophe et démontre l’efficacité des scientifiques et du gouvernement pour contenir puis enrayer la menace au plus vite. Malgré les imprévus, la situation reste constamment sous contrôle, et le film révèle comment fonctionne un Etat (ici les Etats-Unis) en de telles circonstances. Évidemment, il faut passer par des millions de morts, mais ce n’est pas encore la fin du monde (comme le disait Morgan Freeman à la fin de Deep Impact, « Il faut reconstruire »). La conclusion est, malgré la catastrophe endurée et les innombrables victimes, positive, se terminant d’ailleurs sur le All I Want Is You de U2. Mais la dernière séquence, qui est en fait la première, vient rappeler que la menace peut surgir de nulle part en un rien de temps.

Chin Han, Marion Cotillard

Le traitement intimiste et réaliste est également formel, Contagion restant dans la mouvance stylistique des précédents films du cinéaste. Soderbergh filme de nouveau avec la Red One, son nouveau joujou fétiche depuis le premier Che, qui lui permet, de son aveu-même, de tourner plus rapidement et de se contenter de l’éclairage naturel (l’image de Contagion est cependant largement étalonnée en postproduction, c’est assez flagrant et pas forcément beau à l’écran, contrairement à Traffic) afin de ne pas perdre de temps à mettre en place une lumière plus travaillée. La mise en scène en elle-même est ainsi peu inspirée (plans fixes en courte focale, plans rapprochés en longue focale et steadycam…), même si le cinéaste pense particulièrement à la disposition de ses acteurs dans le cadre. Mais pour Steven Soderbergh, la Red n’est pas un choix esthétique ni artistique (la jungle bolivienne de ses Che n’était d’ailleurs pas vraiment embellie), mais simplement un choix pratique qui lui facilite le tournage (ainsi que l’emploi du temps de ses acteurs : 4 jours de tournage pour Gwyneth Paltrow, 10 pour Kate Winslet…) ; un parti-pris qui lui permet également d’assurer lui-même le cadre et la photo (toujours sous son pseudonyme de chef opérateur Peter Andrews) et d’improviser ses plans sur le tournage (il ne fait jamais de storyboard et tourne à l’instinct, sur place, sans même faire répéter ses acteurs) mais qui témoigne aussi d’une certaine paresse récurrente du réalisateur depuis plusieurs années (c’est pourquoi il sort beaucoup de films en un court laps de temps). Cette méthodologie, qui s'exerce également dans le montage (il y a eu 23 versions différentes du film pour arriver au montage final, preuve d'une structure narrative très fragile et incertaine), explique en un certain sens la froideur clinique des films de Soderbergh, desquels il est par ailleurs difficile de retenir des plans en particulier (SPOILER si ce n'est peut-être ceux sur Gwyneth Paltrow mourante/morte FIN SPOILER) tant le cinéaste apporte peu d’importance à l’iconographie et se repose sur un style qui s’adapte à tous les sujets mais qui, en même temps, manque de style. C’est tout de même paradoxal qu’un cinéaste comme Steven Soderbergh soit considéré comme un formaliste alors qu’il accorde si peu de crédit à l’esthétisme. Si l’image a une force dans ses films, c’est plus dans le propos (Soderbergh a souvent traité du pouvoir et de la fascination des images, comme c’est le cas ici) que dans la forme (peu de travail en live sur l’image), à quelques exceptions près (du contemplatif Solaris à l’exercice stylistique The Good German). Mais d'un autre coté, ce style (formel et narratif) brouillon et éparse, imagerie purement factuelle, renforce le sentiment d'urgence et de panique qui fait la force du film : rien est à sa place, c'est le chaos, tout devient fragile et incertain, et la sécurité du monde ne tient qu'à un fil, qu'à un germe, constat d'impuissance (personne ne peut empêcher l'émergence de nouveaux virus) qui fait froid dans le dos. Ce que réussit Soderbergh quasiment à chaque film, c’est l’ambiance, un sentiment atmosphérique général, une vue d’ensemble de l’intérieur, tout cela souligné par l’étrange partition « virale » de Cliff Martinez (revenu en force avec Drive, il n'avait pas retravaillé avec Soderbergh depuis Traffic), dont les plages ambiantes pesantes nourrissent une angoisse sourde et dont les morceaux plus électro (qui pourraient aussi bien sortir d’un Hollywood Night ou d’un épisode des Experts) alimentent une vive et imprévisible tension. Comme la plupart des films du réalisateur, Contagion évoque le film noir, mais plus dans le fond que dans la forme (même si le style peut rappeler le cinéma des années 70), tandis que Soderbergh parle d'un "film d'horreur moderne".
Dans sa volonté de ne jamais se répéter et de privilégier le fond (sujet, personnages…) à la forme (qui est, depuis plusieurs films, toujours la même), Steven Soderbergh pourrait presque être considéré comme un tâcheron, mais s’imposerait plutôt comme un touche-à-tout qui aime le risque (à l’exception d’Ocean’s Thirteen, ses films depuis Solaris, y compris Contagion, ont été de gros échecs au box office, car trop peu accessibles) et conserve un style austère, glacé et frigide, un style malléable qui s’adapte certes à tous les sujets mais peine souvent à emporter le spectateur avec lui (on est loin des très stylisés, plus romanesques et plus agréables Ocean’s Eleven, Hors d’atteinte, Solaris ou Traffic, quand le cinéaste tournait encore en 35 mm).

Jude Law

Comme Alerte en son temps, Contagion affiche un prestigieux casting, qui devrait attirer du monde malgré le sujet grave pas forcément aguicheur. Si Steven Soderbergh a choisi d’opter pour des stars à Oscars (quatre acteurs dans la distribution ont déjà remporté un Oscar, et trois d’entre eux jouent dans Le Talentueux Mr. Ripley), ce dont il a par ailleurs l’habitude (c’est typiquement un réalisateur à stars), c’est là encore pour des raisons de facilité (c’est lui qui le dit) : dans un tel film, le public identifie rapidement les stars, qui lui permettent de ne jamais se perdre dans les nombreux protagonistes. C’est un peu comme si ces acteurs connus prenaient le spectateur par la main afin de le guider. C’est pour cette même raison que des films amples à multi-personnages comme les Ocean’s, Full Frontal ou Traffic sont remplis de stars, là ou les petits films du cinéaste à point de vue unique n’en ont pas besoin (Girlfriend Experience, Bubble) ou se contente d’une seule star en tête d’affiche (The Informant, Erin Brockovich, Che, Solaris…). Soderbergh exploite aussi son casting quatre étoile pour surprendre le spectateur ; SPOILER Gwyneth Paltrow et Kate Winslet auront beau être des célébrités glamours et talentueuses, leurs personnages ne sont pas pour autant épargnés par le virus et elles n’ont rien de glamour à l’écran. N’importe qui peut donc y passer (la scène dans laquelle Kate Winslet commence à être malade fait mal au cœur). FIN SPOILER Gwyneth Paltrow incarne même le sujet zéro, celui par lequel la maladie se propage ; ses scènes, peut-être les plus réussies du film (que ce soit celles du début ou les flashbacks reconstitués par l'intermédiaire des vidéos surveillance), sont aussi angoissantes qu’émouvantes, dans cette fatalité à grande échelle qui part d’un personnage aussi fragile (le choix de l’actrice est très pertinent, comme l’était celui de Jennifer Connelly, d’abord considérée par la production pour ce rôle), à la fois première victime et responsable malgré elle. Le personnage de Matt Damon (qui joue pour la sixième fois sous la direction de Soderbergh) touche également pour ce qu’il se prend dans la gueule sans prévenir (le jeu de l’acteur lorsqu’il apprend la mort de sa femme est formidable de justesse), ce qui en fait d’emblée un personnage attachant qu’on ne voudrait absolument pas voir mourir (mais son immunisation vient rapidement clôturer ce suspense, qui se reporte sur sa fille). Les autres personnages (Laurence Fishburne, Marion Cotillard, Kate Winslet, Bryan Cranston…) sont cependant plus froids (ils font quasiment tous la gueule du début à la fin, ce qu’on peut cependant comprendre vu la situation), plus fonctionnels (ce sont des scientifiques, des politiciens…), leur psychologie se résumant uniquement à leurs choix, car tout ici n’est qu’une question de choix. Derrière le masque du professionnalisme surgit tout de même, pour chacun d’entre eux, une touche de tendresse intime qui les ramène à un niveau humain, lorsque par exemple le porte-parole Laurence Fishburne (parfaitement sobre, de quoi lui pardonner de son délire dans Predators) prévient sa sœur malgré l’interdiction, lorsque l'épidémiologiste Marion Cotillard (très froide également, ce qui lui sied à merveille) semble épanouie avec les élèves chinois ou lorsque la scientifique Jennifer Ehle (une Meryl Streep jeune, fascinante dans son jeu de non-dit, tout en sourires en coin et en regards étranges ; c'est le seul personnage qui a l'air serein et sûr de lui du début à la fin) vient voir son père mourant pour lui annoncer qu’elle a trouvé un vaccin. Il n’y a pas de méchant ou de gentil, pas de héros ou de seconds rôles, certains disparaissent (temporairement ou définitivement) en cours de récit, mais tous sont au même niveau (bien que John Hawkes, Elliott Gould, Bryan Cranston, Chin Han ou Sanaa Lathan soient forcément moins présents à l’écran que Matt Damon, Jude Law ou Kate Winslet). Jude Law est cependant à tarter dans son rôle ambigu de blogger ambitieux, bavard et arrogant, un justicier du net et du peuple à coté de la plaque.

Jude Law affiche

70

Intéressant de par son traitement d’anticipation réaliste, angoissant dans cette terrible crédibilité et son atmosphère fiévreuse, jouant à fond sur la crainte paranoïaque de la contamination, Contagion dresse la vision d’ensemble saisissante, glaçante et captivante d’une pandémie mondiale à notre époque (celle de YouTube) sans avoir recours à des images fortes (si ce n’est quelques visions chaotiques) ou à des scènes spectaculaires (rien à voir avec le Alerte! de 1994) : tout passe ici par le dialogue et le contact, les décisions comme le virus, même si les rumeurs et les informations se propagent par le biais de l’image (les nouveaux moyens de communication). Dans cette version virale (mais très différente) de Traffic (qui assimilait déjà la drogue à un virus), la thématique de la propagation continue d’animer l’œuvre inégale mais cohérente de Steven Soderbergh, qui témoigne cependant ici une nouvelle fois de sa paresse ; pour un réalisateur dit « formaliste », il pense plus pratique/facilité qu’artistique/esthétique, ce qui rend ses derniers films (dont Contagion) assez froids et visuellement peu marquants (c’est un style instinctif mais effacé derrière son sujet). Contagion n’en reste pas moins son meilleur film depuis Solaris, son autre essai SF.

Critique de publiée le 28 octobre 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Un sujet bien traité
  • Le réalisme et la crédibilité des situations
  • L'ambiance lourde, fiévreuse et paranoïaque
  • L'effet de propagation et la peur de la contamination

Que faut-il oublier ?

  • Un style peu esthétique, froid et austère
  • Une structure narrative fragile
  • Des personnages pas très attachants (hormis Damon et Paltrow)

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