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Critique du Film : Contagion
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Critique du Film : Contagion

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 15 novembre 2011 à 1516

Un intérêt peu contagieux...

Steven Soderbergh est un cinéaste très prolifique, trop peut-être... Ainsi, pour un Ocean's Eleven, un Anglais ou un Traffic, combien de Full Frontal, de Girlfriend Experience ou de Bubble avons-nous du subir ? A l'instar de son confrère nippon Takashi Miike, Soderbergh tourne beaucoup, tourne très vite, et enchaine les projets d'intérêts et de qualités très variables. Conséquence : sa filmographie s'avère aujourd'hui assez moyenne, contenant désormais plus de film moyens (voire médiocres) que d'oeuvres véritablement remarquables. Mais le cinéaste est malin et sait régulièrement s'investir dans des projets bankables afin de s'assurer le retour des faveurs des producteurs, leur prouvant ainsi qu'il est capable de fédérer le public autour de longs-métrages accessibles ; avec son casting quatre étoiles et son sujet dans l'air du temps, Contagion fait parti de cette catégorie, celle où, finalement, le réalisateur s'est avéré, avec le temps, être le plus à l'aise.

Film chorale mettant en scène une petite dizaine de personnages, Contagion traite de beaucoup de choses. On y suit ainsi principalement l'évolution de l'épidémie dans les coulisses du pouvoir et des grandes organisations concernées, donnant un point de vue global particulièrement instructif par rapport à l'évolution de l'épidémie. A côté de cela, probablement pour éviter de traiter le sujet de manière trop froide et trop mécanique, et ainsi permettre d'humaniser le propos en l'ancrant dans quelque chose de concret, on accompagne nombre de protagonistes plus proches du terrain : d'un veuf éploré voulant protéger sa fille à un bloggeur se plaisant à faire naître un climat de terreur en passant par un fonctionnaire prêt à tout pour protéger son village d'origine. A priori, donc, Contagion se présentait comme un spectacle sympathique, et ce d'autant plus que Soderbergh avait démontré par le passé une certaine aisance dans la direction de film chorale (avec Traffic notamment).

Pourtant, au final, Contagion s'avère être un long-métrage à la fois affreusement banal et pas terriblement passionnant. Non pas que le film soit franchement mauvais - on aura vu bien pire sur le sujet - mais il s'avère simplement indigne d'un cinéaste de talent comme Steven Soderbergh. Le principe même du film chorale est un exercice compliqué sur lequel s'est ici cassé les dents Scott Z. Burns (lequel avait pourtant démontré d'une plume efficace sur The Informant ou sur l'adaptation de La vengeance dans la peau), lequel, en multipliant les points de vue, a essayé de donner une vision la plus complète possible d'une telle situation catastrophe, de l'anecdotique (le personnage du père éploré qui protège une personne) au très important (les médecins du Centre de Contrôle des Maladies qui tentent de sauver le monde). Mais son scénario mal construit, évacue trop rapidement d'excellentes idées, souvent au profit passages sans intérêt.

Le problème est que chaque histoire, prise indépendamment, s'avère immanquablement sous-traitée, et ce dans la mesure où elle ne dispose que de peu de temps pour poser ses bases, ses enjeux et son traitement. Les personnages n'existant finalement que dans leur fonctionnalité (médecins, journalistes, chargés de communication, ...), difficile de s'attacher à eux ou d'éprouver un tant soit peu d'empathie vis à vis de ce qui peut leur arriver. De plus, afin de pouvoir caser près de deux cent jour de contamination en moins de deux heures, le film aligne les raccourcis facheux (le chaos qui s'installe en une seule scène), les facilités grossières (la conception du vaccin) et les embryons d'histoires aussitôt oubliés (le meurtre des voisins de Matt Damon) et les thématiques intéressantes vite expédiées (les manipulations de Jude Law). Il en résulte un sentiment d'inachevé, et surtout une absence réelle d'intérêt vis à vis de ce qui peut se passer à l'écran.

Sur ce scénario un brin médiocre, Steven Soderbergh livre une mise en scène extrêmement fade, à peine digne d'un yes-man hollywoodien. Que l'on aime ou pas ce qu'a pu faire le cinéaste dans le passé, force est de constater qu'il avait mis un point d'honneur à toujours livrer des réalisations travaillées. Mais Contagion, dans la parfaite lignée de son récent Girlfriend Experience, démontre qu'il perd peu à peu, film après film, du charme qu'on lui connaissait. Tel quel, avec son image fadasse, sa mise en scène bien peu inspirée et son style de docu-fiction à deux balles, son long-métrage ressemble globalement à un vulgaire téléfilm. Le réalisateur parvient malgré tout - et de justesse - à un peu se racheter en livrant, de manière très éparse, quelques séquences remarquables (l'introduction du film ou les scènes mettant en scène le personnage de Kate Winslet), démontrant qu'il est malgré tout loin d'être un tâcheron, au pire un vrai fumiste paresseux.

Et puis que dire de cette direction d'acteur catastrophique ! Avec un casting de cette envergure, on était en droit d'attendre des prestations au minimum correctes. Ici, le maître mot est "monolithisme", chaque acteur livrant des prestations sans grande subtilité, se contentant tour à tour de faire la gueule d'un air grave. On aura ainsi rarement vu Matt Damon aussi peu concerné par son rôle, ou Marion Cotillard avoir tant l'air de s'ennuyer ; quant à Laurence Fishburne, Bryan CranstonKate Winslet ou Elliott Gould, ils partagent une expression faciale pour quatre. Et ne parlons pas de la prestation presque anecdotique de Gwyneth Paltrow. Dans le lot, on retiendra la performance inhabituellement insipide de Jude Law, mais qui colle assez bien au personnage fade qu'il interprète, ainsi que celle, cette fois réussie, de Jennifer Ehle, qui, malgré son statut d'inconnue du grand public, domine largement ses partenaires de jeu bien plus renommés.

La conclusion de

En dépit d'un point de départ fort et d'une séquence d'ouverture d'une efficacité redoutable, Contagion s'avère au final aussi passionnant qu'un simple docu-fiction télévisé. Certes, cet aspect cinéma-vérité permet de doter le film d'un fond instructif - que se passe t-il dans les coulisses des grandes organisations lorsque l'on est confronté à pareille menace ? - mais, à côté de cela, le scénario est doté d'une forme rébarbative, jetant à la poubelle les codes cinématographiques et retirant au long-métrage toute véritable dramaturgie. Et ce ne sont malheureusement pas la mise en scène particulièrement fade de Steven Soderbergh ou les prestations apathiques des acteurs qui permettent de relever le niveau.

Que faut-il en retenir ?

  • Un aspect documentaire instructif,
  • Quelques séquences éparses réussies.

Que faut-il oublier ?

  • Mise en scène sans envergure,
  • Comédiens peu concernés,
  • Scénario "chorale" bancal,
  • Pas de stress, pas de tension.

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