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Critique de la bande dessinée : Rocketeer, tome1 [1993], par Richard B.

Avis critique rédigé par Richard B. le samedi 24 septembre 2011 à 20h09

Une édition pleine d'envol pour Rocketeer !

Avec cette édition anthologique réunissant les deux aventures de Rocketeer, Delcourt rend ici un bel hommage à l’artiste Dave Stevens, décédé en mars 2008 des suites d'une leucémie.  Bien qu’il ait travaillé avec le studio d’Hanna and Barbera, participé à des réalisations de série (comme Spider-Man, Lone Ranger, Flash Gordon, Star Wars) ou encore réalisé des croquis pour  Les Aventuriers de l'Arche Perdue ou Thriller (le clip de Michael Jackson), le chef-d'œuvre de Stevens reste bel et bien Rocketeer (du moins en ce qui concerne la première aventure de Cliff Secord).

En avril 1938, du côté de l’aérodrome Chaplin, une voiture lancée à toute allure défonce une grille. Elle s’arrête au pied d’un hangar où deux brigands  en sortent, portant un énorme sac. Avant d’être arrêtés par la police, ils trouvent le temps de cacher leur colis à l’intérieur d’un avion monoplace. Le paquet, assez mal dissimulé, est découvert peu après par le pilote Cliff Secord. Curieux, il ouvre le sac et découvre un réacteur miniaturisé accompagné d’une notice technique portant la marque « top secret »… Dès cet instant, la vie de Cliff Secord va prendre une toute nouvelle tournure.

extrait Rocketeer

Rocketeer apparut pour la première fois en 1982, dans des récits complémentaires aux comics indépendants Starslayer, cela afin de rendre hommage aux héros de 1930-1940. Par la suite, la série reçut deux Jack Kirby Award ;  celui du meilleur dessinateur en 1985 et du meilleur album en 1986. C’est Albin Michel, en 1985, dans le cadre de sa collection Special USA, qui initie la première parution en langue française. Une suite arriva plus tardivement, en 1996, chez Glénat (intitulé aux USA « The rocketeer: cliff's New York adventure », elle se contentera d’un sobre « Rocketeer II » dans sa version française). Aussi, quinze ans plus tard, voir toute l’œuvre « Rocketeer » réunie en un seul volume, accompagné de plus de 16 pages issues de diverses couvertures ou illustrations, a de quoi nous réjouir pleinement. Et cela même si l’on se doit de reconnaître que l’histoire se situant à New-York est moins passionnante que la première des aventures de Cliff Secord.

Rocketeer est une œuvre fascinante dans la mesure où celle-ci se trouve être bien plus qu’un hommage aux serials ; elle est surtout un reflet des goûts et la personnalité de son auteur. Ainsi, il est très difficile de ne pas voir dans le personnage de Betty le résultat de la fascination qu’il éprouve envers la pin-up Bettie Page et l’influence d’une muse : son ex-femme Charlene Elizabeth Brinkman (alias Brinke Stevens), célèbre actrice de série B ayant joué dans des films comme Fête sanglante (The Slumber Party Massacre) ou encore Teenage Exorcist. En effet, l’on peut trouver dans ce personnage un aspect glamour, l’incarnation d’une certaine critique du milieu hollywoodien, ainsi qu’un regard cynique porté sur ce type de starlette (Rocketeer a dû être produit peu après leur divorce).

En outre, si on regarde sur toute la durée de la carrière de Dave Stevens, il s’est souvent retrouvé à illustrer des pin-up ou encore oeuvrer pour des projets qui restent dans une ligne très ancrée dans des thèmes serial emprunts de nostalgie, avec des titres comme Sheena, reine de la Jungle ou encore Tarzan.

Extrait Rocketeer 2

La première partie de Rocketeer est donc un reflet particulièrement intéressant de son auteur, et surtout un haletant divertissement mêlant ingénieusement jolies filles, prémices de la menace nazie, récit d’espionnage, critique acerbe du milieu qui entoure les starlettes et amour nostalgique de l’aviation. Dans cette première partie, on est fasciné à la fois par le dessin comme par une histoire qu’il est difficile de quitter une fois la lecture entamée.

La seconde partie, intitulée « Cliff Secord à New York » est une suite directe qui introduit une toute nouvelle menace dans laquelle la place de « la roquette » se trouve grandement amoindrie.  Si les premières pages conservent tout le charme de l’aventure initiale, l’intrigue nous amène à découvrir une histoire de vengeance bien moins passionnante et complexe que ce qu’on aurait aimé. Le côté espionnage se voit complètement disparaître et l’auteur semble depuis avoir digéré son divorce avec un héros prêt à laisser la femme de sa vie s’épanouir sans lui.  L’aspect sérial du récit se trouve aussi amoindri, pour pencher parfois plus dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler celle de « La monstrueuse parade ».  Loin d’être déplaisant, on reste forcément déçu de ne pas retrouver la même magie que sur les premières aventures.

Si Rocketeer est un titre connu de beaucoup de profanes en matière de bande dessinée, c'est certainement grâce au film de Joe Johnston. Il ne faut pas s'attendre à découvrir exactement la même oeuvre. Les comics de Dave Stevens sont largement plus vieux et différent sur plusieurs aspects. Si le film - au demeurant très bon - part sur des bases assez similaires, il reste avant tout construit comme un film de super-héros. Le Cliff Secord de Dave Stevens agit avant tout sur une impulsion égoïste, ce qui est beaucoup moins le cas dans le film. Ensuite la critique autour du milieu d'Hollywood est beaucoup moins appuyée dans le film de même que le personnage de Betty est beaucoup plus dénudé dans sa version illustrée, le ton général des comics en ressort donc beaucoup plus glamour. Sans oublier de signaler que plus les histoires avancent, plus elles montrent leur différence avec des dénouements qui n'ont rien en commun. Les lecteurs connaissant le film n'auront donc pas l'impression de découvrir une même histoire, mais une bande dessinée complètement indépendante.

Visuellement Dave Stevens tient la longueur (il faut dire que le titre ne s’est pas conçu en un an, mais sur plusieurs années) et permet d'admirer un trait perpétuellement fin, expressif, fluide aux découpages variés, mais aussi, portant une certaine marque "eighteen". On a donc plus de 140 pages particulièrement aguicheuses dans lesquelles il serait très difficile d’y trouver des défauts - hormis les couleurs, qui apparaissent parfois baveuses, mais beaucoup plus chaleureuses que sur les précédentes éditions.

La conclusion de à propos de la Bande Dessinée : Rocketeer, tome1 [1993]

Richard B.
90

En se plongeant dans cette - quasi - intégrale de « Rocketeer » (un deuxième tome non illustré par l'auteur devrait arriver), Dave Stevens a laissé une œuvre qui devrait lui survivre et qui reflète certainement une grande partie de sa personnalité. Graphiquement superbe, construit sans temps mort avec une première histoire particulièrement fascinante, « Rocketeer » se doit de figurer impérativement dans votre liste de lecture. La nouvelle génération aura peut-être quelques difficultés à apprécier le côté « serial » et « nostalgique » de l’œuvre, mais il serait fortement dommage de ne pas tenter l’aventure.

Que faut-il en retenir ?

  • Les dessins de Dave Stevens.
  • L'esprit pulp et pin-up de ce Comic-book.
  • Une histoire accrocheuse.

Que faut-il oublier ?

  • Une deuxième histoire en retrait.

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