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Critique du Téléfilm : Witchville
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Critique du Téléfilm : Witchville

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 26 août 2011 à 1849

Malachy dans sa caisse

Victime de l’influence de la Reine Rouge, Malachy, jeune prince du royaume de Draeganoth, a été condamné à une vie en exil. A la mort de son père, il quitte son existence d’aventurier et retourne sur ses terres, bien décidé à débarrasser le pays de cette reine maléfiques, de sa fille Jozefa et des sorcières qui les servent. Il est aidé dans sa quête par Kramer, un chasseur de sorcière, Erik, le capitaine de la garde du palais, Jason, un ami d’enfance, et une bande de mercenaires venus de Cathay...

Chers spectateurs, bienvenus dans l’étonnant royaume de Draeganoth! Une petite nation, certes, pas plus grande que le jardin du producteur de ce film, mais qui ne manque pas de cachet! Flânant dans l’unique rue de la capitale, vous pourrez faire connaissance avec une population bigarrée (dix figurants aux visages soigneusement salis, sapés avec des sacs en toile de jute), découvrir ses pittoresques boutiques de souvenirs («ici, vente d’authentiques cartes postales licence Dungeons & Dragons!») et assister à la relève de la majestueuse garde du palais (deux gus armés d‘impressionnantes épées en latex). Puis, au hasard de l’un des deux couloirs de la fière citadelle en carton-pâte de Draeganoth, vous pourrez, avec un peu de chance, croiser la route de l’un des trois nobles du coin (peut-être même le roi en personne!) revêtu d’une magnifique armure en mousse!

Jadis, Draeganoth était également un pays heureux, du moins avant que les sorcières n’aient décidé de le soumettre à la famine, la maladie et à la misère, et que le budget ait obligé Syfy à effectuer des coupes franches dans la population, réduite à peau de chagrin. Le seul point positif est que son prince, Luke Goss (toujours aussi musclé qu’une crevette) est rentré d’exil, en compagnie d’un vaillant compagnon qui va considérablement gonfler les effectifs militaires du royaume. Sur place, le jeune monarque va recevoir la visite d’un magicien errant, qui lui prouve par A+B+un lapin que pour sauver Draeganoth, il leur faut détruire la puissance d’une Reine Rouge qui, en usant de maléfices brumeux en CGI moisi, a perverti une partie des habitants. Ainsi, aussitôt rendu dans son palais, le roi doit le quitter pour partir à l’aventure. Pas cool.

Après avoir réuni son armée, Malachy, debout sur une vieille carriole, fait les adieux à un peuple brisé par l’émotion. Il y a même un gueux qui se mouche, au fond, dans un tire-jus à carreaux, et une autre qui s’enfonce, de rage, un index crasseux dans une narine. C’est poignant. Mais il est temps de partir. D’après le magicien, un homme bien renseigné, la Reine Rouge vit «quelque part» dans le nord. On est donc étonné que l’imposante colonne de six cavaliers qui quitte le palais prenne la direction, si l’on se fit à la position du soleil, de l’est. Ou bien de l’ouest. Mais l’on sera vite rassuré car, apparemment, dans le pays de Draeganoth, tous les chemins mènent à la Reine Rouge. Bon, ce n’est pas pour autant que cette expédition va être une partie de plaisir. Comme dans toute quête épique digne de ce nom, des obstacles ne vont pas tarder à se dresser sur la route de nos héros.

La Reine Rouge commence par leur envoyer des loups possédés. Le magicien résout l’affaire en les transformant en statues de glace (plus bizarre est la suite; le sort ne durant qu’un temps, les aventuriers décident ensuite alors de fuir les lieux… au lieu de briser les statues). Puis, c’est deux sorcières brumeuses qui prennent possession de deux gardes frontières et qui tentent, en vain, d’assassiner le magicien qui s’est isolé derrière une butte (je suppose qu’il a eu une soudaine envie de chier). En cours de route, Malachy et ses amis vont également tomber sur une compagnie de femmes mercenaires originaires de Cathay. Après une brève échauffourée qui voit l’armée de Draeganoth annihilée (il faut dire qu’elle n’était composée que de deux cavaliers), Malachy, qui devine là une occasion de glisser un brin de wu xian pan dans cette aventure, parvient à les convaincre de se joindre à eux.

Excédée par tant de réussite, la Reine Rouge confie à sa fille la mission de régler rapidement le problème. Et là, ça va chauffer pour nos héros. Car Jozefa, version féminine de l’assassin d’Assassin Creed, est un adversaire autrement plus redoutable que tous ceux qu’ils ont jusqu’alors rencontrés. Au final, piégée dans un village de perfides lécheurs de lame de couteaux, l’expédition de Malachy tourne au fiasco. Malachy parvient à échapper à Jozefa et sa mère, mais Erik est tué et Jason capturé. Puis, sentant la victoire décisive approchée, la Reine Rouge décidé alors de s’emparer de Draeganoth. Et c’est dans ces circonstances épiques (et colegram) que certaines révélations nous sont faites, des fois que l’on n’est pas encore compris qui était en réalité Malachy. Tout se terminera dans une débauche d’effets spéciaux au cours d’un duel de magiciens aussi réussi que celui qui opposa Saroumane à Gandalf (comment ça ? Vous ne me croyez pas ?). Quand à Jozefa, elle nous prouve par les actes qu’une fille aussi jolie ne peut pas être foncièrement mauvaise. Si ?

Réalisateur d’une trilogie de courts-métrages « cultes » porté aux nues par une frange pseudo-intelectuelle de soi-disant connaisseurs en matière de SF, Pearry Reginald Teo continue aujourd’hui de confirmer qu’il est en fait un tâcheron peu exigeant doublé d’un incompétent. On même dire qu’ici, après deux films remarquables de médiocrité, mais cependant regardables (Killer Hacker et Necromentia), il touche le fond en frayant vénalement avec Syfy, pour finalement accoucher d’un rejeton qui ne vaut guère que par la présence au générique de MyAnna Buring.

En fait, dans Witchville, Pearry Reginald Teo fait du Uwe Böll, un peu comme s’il suivait à la lettre les préceptes d’une imaginaire «Bouse pour les Nuls » qu’aurait écrit le plus incompétent des cinéastes allemands. Ralentis en veux-tu en voilà, flous artistiques pourris, chorégraphies martiales illisibles ou empotées, séquences dialoguées plombées par un montage opéré avec des moufles, travelling hors propos… Bref, on est là devant une parfaite démonstration compilant tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de cinéma d’aventure. Bien entendu, Pearry Reginald Teo n’est pas responsable de tout, comme de ces décors de carton-pâte guère plus convaincant que ceux d’un épisode de Xéna la guerrière ou d’Hercule, ou des costumes, absolument ridicules. Mais, par contre, il est coupable de ne avoir trouvé la solution pour les rendre moins voyants, alors que finalement, il avait dans les mains un scénario kitch mais amusant.

Car finalement, l’histoire contée dans Witchville est classique mais propice à de sympathiques moments. Une petite quête épique, avec son lot de sorcière, sa reine maléfique, son paladin, son royaume à sauver, sa jolie fille pleine de peps. Mais pour que cela fonctionne, il aurait fallu que Pearry Reginald Teo aborde le sujet de manière plus pulp, avec des yeux de geek, pour nous proposer une version actualisée de ces séries B des années 80 qui tentaient avec décontraction de copier les grosses productions comme Conan, Le Dragon du lac de feu ou Kalidor, et qui faisaient parfois mieux (du moins en ce qui concerne le troisième cité). Au lieu de ça, il nous inflige un métrage sans force, sans rythme, et surtout sans charme.

La conclusion de

Après l’immonde Tales of an Ancient Empire d’Albert Pyun, me voilà infligé un très mauvais Witchville. Un double impact sévère porté à mon amour, un brin puéril, pour les films d’heroic fantasy. Ici, Pearry Reginald Teo prouve une nouvelle fois qu’il est un réalisateur surevalué et, par la même occasion, qu’il n’y entend rien en cinéma de divertissement. Beurk.

Que faut-il en retenir ?

  • MyAnna Buring
  • Une histoire qui aurait pu être sympa

Que faut-il oublier ?

  • Un manque de fun navrant
  • Des décors et des costumes ridicules
  • Une réalisation insipide
  • Des séquences dialoguées ennuyeuses

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