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Critique du Film : The Shrine

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 11 août 2011 à 18:54

Tradition et folklore polonais

Passant outre les recommandations de leur rédaction, une équipe de journalistes américains décide d’enquêter sur le sort d’un jeune homme, disparu mystérieusement lors d’un voyage en Europe de l’Est. Leurs investigations les mènent jusqu’à un petit village reculé de la compagne polonaise. L’accueil, très froid, qu’ils reçoivent de la population locale, ne les décourage pas et leurs recherches les amènent à s’intéresser à un étrange nuage de brume qui baigne de manière permanente une partie de la forêt voisine...

Nous l’avons déjà souvent cité dans nos colonnes: de nos jours, pour le scénariste américain, il est de bon ton de chercher la paille dans l’œil du voisin plutôt que de se préoccuper de la poutre plantée dans le sien. Il n’en fut pas toujours ainsi. Rappelez-vous Délivrance ou Massacre à la Tronçonneuse, deux célèbres représentants d’une vague de films qui usaient des codes du cinéma de genre pour montrer du doigt un certain malaise de la société américaine. Depuis un certain 11 septembre, cette démarche introspective a été (pratiquement) abandonnée. Aujourd’hui, pour les américains, la menace ne peut venir de leurs tares mais bien de l’extérieur. Pur réflexe xénophobe. Par conséquent, les valeurs rednecks étant réhabilitées (elles représentent après tout les fondements de l’idéal de vie wasp), les studios ont été chercher leurs dégénérés en dehors de leurs sacro-saintes frontières; en Amérique latine, en Asie ou encore, depuis un certain Hostel, en Europe de l’Est (ces gens ont vécu sous le joug du communisme, ils ne peuvent être complètement remis, ni totalement civilisés).

Dans ce film de Jon Knautz, un réalisateur apprécié (rappelez-vous, il est l’auteur d’un rafraichissant Jack Brooks - Tueur de monstres), c’est au sein d’une petite communauté polonaise que l’on va découvrir les assassins attardés nécessaires à la conception de tout bon petit survival horrifique. Regards en biais, attitudes menaçantes, fermiers rustres et patibulaires sont donc au menu de ce métrage qui s’essaie à cultiver une atmosphère angoissante, à mi-chemin entre l’horreur lovecraftienne et le thriller bouseux. Pour ce qui est de l’impression générale, le résultat à l’écran est moyennement convaincant. Jon Knautz use d’une bonne photographie, nous sert quelques séquence intéressantes (comme la découverte de la statue dans les bois, séquence qui dégage une intéressante ambiance gothique, façon Hammer Films) et parvient par moment, à travers quelques petits détails dans leur comportement, à rendre les autochtones inquiétants (on pense parfois à The Wicker Man et ses villageois bizarres). Par contre, il peine à nous intéresser aux sort de des journalistes (interprété par Meghan Heffern, Cindy Sampson et Aaron Ashmore, un trio d’acteurs pas forcément inintéressant), de par le fait que la construction des personnages est bien trop basique, mais aussi parce qu’ils sont plongés dans une intrigue qui fait trop usage de clichés - donc peu surprenante.

En résumé, durant la première heure, l’on est surpris de voir Jon Knautz (qui s’est rapidement construit une réputation d’artiste non conventionnel) se commettre dans un très banal jeu de chat et de la souris entre trois «citadins» et une bande de fous furieux (ici, des adeptes de sacrifices humains). Poussant sa démarche référentielle à fond, le cinéaste se penche à rendre cette communauté rurale la plus antipathique, rustre et inquiétante possible, quitte à faire dans la caricature et la surenchère sadique peu crédible. S’inscrivant dans ce registre spectaculaire, le sacrifice de Sara (Meghan Heffern), qui se voit clouer un masque sur le visage, est particulièrement fort tout en restant, dans l’esprit, bien ancré dans le cinéma des années 60-70. Même l’introduction, qui nous montrait les supplices du jeune globe-trotter, est filmée et montée de manière à nous présenter les cadres religieux de cette communauté isolée comme des illuminés sanguinaires. Puis, avec parcimonie, à travers quelques regards, quelques gestes furtifs, Jon Knautz commence à nous laisser entendre que les apparences sont peut-être ici trompeuses...

Et c’est à partir de cet instant que le métrage devient un peu plus intéressant. Il est impossible de vous en dire plus sans trop «spoiler», mais sachez que, même si l’on sent le coup venir (et que, par le passé, ce type de faux semblants a déjà été utilisé de nombreuses fois), le scénario prend à partir de ce tournant une autre dimension, assez réussie de par son aspect ironique et son suspense bien entretenu. Certes, force est d’avouer que cela ne suffit pas de faire de The Shrine un excellent film, mais cela nous réconcilie quelque peu avec un cinéaste qui nous a déjà prouvé (notamment avec Jack Brooks) qu’il ne manquait ni de personnalité, ni de malice... ni d’habilité dans sa réalisation. On peut également apprécier son effort à entretenir une atmosphère fantastique angoissante au lieu de céder à des débordements gore du style torture porn, tout en le remerciant de ne pas avoir choisi, comme moyen narratif, le procédé du faux docu-fiction (alors que le sujet et les personnages – des reporters - s’y prêtaient particulièrement).Enfin, à noter également, en fin de métrage, une séquence d’exorcisme tournant en eau de boudin qui, au second degré, peut être appréhendé comme une sorte d’hommage ironique aux grand films du genre, comme L'Exorciste ou La Malédiction.

50

Doté d’un scénario finalement moins basique que l’on aurait pu le croire après dix minutes de visionnage, The Shrine est loin d’être un film totalement inintéressant. Autre élément positif; Jon Knautz, en soignant sa réalisation, réussit à nous offrir un spectacle respectable, du point de vue technique. Pourtant, j’ai été déçu par cette histoire de malédiction ancestrale. J’attendais en effet beaucoup mieux, et surtout beaucoup plus original, de la part du réalisateur de Jack Brooks. Ici, il rentre un peu dans le rang... et c’est bien dommage.

Critique de publiée le 11 août 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation correcte
  • Un rebondissement amusant
  • Une atmosphère fantastique bien entretenue

Que faut-il oublier ?

  • Une intrigue peu originale
  • Des personnages peu attachants
  • Un regard déformé sur l’Europe de l’est

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