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Age of Dragons >

Critique du Film : Age of Dragons

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 15 juillet 2011 à 13:00

A la poursuite du dragon blanc

J’imagine bien la scène. Hollywood, un matin, dans le petit bureau d’un studio indépendant, on est en pleine séance de brainstorming. Oui, car il n’est pas facile de trouver des sujets de films – essayez, vous verrez. Soudain, un jeune cadre dynamique se lève et demande la parole :
- Ce matin, mon fils a oublié son livre de lecture. Je l’ai trouvé sur la table de la cuisine. En lui apportant, je l’ai rapidement parcouru. Il s’agit d’un mec qui s’acharne à poursuivre une baleine tueuse sur toutes les mers du globe. C’est sympa comme sujet, non ?
- Hum, Bill, ce livre c’est Moby Dick», répond le producteur d’un ton très professoral. « Non seulement cela a déjà été adapté plusieurs fois mais, de plus, les histoires de marins, cela n’intéresse plus personne. La mode est à la fantasy, aux dragons, aux sorciers, tout ce genre de chose… »
- C’est pas con comme idée, chef », dit un troisième. « Et si on adaptait le bouquin de Belleville ? Si on arrangeait tout à la sauce donjons & dragons ?
- Melville, Bob, Melville. Belleville, c’est un anime moisi  fait par les canadiens, ou les français, je sais plus. Oui, cela me semble une bonne idée. Bill, puisque vous en êtes à l’origine, je vous confie l’écriture du scénario. Il me faut tout ça sur mon bureau demain matin. Allez, les gars, au boulot !

Evidemment, pressé par le temps, Bill n’a pas le temps de lire le livre. Heureusement, il existe ces pratiques petits ouvrages destinés aux étudiants fumistes : les classiques abrégés. Puis, il compte aussi sur le résumé que lui fera son fils de douze ans ce soir, au diner, voire une petite recherche sur le net. Cela suffira, de toute façon, Bill ne cherche qu’à récupérer les personnages et la trame générale du roman. Qu’importe la dimension philosophique et humaniste de l’œuvre, sa richesse documentaire, sa portée universelle. Tout cela n’est que peccadille. Moby Dick, c’est l’histoire d’un mec devenu fou qui entraine une bande de crétins cupides dans une chasse au monstre, et basta. Il suffit de remplacer le gros poisson (oui Bill pense que les baleines sont des poissons, comme beaucoup de monde à Hollywood) par un dragon. C’est plus simple comme ça. De toute manière, le film doit passer sur la chaine Syfy, alors…

Bill se retrouve quand même devant quelques problèmes, qu’il va résoudre en faisant preuve d’une admirable finesse d’esprit. Moby Dick se passe sur mer, sur un baleinier, c’est l’histoire d’un groupe d’hommes luttant contre les forces de la nature. Comment transposer cela dans une histoire de chasse au dragon ? Pour Bill la débrouille, rien de plus simple ; on fout des roues au bateau, et on l’envoie sur des routes enneigées. Par quel miracle le bateau arrive à se mouvoir ? On s’en fout, on n’a qu’à remplacer l’huile des baleines par du vitriol de dragon et dire que ce nectar a des propriétés extraordinaires. Les spectateurs seront satisfaits. Bon, c’est sûr, il va falloir tricher un peu, aller à l’envers des déclarations des personnages en transformant les hautes montagnes et les forets denses en terrain plat et dégagé, car sinon le « vaisseau » ne peut pas rouler.

Il y a aussi les contraintes budgétaires. Hors de question de construire l’équivalent terrestre du Pechod et de son équipage. Bill n’a pas envie d’être licencié pour cause de maladie mentale. Le vaisseau sera donc de la taille d’un gros char d’assaut et son équipage réduit à cinq personnages. C’est maigre, c’est sûr, mais Bill espère compenser ce manque d’ambition par l’introduction d’un personnage féminin, qui est là pour semer la zizanie et exciter les males (personnages et spectateurs). Ah oui, et il serait intéressant de récupérer l’un des trois indigènes de l’histoire. Cela sera Queequeg. Pourquoi ? Parce qu’il a un nom rigolo, pardi ! Voilà, c’est fait. Reste plus qu’à tout filer au réalisateur choisi par la production, à savoir Ryan Little.
Le pauvre.

Cinéaste canadien d’honnête réputation, Ryan Little a l’habitude de composer avec les scénarios bâclés et sans âme. Dire qu’il est gâté avec ce mélange foireux de Moby Dick et du Navire des glaces de Michael Moorcock tient de l’euphémisme. Il sait probablement qu’il aura le plus grand mal à rendre crédible des chasseurs de dragons qui utilisent des harpons au lieu d’arcs ou d’arbalètes, voire d’armes plus sophistiquées étant donné qu’Age of dragons propose quelques éléments steampunk médiéval.  Il sait aussi qu’il n’arrivera pas à rendre digestes les longues prêches du capitaine Ahab (oui, Bill a oublié un c dans la retranscription du nom) ni les soporifiques anecdotes de l’harponneur Stubb, débitées par un Vinnie Jones qui, conscient d’être ridicule, préférera quitter prématurément le métrage en s’immolant dans les flammes d’un dragon. Mais bon, Ryan Little est un professionnel, il fait donc au mieux, en soignant l’aspect technique du métrage.

Age of dragons a donc l’avantage de présenter un aspect esthétique soigné. Cela ne suffit pas à faire accepter le surjeu d’un Danny Glover se vautrant dans le cabotinage, les insuffisances d’un Vinnie Jones qui, aussi charismatique soit-il, confirme une nouvelle fois qu’il est un mauvais comédien et la vue d’un Ishmael fade, interprété par un Corey Sevier aussi nerveux qu’une moule, mais cela nous tient devant l’écran. Ryan Little use d’une bonne photographie, utilise avec pertinences les décors enneigés pour dresser quelques jolis tableaux, arrive à monter quelques scène d’action divertissantes et, surtout, bénéficie du soutien d’effets numériques convenables. Et c’est d’ailleurs dans ce domaine que se situe le seul vrai intérêt d’Age of dragons (en plus de voir Vinnie Jones en vieux « loup de terre », tirant sur sa pipe, la tête enfoncée dans un grotesque bonnet en cuir). Les dragons en CGI, fruits du travail de Sandman Studio, se révèlent nettement plus convaincant que ceux de la concurrence roumaine ou hongroise, que cela dans leur modélisation ou dans leur incrustation.  Les plans de vol sont donc bien sympas, notamment lorsque le gigantesque dragon blanc attaque trois de ses congénères. Mais de là à vous conseiller le visionnage du film…

30

Malgré tous les efforts de réalisation de Ryan Little, Age of dragons est une sacrée bouse. Dans cette adaptation minimaliste et grotesque de Moby Dick, seuls quelques plans sur les dragons méritent un brin d’attention… A moins que vous ne soyez amateur de contre-performances. Dans ce cas, voir Vinnie Jones et Danny Glover se vautrer lamentablement sera apte à vous distraire un peu. Cependant, sachez qu’Age of dragons tient plus du navet chiant que du nanar désopilant.

Critique de publiée le 15 juillet 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Des FX corrects
  • Une réalisation appliquée

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario grotesque
  • Adaptation pourrie du chef d’œuvre de Melville
  • Des dialogues poussifs
  • Des acteurs à la ramasse

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