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Critique du Film : Gwendoline
Gwendoline >

Critique du Film : Gwendoline

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 12 juillet 2011 à 1732

Vous ! La reine du royaume des connes !

Accompagnée de Beth, sa camériste, Gwendoline arrive, cachée dans une caisse, dans un port franc chinois, cliché du Macao des années 40. Découverte par des voyous, elle est amenée de force dans un bouge et présentée au tenancier - l’habituel chinois pervers et cupide - et ses assistants, un émule de Bruce Lee et un nain débile. Gwendoline est dans une mauvaise posture, car le boss de cette maison de jeu ne compte pas encore une jolie blonde dans son personnel. Soudain, une fenêtre explose et pénètre dans la pièce un aventurier au sourire Pepsodent, coiffé d’une casquette de marin. Bon bagarreur, le séduisant Willard n’a aucun mal à se débarrasser des dangereux malfrats mais, par contre, Gwendoline va se montrer nettement plus coriace. La jeune femme pense enfin avoir trouver l’homme qui pourra l’aider à retrouver son père, disparu dans la contrée sauvage de Yik Yak alors qu’il chassait le papillon. Commence alors une grande aventure…


En 1983, Just Jaeckin, devenu célèbre pour ses films érotiques Emmanuelle et Histoire d’O, se lance dans la production du plus ambitieux film jamais tourné en France. Ancien photographe, symbole d’une vieille mouvance érotique gentiment provocatrice (depuis complètement démodée), le cinéaste cultive un esprit artistique libertin complètement dépassé, pour ne pas dire ringard. Alors que les radios libres donnent naissance à une nouvelle liberté d’expression, que Canal + s’apprête à diffuser des films pornographiques, Just Jaeckin propose toujours son érotisme de papier glacé, qui renvoie au puritanisme hypocrite du pompidolisme. Gwendoline, œuvre totalement maîtrisée par Just Jaeckin, subit donc de plein fouet cette manière complètement datée d’aborder l’érotisme, et c’est ce qui contribuera certainement le plus à son bide au box office (et la fin de la carrière de son réalisateur).


Pour ce qui est du scénario, Gwendoline est le mélange de différentes composantes. La trame générale évoque L'Atlantide ou She, avec une société d’amazones vivant sous le dôme d’un volcan (que l’on ne verra jamais, soit dit en passant), dirigée par une reine autoritaire. On trouve également des éléments typiques du film d’aventure exotique. Quand les trois aventuriers remontent un fleuve, traversent la jungle et le désert, on pense à Tarzan, aux Mines du roi Salomon, mais aussi à leurs descendants bisseux et goreux; les films italiens de Joe D'Amato ou Ruggero Deodato. Evidemment, même si Just  Jaeckin nous propose une séquence de cannibalisme, la violence graphique qui y est présentée se situe bien loin de celles des films des cinéastes précités. Les avancées technologiques, l’extraction de diamant, évoquent Atlantis, Terre Engloutie. D’Arcy, le savant amoureux de la Reine, tire ses origines de la littérature pulp américaine. Bref, Gwendoline est un méli-mélo de diverses influences, rendues totalement inoffensives par le style aseptisé de Just Jaeckin.

Le personnage de Gwendoline est inspiré, lui, d’une vieille bande dessinée de bondage érotique de John Willie. C’est la jolie Tawny Kitaenqui s’est vu confié le rôle de la jeune héroïne. Force est de dire qu’elle joue comme une cruche. Remarquez, cela tombe plutôt bien puisque son personnage agit comme une gourde (si j’étais poli, je dirai ingénue). Elle forme avec u  très décontracté Brent Huff, qui incarne l’aventurier Willard (le cliché du macho cachant un grand cœur), le classique duo de futurs amants qui se chamaillent en permanence parce qu’ils ne veulent pas s’avouer leur attachement réciproque. Il est d’ailleurs amusant de signaler que ce couple fait vraiment penser (d’autant plus que l’histoire est assez ressemblante) à celui formé par Kathleen Turner et Michael Douglas dans A la poursuite du diamant vert, un film sorti dans les salles la même année que Gwendoline.

Le rendu final de Gwendoline est aussi ridicule visuellement que vide de substance, c’est un fait. Par contre, si l’on y porte une lecture au second degré (qui a dit dixième ?), le métrage de Just Jaeckin devient un spectacle vraiment très drôle. On dépasse à ce moment les simples effets des passages d’humour volontaire (qui fonctionnent assez bien, d’ailleurs) pour pénétrer dans l’univers désopilant du nanar friqué. Avec sa multitude de guerrières en string (les costumes sont l’œuvre des dessinateurs François Schuiten et Claude Renard, excusez du peu),  sa Bernadette Lafont en mère maquerelle castratrice habillée de baudruches au look persan, ses décors de carton-pâte et sa jungle de deux hectares, ses bastons molles cadrés au niveau des fesses (qui, elles, sont loin d’être molles), ses tirades potaches (« Nous sommes sur la bonne route ?», demande Gwendoline à Willard alors qu’ils crapahutent dans la jungle. « J’en sais rien, demande-lui » Willard montre du doigt un perroquet, « il est du coin »),  Gwendoline est au nanar ringard ce que Zardoz est au nanar hippie.

Quelques séquences, par leur démesure dans le domaine du nawak, méritent le coup d’œil. La course de chars, pompée sur celle de Ben Hur, menés par des attelages de nanas en strings, est digne de figurer dans un métrage de Mel Brooks. De là à dire que Just Jaeckin considère les femmes comme des juments... La séquence de baise dialoguée (du téléphone rose sans téléphone, en fait) atteint un niveau grotesque qui laisse sans voix.  Et que dire de ce processus de fabrication de diamants (une rudimentaire machine qui fait bloing-bloing), conçu sur un volcan qui n’est jamais vu, et mis au point par un scientifique (Jean Rougerie) aussi servile qu’obséquieux.  Reste enfin l’enrobage musical, avec une bande originale toujours signée Pierre Bachelet, dieu de la musique beauf.

La conclusion de

Gwendoline est une comédie d’aventure exotique assez efficace. Pour deux raisons. La première est que les éléments humoristiques de base fonctionnent assez bien. La deuxième est que le reste est tellement nul que, dans le registre du comique, cela en rajoute une couche. Au final, ce défilé de fesses et de jolis minois, plongé dans un univers exotique de carton-pâte, est, appréhendé au second degré, un spectacle très récréatif.

Que faut-il en retenir ?

  • Un humour qui fonctionne assez bien
  • Un nanar désopilant
  • Plein de jolies filles en string
  • Un regard assez marrant sur le cinéma de papa

Que faut-il oublier ?

  • Un style ringard
  • Un scénario peu accrocheur
  • Un aspect kitch qui peut déplaire
  • Des personnages ridicules
  • Une bande originale moisie

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