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Critique du Film : La Traque

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 23 juin 2011 à 12:41

Une belle mise en scène, mais un scénario creux...

Si les "survivals animaliers" font depuis longtemps les beaux jours du cinéma américain (dans ce qu'il a de plus noble, Les Dents de la Mer, comme dans des DTV bien plus honteux, Les Griffes de la forêt), le genre ne s'est pourtant jamais vraiment exporté dans l'Hexagone. Peut-être parce que le France n'est pas très bien fournie en bêbêtes sauvages, ou probablement parce que les spectateurs n'ont pas une vision "hostile" de leur territoire, les productions relevant de cette thématique ne sont finalement que très peu nombreuses. De fait, lorsqu'une série B animalière pointe le bout de son nez, on est forcément curieux de savoir ce que peut donner le résultat, partagé entre la crainte d'assister à un survival un peu trop franchouillard, et l'espoir de voir enfin débarquer un long-métrage solidement burné. La Traque, premier long-métrage d'Antoine Blossier, est à mi-chemin entre ces deux extrêmes, à savoir une série B efficace, mais qui ne sait malheureusement pas éviter tous les pièges.

Ces pièges, on peut presque tous les trouver dans un scénario très moyen qui, dans le fond, fait beaucoup penser au Razorback de Russell Mulcahy. Ainsi, dans La traque, un groupe de chasseurs se fait attaquer par une meute de sangliers rendus fous-furieux après avoir ingéré des substances toxiques. Déjà pas exceptionnel dès son point de départ, le script, assez fainéant, se contente de faire se succéder un certain nombre de séquences qui sont autant de passages obligés. On ne sera jamais vraiment surpris par le déroulé de La traque (sauf dans son épilogue assez astucieux), l'ordre des morts correspondant peu ou prou à la profondeur donnée aux divers personnages, ainsi, bien sur, qu'au degré de célébrité des comédiens qui les interprètent. Installé sur des rails inamovibles, le film souffre d'une vraie prévisiblité qui nuit à toute forme de véritable suspens. Et pourtant, étonnamment, en dépit de cela, on ne s'ennuie pas devant le film !

Pour tout amateur de réalisations astucieuses, La traque s'avère agréable à regarder car Antoine Blossier déploie énormément d'inventivité pour pousser les limites de son budget, et ainsi offrir une série B vraiment nerveuse. Plus influencé par Spielberg (qui cachait son requin) que par Mulcahy (qui montrait son sanglier), Blossier réussit le pari de faire un film de monstre... sans monstre ! En effet, le sanglier tueur de La traque n'est finalement caractérisé que par des feuilles qui bougent, des grognements (le travail sonore est remarquable) et un bout de museau animé. Jamais, dans le film, il n'y aura de plan de l'animal dans son intégralité, mais le spectateur aura pourtant l'impression de l'avoir vu (preuve que l'imagination est parfois plus efficace que des CGI bidons). Si ce parti pris ne fera clairement pas l'unanimité, avouons tout de même qu'au delà d'une déception purement formelle, cela n'a aucune incidence sur l'efficacité du film.

Parce qu'à défaut d'être véritablement angoissante, cette Traque a tout de même le mérite d'être vraiment divertissante. En effet, le film est raconté avec un sérieux qui chasse toute forme de second degré (optique qui aurait été aisée vu l'histoire du film) pour offrir au spectateur une série B efficace et honnête, qui a le mérite de ne jamais mentir sur la marchandise. Finalement, en dépit des retournements de situations que l'on avait vu venir à des kilomètres, ou des séquences convenues que l'on a déjà pu voir ailleurs, on se surprend assez rapidement à se prendre au jeu, et à accompagner bien volontiers ces chasseurs du dimanche jusqu'à leur dernière demeure. Impeccablement rythmé, le film, passé une séquence d'ouverture un poil longuette (parce que destinée à présenter des personnages possédant peu d'intérêt), enchaine péripéties, retournement de situations, et ce suffisamment vite pour qu'il se passe finalement toujours quelque chose à l'écran.

Au milieu de cette somme de bonnes choses, on pourra cependant trouver à redire sur deux aspects de La traque. D'une part, le fait que le film souffre d'une illisibilité génante lors de quelques séquences nocturnes (qui constituent la partie centrale du film) ; si la pénombre dans laquelle baigne toute la seconde partie permet de retranscrire avec une certaine justesse l'ambiance qui peut régner en forêt la nuit, le parti pris caméra à l'épaule/montage cut rend certaines scènes quelque peu indigestes (tant et si bien que l'on a parfois l'impression d'écouter la radio, ce qui, d'ailleurs, tend à démontrer une nouvelle fois l'exceptionnel travail de l'ingénieur son). D'autre part, en misant tout sur une pure efficacité formelle, Antoine Blossier a sacrifié une grande partie de l'aspect dramatique de son récit, aucune forme d'empathie ne passant jamais vis à vis de ce que peuvent subir ou ressentir les personnages (avouons, à ce niveau, qu'il n'était de toute façon pas très aidé par le scénario).

Enfin, il reste à préciser qu'une fois n'est pas coutume dans ce genre de production, devant la caméra, un casting de qualité donne vie aux personnages et permet de légèrement atténuer les faiblesses d'écriture. François Levantal, comme à l'accoutumée, livre une prestation impeccable dans un rôle de salaud qui lui va comme un gant ; face à lui, Grégoire Colin ne démérite pas non plus dans son rôle de boy-scout, imposant un jeu suffisamment convaincant pour réussir à aller au delà des limites inhérentes à son personnage. Dans un rôle plus secondaire, Bérénice Béjot est une nouvelle fois irréprochable, confirmant, si cela était encore nécessaire, qu'elle fait définitivement partie des valeurs sures du cinéma français. Finalement, voir un casting français se débattre aux prises avec un animal monstrueux, c'est possible et c'est crédible ! Vivement le prochain film !

60

Si La Traque est un film prisonnier de son histoire convenue et de son scénario prévisible, il n'en demeure pas moins être une série B efficace et divertissante. Derrière la caméra, Antoine Blossier parvient ainsi à captiver l'audience avec des grognements et des feuilles qui bougent, déployant énormément d'inventivité pour masquer le faible budget dont disposait le long-métrage. Le tout est agréable à regarder, et l'on pardonnera donc bien volontiers les défauts structurels dont souffre le film, tant le tout est poussé vers le haut par une équipe talentueuse visiblement décidée à offrir au public le meilleur spectacle possible.

Critique de publiée le 23 juin 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Mise en scène inventive,
  • Rythme correctement maintenu,
  • Travail sonore remarquable,
  • Casting de qualité,
  • Epilogue sympathique.

Que faut-il oublier ?

  • Histoire convenue,
  • Scénario prévisible,
  • Personnages stéréotypés,
  • Manque de force dramatique.

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