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Critique du Film : The Loved Ones

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 21 mars 2011 à 17:42

L’amour vache

Lola, une jeune lycéenne sans histoire, est amoureuse de Brent, un beau jeune homme au tempérament mélancolique. Malheureusement pour elle, cette attirance n'est pas réciproque, le bellâtre préférant entretenir une relation avec la blonde Holly (une sacrée salope!). La pauvre fille essuie même un humiliant camouflet quand Brent refuse (gentiment) d'être son cavalier au bal de fin d'année. Un peu plus tard, quand Lola surprend la couple en plein ébat, elle décide de faire de Brent l'invité d'honneur de l'une de ses petites soirées privées, celles qui se terminent souvent dans une cave obscure, avec du sang et des hurlements...

Un jeune garçon séquestré et torturé par une famille de barges. Mmouais, à la découverte de ce pitch, on peut raisonnablement penser que le scénario de The Loved Ones est loin de faire dans le renouvellement. Une manque d'originalité qui se voit d'ailleurs confirmé quand l'on découvre que le récit met en scène un énième personnage principal traumatisé (il se sent responsable de la mort de son père), un environnement adolescent (sexe, alcool et drogue) moult fois exploré, et une intrigue dont la minceur est masquée par une série d'événements pas vraiment désagréables à suivre mais n'ayant finalement que peu d'incidences sur le déroulement de l'histoire - force est de reconnaitre, en effet, que la mort dramatique du père de Brent et l'aventure "sexuelle" de Mia et Jamie (qui occupe une bonne partie du métrage) n'ont finalement que des influences mineures sur la trame principale et pourraient carrément être coupées sans que l'intrigue en soit pour autant moins crédible. Tout juste peut-on dire que ces évènements parallèles amènent un peu de relief aux personnages, en justifiant certains de leurs choix, et introduisent un niveau supplémentaire de lecture - avec quelques questionnements sur les problèmes adolescents. Un constat d'insuffisances diverses et variées, donc, qui pourrait nous laisser penser que The Loved Ones est un énième survival ennuyeux et bourré de clichés... tout en se demandant quelle mouche a bien pu piquer le public de Gerardmer qui, parait-il, a adoré le film.

En fait, la réussite de The Loved Ones - car réussite il y a! - se situe dans sa réalisation et sa mise en scène. En jouant habilement avec les codes du genre, en poussant dans leurs extrémités les différents aspects propres au film d'horreur, en prenant le spectateur à contre-pied avec de brusques changements de ton, Sean Byrne nous démontre que, bien racontée, même la plus banale des histoires peut se révéler surprenante et surtout passionnante à suivre. Ici, le cinéaste, usant d'une mise en scène dosant parfaitement démonstration et suggestion, bascule, souvent quand l'on s'y attend le moins, entre le teen spirit movie, le drame urbain, la comédie noire, le gore gonzo, le torture porn, tout en concentrant les courtes focales de ses caméras sur les faciès de ce père aux tendances incestueuses et cette fille dont la démence jure avec un visage candide. Un superbe exercice de style!

La vision de ce duo de fous dangereux, qui rappelle un peu, par leur joyeuse sauvagerie, les habitants de Pleasant Valley (2000 maniacs) est un spectacle extrêmement perturbant mais aussi très drôle, Sean Byrne relâchant la pression régulièrement via des séquences gaguesques, comme lorsque Lola tente de trépaner Brent avec une perceuse et qu'elle éprouve la pire difficulté à entamer l'os (voir son air dépité, suite à son échec, est un spectacle désopilant). Evidemment, cet aspect comique vise également à entretenir chez le spectateur une sensation de malaise, de plaisir coupable, qui est de plus attisée par les très réalistes hurlements de douleur de la victime. Ainsi, souvent, suivant l'influence d'une succession d'actes de plus en plus ignobles, notre hilarité se module lentement pour s'achever en une sorte de petit rire gêné. A ce titre, la séquence du repas, auquel est convié une mère lobotomisée, est extrêmement efficace dans le registre du malaise, chacun des aliénés voyant ses sentiments exacerbés à travers les regards et les gestes; le père qui regarde sa fille avec un mélange d'adoration et d'appétit sexuel; la fille dont l'attitude ordurière contraste avec son apparence de jeune vierge, la mère régurgitant son repas. A noter aussi que quand Sean Byrne fait dans le démonstratif, il va assez loin, ce qui ne manquera pas de plaire aux amateurs de gore. La dernière demi-heure est d'ailleurs extrêmement violente. Un déchainement cathartique, donc jouissif, mettant en scène la vengeance de Brent, qui ne fait pas dans la dentelle et qui s'achève sous la forme d'un gag extrêmement aussi drôle que cruel.

La réussite de The Loved Ones doit aussi beaucoup à la présence d'un casting très performant. Xavier Samuel (vu dans le troisième volet de Twilight) arrive sans problème à nous convaincre sous les traits de Brent, un jeune homme brisé par un sentiment de culpabilité et qui, confronté à l'horreur, va trouver en lui des ressources inespérés.  Dans le rôle du papa (daddy !), John Brumpton (qui incarnait déjà le père barjo dans Insane) nous offre le spectacle déstabilisant d'un homme à la fois pathétique, drôle et terrifiant. Cependant, malgré la qualité de leurs performances respectives, ces deux comédiens se voient un peu occultés par Robin McLeavy (une actrice très douée que l'on verra l'année prochaine dans l'adaptation du roman de Seth Grahame-Smith, Abraham Lincoln : Vampire Hunter ), absolument géniale dans le rôle de Lola, une folle furieuse increvable qui évoque un peu le personnage de May (dans le film éponyme réalisé par Lucky McKee), en nettement plus excessif. Enfin, pour finir, signalons également les jeux convaincants de Richard Wilson (Jamie) et Jessica McNamee (Mia), qui forment un assez amusant couple pour le moins peu harmonieux. Bref, que du bon.

70

Avec The Loved Ones, Sean Byrne nous démontre qu'avec de l'imagination et du savoir-faire, même la plus banale des histoires peut se révéler captivante. En effet, bien qu'il soit construit sur un thème maintes fois exploité et, qu'intrinsèquement, son scénario ne brille pas par une réelle originalité, le film s'avère être une belle réussite, principalement grâce à une réalisation qui détourne avec malice les codes du genre, une mise en scène qui s'amuse à prendre le spectateur à contre-pied et, élément à ne pas négliger, un casting très performant avec notamment une Robin McLeavy épatante.

Critique de publiée le 21 mars 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Excellente réalisation
  • Belle mise en scène
  • Habile utilisation des codes du genre
  • Un casting très convaincant

Que faut-il oublier ?

  • Un sujet peu original
  • Un scénario minimaliste

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