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Critique du Film d'animation : Animaux et Cie
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Critique du Film d'animation : Animaux et Cie

Avis critique rédigé par Bastien L. le lundi 28 février 2011 à 1643

Film d'animation et Cie

Critique de la version française en 2D

Livre pour enfant écrit par Eric Kästner (et paru en 1949), La Conférence des Animaux raconte comment les animaux réclamèrent des comptes aux hommes après les désastres de la seconde guerre mondiale. Animaux et Cie, son adaptation cinématographique, s'éloigne du message pacifiste de fraternité mondiale pour s'orienter vers une sorte de propagande écologiste, dans un film qui sent bon le pot-pourri, reprenant ce qui a été fait dans l'animation depuis ces dernières décennies.

Le film démarre dans la région Africaine du delta de l'Okavango, sorte de paradis terrestre pour de nombreuses espèces du fait de cette eau pure y arrivant en flots importants et continus. Mais un beau jour, cette eau se tarit, et Billy le suricate est bien embêté, car sa famille n'a plus de quoi boire... Alors que toutes les espèces de ce magnifique écosystème ne veulent rien tenter à cause de croyances quasiment religieuses, Billy et son ami le lion végétarien Socrate décident d'aller découvrir quelle est la raison de cette soudaine sécheresse. Et la réponse est forcément parce que ce malotru d'humain a fait construire un énorme barrage, pour créer un lac artificiel afin de faire classe sur la brochure d'un luxueux hôtel.

Parallèlement à cela, quelques animaux des différents continents décident, parfois malgré eux, d'émigrer. Débarque ainsi un ours polaire à la dérive à cause de la fonte des glaces, un couple de tortues de sept cent ans échappant à une marée noire, un kangourou et un diable de Tasmanie fuyant le bush australien en feu et, last but not least, un coq français fuyant le couteau d'un cuisinier de navire. Et par une incroyable facilité de scénario, tout ce beau monde va se retrouver près du barrage du delta de l'Okavango.

L'intérêt de ce métrage est donc de mettre en avant la coopération entre différentes espèces d'animaux face aux humains. Bon, si le début de l'histoire est quand même bien maladroitement mise en place, il faut avouer que cela parvient tout de même à fonctionner en de rares moments, notamment au travers du personnage du singe apprivoisé, plus porté sur le showbiz que sur les tribulations dans la savane. Cet affrontement entre animaux et humains révèle également quelques moments de bravoure, comme des poursuites dans l'hôtel et dans les tuyaux du barrage. Mais force est de constater que tout cela est gâché par une idéologie écologiste aussi subtile qu'un éléphant dans un sauna du club med.

Cela vient de la tendance à la flagellation de l'homme, car il ne fait que détruire la nature dans un style purement barbare. Ainsi la marée noire du début est due à des marins trop bourrés pour conduire leur bateau, le feu dans le bush à un biker bourrin et le barrage à un entrepreneur le construisant pour faire du tourisme écologiste... De même, les politiques sont présentés comme plus soucieux de leurs images que des questions environnementales. Et la seule personne se souciant des pauvres animaux et de la planète est une enfant que personne ne veut écouter. En clair, en se demande finalement à qui tous les bambins vont pouvoir s'identifier ?

Ce message aussi rabattu que peu réfléchi s'adresse certes aux plus jeunes, mais avouons qu'il y a des moyens plus intelligents de parler d'écologie dans un film d'animation (comme Wall-E a su parfaitement le faire). D'autant plus que ce message est ici au service d'une accumulation de scènes et de situations sans grandes originalité.


On sent que pendant la production, les deux réalisateurs allemands Holger Tappe et Reinhard Klooss (à qui l'on doit les deux épisodes des aventures d'Impy le dinosaure, qui sont déjà loin d'être des canons du genre) ont regardé beaucoup de films d'animation. Trop peut-être... En voyant le film, on ne peut qu'être interpellé par le nombre de déjà-vu qu'on recense du début à la fin. Ainsi on pense à Madagascar 2 pour son cadre et les associations improbables des héros, l'arrivée des animaux dans un monde d'humains renvoit aussi au sympathique Nos voisins, les hommes, beaucoup de mouvements de caméra et de lieux font aussi penser au Roi lion (notamment quand une file d'animaux se déplace vers le même point), le fameux diable de Tasmanie est par ailleurs aussi analphabète que caractériel en abordant un fier pelage foncé et se tenant sur ses deux pattes arrières... Ca ne vous rappelle rien ? (ce dernier a quand même l'originalité de lâcher des grosses caisses, écologiques bien sur, pour montrer quelconque émotion). "Référence" est donc ici un synonyme plutôt poli de "plagiat", permettant de proposer un produit formaté dans lequel on cherche désespérément une âme, histoire de sauver les meubles.

Cela aboutit donc à des gags qui font rarement sourire quand on a plus de dix ans... Et non content d'être graphiquement très proche d'autres films, la société française s'étant occupé du doublage en rajoute une couche avec le choix d'Elie Semoun pour doubler le brave Billy. Ainsi, le jeu de l'acteur est le même que quand il interprète le Sid de L'Âge de Glace, et l'impression se trouve complètement renforcée quand Billy se retrouve face à des rhinocéros qu'il traite plus ou moins de débiles... Dans le même ordre d'idée, Yves Locoq a été choisi pour doubler le coq... avec lequel il fait une très belle imitation de Jacques Chirac (personnage dont il est coutumier chez les Guignols). Au delà de ces deux erreurs de casting, les doubleurs s'en sortent malgré tout plutôt bien (Jaques Perrin doublant admirablement le lion Socrate, et les personnages secondaires sont parfois plutôt inspirés). La musique, quant à elle, est à l'image du métrage, à savoir un mélange de morceaux passe-partout et une musique originale aussi fade qu'oubliée dès la sortie de la salle.

D'un point de vu purement technique, le film n'est clairement pas ce qui se fait de mieux en images de synthèse, et a clairement quelques années de retard (notamment au niveau des fourrures d'animaux). Certes cette production allemande n'a pas les moyens d'un Pixar ou d'un Dreamworks, mais le vide scénaristique n'aide pas à surpasser ce retard technique. Il ne faut néanmoins pas exagérer, le film restant tout de même joli dans son ensemble (même si le peu de variété des décors empêche toute claque graphique), et réussit même à surprendre par sa gestion plutôt bluffante de l'eau. En fait, seule la toute dernière scène est aussi surprenante que spectaculaire, mais elle arrive malheureusement bien trop tard...

La conclusion de

Animaux et Cie fera surement rire quelques fois les enfants de moins de dix ans (et encore, s'ils sont peu habitués à ce genre de productions), mais il s'apparentera à un calvaire pour les adultes les accompagnant. Passez votre chemin car vous aurez déjà tout vu dans des films de meilleurs qualités, d'autant plus que le message écologiste au ras des pâquerettes est tout simplement insupportable.

Que faut-il en retenir ?

  • Parfois drôle pour les plus jeunes,
  • De jolis décors.

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario lourd dans son approche globale et faible dans ses enchaînements,
  • Trop de références ou de plagiats cachés,
  • Techniquement très en retard,
  • Les doublages d'Elie Semoun et Yves Lecoq.

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