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Critique du Film : Harpoon
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Critique du Film : Harpoon

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 4 février 2011 à 1437

Pas original, mais violent et drôle...

Dire que l'industrie cinématographique islandaise est pratiquement inexistante est vraiment un euphémisme ; pensez-vous, on aura dû attendre 2009 pour voir y débarquer un premier slasher... Etonnant, car ce genre de films, financièrement peu gourmands, aura fait le bonheur de nombreux producteurs de séries B (et Z...) un peu partout à travers le monde. La recette est à la fois indémodable et difficilement dépassable : un tueur, des innocents, un massacre, du sang, de la violence et un soupçon de nudité. Júlíus Kemp l'aura bien compris, reprenant les classiques qui ont marqué son enfance - et en premier lieu desquels on citera sans hésitation Massacre à la tronçonneuse - pour les transposer dans son Islande natale, avec ses somptueux paysages, sa mer, ses touristes, ses baleiniers et ses militants écolo. Le résultat final s'appelle Harpoon (Reykjavik Whale Watching Massacre en VO), et s'avère être un spectacle à la fois très con et très réjouissant.

Bien que Harpoon souffre d'un certain nombre de défauts structurels qui tendent à en faire un long-métrage aisément oubliable, il parvient donc à tirer son épingle du jeu grâce à au traitement appliqué par son réalisateur. Visiblement conscient des limites inhérentes au slasher, ainsi que de fait que certains grands noms du cinéma sont passés par là avant lui, il ne tente pas de réinventer le genre ou de se la jouer premier degré ; assez astucieusement, il parvient à éviter toute forme de comparaison en proposant un long-métrage respectueux des codes du genre (tueurs dégénérés, meurtres gratuits), mais se démarquant par son atmosphère baignant dans un humour noir assez réjouissant. De fait, si le film emprunte au genre aussi bien ses forces (meurtres violents, effets gore) que ses faiblesses (histoire alibi, personnages caricaturaux), il parvient à distancier sa concurrence grâce à son ton joyeusement outrancier et aux nombreux gags efficaces qui parsèment l'avancée de l'histoire.

Autant dire que Harpoon est un film joyeusement régressif, qui va chercher ses références dans les classiques du genre tout en s'en amusant (mais sans jamais s'en écarter). On y suit donc un groupe de touristes passablement débiles partis observer de la baleine, et qui vont se retrouver pourchassé par une famille de dégénérés bien décidés à les faire passer de vie à trepas, si possible dans d'attroces souffrances ; la parentée avec Massacre à la tronçonneuse est complètement assumée - d'où l'apparition clin d'oeil de Gunnar Hansen, devenu célèbre auprès des afficionnados grâce à son interprétation de Leatherface - et les leçons divulguées par les grands classiques ont été correctement assimilées : les meurtres sont violents, les effets gore sont globalement réussis (à quelques exceptions près tout de même), et le film se rythme du seul fait de sa structure scénaristique (les futures victimes sont divisées, et chaque groupe est poursuivit par un tueur différent).

A côté de cela, Júlíus Kemp introduit une bonne dose d'humour noir, parfois grinçant, qui permet au spectateur de ne pas être trop regardant sur les faiblesses du scénario. Entre les codes du genre qui sont ouvertement détournés et les gags parfois potaches qui sortent de nulle part (le final, notamment), force est de constater que l'on s'amuse beaucoup à regarder Harpoon. Le plus intéressant demeure tout de même la façon qu'a eu le réalisateur de se servir de l'actualité de son pays (la chasse à la baleine reste un point de développement économique de l'Islande, malgré toutes les polémiques qui y sont associées) pour glisser dans son long-métrage des gags politiquement incorrect (voir la scène où un gentil japonais se fait harponner). On retrouve beaucoup, à ce niveau, de la démarche de Tobe Hooper sur un cinéma d'horreur qui se voulait également être une critique sociale ; ce n'est certes pas très abouti, mais cela demeure suffisamment rare pour être mentionné.

Pour sa première réalisation, Júlíus Kemp ne s'en tire donc pas trop mal, et si sa réalisation ne transcende jamais les limites du genre, elle s'avère efficace sur de nombreux point, notamment en ce qui concerne la mise en scène des meurtres et le rythme donné au long-métrage (on sent bien, encore une fois, qu'il a vu et assimilé tous les classiques du genre). On pourra tout de même lui repprocher - en plus d'une fin totalement bordélique - de ne jamais parvenir à dépasser l'aspect humoristique de son film pour parvenir à installer une véritable ambiance marquante (alors même que les éléments de décor, visuellement bien conçus, se prêtaient totalement à cela). Les codes du slasher, s'ils sont respectés, donnent au film des limites trop flagrantes qui l'empêchent de vraiment se démarquer du reste de la production actuelle. Harpoon ne figurera donc pas au panthéon des oeuvres horrifiques marquantes, et ce en dépit de toute la bonne volonté du metteur en scène.

Ce sentiment est d'ailleurs confirmé par les très nombreux défauts dont souffre le script, et qui empêchent le film d'être autre chose qu'un spectacle bourrin joyeusement fun. Ainsi, le scénario, particulièrement long à se mettre en place, met en scène des personnages excessivement caricaturaux (le personnage du français par exemple, est aussi agaçant que complètement raté), qui plus est placés dans des situations trop grand guignolesques pour être véritablement crédibles. Par extension, la trame scénaristique est vraiment trop mince pour s'avérer être vraiment intéressante, se limitant à une banale justification vaguement xénophobe de la part des tueurs. Dommage, parce que sur ce scénario carencé, les acteurs s'en donnent à coeur joie dans leurs rôles respectifs ; ce faisant, ils contribuent à ancrer Harpoon dans son côté humoristique et décalé, et ce aux dépends de toute montée en puissance dramatique. C'était une façon de faire les choses, reconnaissons que ce n'était certainement pas la pire...

La conclusion de

Premier slasher de l'histoire du cinéma islandais, Harpoon est une série B horrifique qui a la bonne idée de ne jamais se prendre au sérieux. Ainsi, passé une mise en place un peu longuette, le long-métrage s'engage sur la voix de l'humour noir, tout en ne négligeant jamais ses effets gores. Le résultat final, s'il souffre d'une scénario à la fois bancal et trop classique, s'avère malgré tout être un spectacle plaisant, doté d'un capital sympathie indéniable.

Que faut-il en retenir ?

  • Un humour noir qui fonctionne parfaitement,
  • Des effets gores et violents,
  • Une mise en scène efficace (bien que classique),
  • Un casting qui s'amuse visiblement,
  • Politiquement incorrect sur un sujet délicat.

Que faut-il oublier ?

  • Long à commencer,
  • Une ambiance générale perfectible,
  • Des personnages caricaturaux,
  • Aucune originalité dans le traitement.

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