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Mutant Girls Squad >

Critique du Film : Mutant Girls Squad

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 24 janvier 2011 à 18:12

Charlie’s Angels façon Sushi Typhoon

 

Le jour de son seizième anniversaire, la douce Rin voit son avant-bras subir d'étranges mutations. Faisant part de ses inquiétudes à ses parents, elle apprend alors la stupéfiante vérité: Rin n'est pas une humaine mais la fille hybride d'un hilko, une espèce ancestrale apparue sur Terre bien avant celle des hommes. Traqués par les membres du gouvernement qui voient en leurs pouvoirs une menace pour la sécurité, les hilkos sont obligés de cacher leur véritable nature en se dissimulant au sein de la population. Une brigade spéciale, composés de samouraï spécialement équipés pour lutter contre les hilkos, est d'ailleurs sur le point de faire irruption dans la demeure de la famille de Rin...

Dans un pays où les productions télévisuelles se complaisent dans le drama sirupeux, le kawaï et le show TV débile, le studio Sushi Typhoon (filiale de Nikkatsu), par sa façon d'aborder le marché du V-Cinema, fait assurément office d'OVNI. En effet, comme le fit une certaine frange du cinéma bis américain au début des années 80, le studio a choisi de construire sa politique de production (et son succès) en adoptant une position se situant à l’opposée des tendances. Avec une écurie de réalisateurs et techniciens issus des milieux underground (et s’y étant construit une sacrée réputation), le studio s'est aujourd'hui construit une belle notoriété, prenant dans le cœur des amateurs de gore et de cinéma subversif une place de choix aux cotés du cinéma Z allemand et du cinéma gore américain. Evidemment, tous les films sortis des plateaux Sushi Typhoon - qui sont très souvent des œuvres rapidement bricolées et vite mises en boîte - ne sont pas à retenir, loin s'en faut, mais régulièrement, grâce au génie et à l'enthousiasme de ses artisans, la compagnie nous offre quelques petites perles de cinéma Z. Et, s'il ne fallait citer qu'un seul de ces artistes, cela serait surement Yoshihiro Nishimura.

Si Mutant Girls Squad est signé par trois réalisateurs (qui ont réalisé chacun trente minutes du film), il porte incontestablement très haut la marque de Yoshihiro Nishimura, à travers un résultat finalement très homogène. En effet, même si l'apport de Tak Sakaguchi et Noboru Iguchi ne peuvent être négligés (d'autant plus que le second est co-auteur du scénario), il est facile de retrouver dans cette œuvre le style du réalisateur de Tokyo Gore Police et Vampire Girl vs Frankenstein Girl à travers l'ambiance instaurée - complètement foutraque -, la virtuosité de la réalisation et l'inventivité dans le registre des effets spéciaux. Ainsi, on retrouve dans Mutant Girls Squad tous les éléments narratifs chers à Nishimura, avec un thème général qui récupère et marrie les composantes du cinéma cyberpunk des années 80 (Tetsuo), du théâtre kabuki, du grand guignol à la BrainDead et du sentaï - faisant de ses films des sortes de versions trash d'épisode de San-ku-kaï ou des Power Rangers - à travers une intrigue qui prône une nouvelle fois la tolérance et le respect des différences, dans un pays où uniformisation et mesure font offices de lois. A coté de cela, force est d'admettre que les cinémas de Noburo Iguchi et Yoshihiro Nishimura ne sont jamais aussi efficaces que quand les deux hommes travaillent de concert, les tendances pornographiques du premier se retrouvant lissées par l'usage d'une symbolique burlesque chère au second. Inversement, Noburo Iguchi apporte souvent à son compère, plus intéressé par les délires chorégraphiques que par l'entretien d'une ambiance dramatique, une certaine rigueur dans la réalisation des séquences posées - ce n'est hélas pas trop le cas ici.

C'est d'ailleurs cette insistance à mener toujours le même débat - et utiliser mêmes éléments, comme une jeune adolescente subissant des mutations - qui fait la principale faiblesse des films de Nishimura et Iguchi. Les deux hommes, à mener sans cesse le même combat, finissent souvent par tomber dans le piège de la redite, que ce soit dans le thème ou la structure narrative. Ainsi, avec Mutant Girls Squad, les cinéastes ne font que réitérer les arguments déjà entendus dans The Machine Girl ou Tokyo Gore Police (à savoir, une fable métaphorique sur une jeune fille en crise d'émancipation sociale et sexuelle). Autre problème: le film, qui ne s'attarde que très brièvement sur l'environnement familial et le passé des personnages, présente un intérêt dramatique très faible, pour ne pas dire quasi-inexistant. De plus, quand le scénario se hasarde à dresser le portrait de quelques protagonistes (comme les parents de Rin), c'est par l’intermédiaire de scènes dont l'impact est plombé par cet humour naïf, péché mignon du cinéma asiatique. Au final, de par son contenu, Mutant Girls Squad est une œuvre nettement moins intéressante que Vampire Girl vs Frankenstein Girl et l'on sent pertinemment que le scénario n'est qu'un prétexte à la mise en place d'un gros délire potache, un véritable feu d'artifice nawak. Par contre, pour ce qui est de sa forme, c'est une tout autre histoire.

Visuellement, Mutant Girls Squad est une tuerie! Bon, ne vous attendez pas à y admirer de magnifiques effets spéciaux numériques et de splendides images 3D, non, la richesse de ce film se situe dans l'inventivité conceptuelle, le sens du fun et de la cinégénie, que cela soit dans la mise en scène ou la réalisation. Nishimura est en effet le roi quand il s'agit de trouver le bon angle ou le bon mouvement de caméra, et de le transcender à travers un montage ultra-efficace - et les deux autres cinéastes, quoique moins doués, ne se positionnent pas trop loin derrière. En véritable virtuose de la reconstitution martiale, il parvient à transformer les gestuelles d'inoffensives lolitas en impressionnantes passes d'arme et pour ce faire, il use de tous les artifices (images numériques, superposition d'image, utilisation de poupées, prothèse en latex, etc.). Cette inventivité, on la retrouve aussi dans les maquillages et les effets spéciaux, fruit d'une imagination débordante, le tout étant appuyé par un extraordinaire sens du système D et l'usage d'une composition musicale complètement en décalage au regard des situations. Les maquillages ultra-cheap évoquent l'art de Screaming Mad George (par la multiplication des symboles lubriques et le gout pour le modelage des chairs) et, par l'aspect délirant et burlesque des prothèses en latex, révèlent l'amour du cinéaste pour le cinéma populaire japonais. Evidemment, le résultat à l'écran est très souvent grotesque, voire ridicule, mais Nishimura and co. ne prétendent pas nous faire peur ou nous impressionner, ils veulent juste nous amuser de leurs délires bien salaces. Au menu, entre autres joyeusetés ; un festival de décapitations ; une tronçonneuse sortant d'un postérieur ; des seins géants d'où jaillissent des gerbes de lait acide ; un boulangère massacrée et transformée en baguette géante ; un gigantesque sexe-langue et du sang, du sang, du sang, des hectolitres de sang...

Pour ce qui est de la distribution, on retrouve dans des rôles de soutien l'extraordinaire Asami (dans le rôle d'un assassin borgne, elle finira empalée sur un katana) et la non moins géniale Cay Izumi (elle interprète une hilko et de ses seins jaillissent des lames de sabre). Ces deux lolitas hystériques valent à elles seules le coup d'œil. Pour les rôles principaux, Nishismura, Iguchi et Sakaguchi ont cependant préféré opter pour des personnalités reconnues, à savoir des stars de la télévision nippone. Ainsi, les trois comédiennes qui se partagent le haut de l'affiche (Yumi Sugimoto, Suzuka Morita, Yûko Takayama) sont connus pour leurs interprétations dans des dramas populaires où des séries jeunesse. La plus connue est probablement Yumi Sugimoto, principalement parce qu’elle est celle qui incarne Miu Sutô (alias Go-on Silver) dans le sentaï de la Toei Engine Squadron Go-Onger. Toutes les trois sont très jolies et s'en sortent finalement pas mal du tout. A noter que les trois réalisateurs apparaissent dans le film à travers des petits rôles (le plus drôle étant Tak Sakaguchi sous les traits du travesti Kisaragi).

75

Amis du cinéma contemplatif et du film débat, passez votre chemin, Mutant Girls Squad, véritable feu d’artifice de n’importe quoi, n’est pas fait pour vous ! Par contre, si, comme moi, vous appréciez les crêpages de chignons entre jolies filles en tenue d’écolière (ou d’infirmière), si voir surgir une tronçonneuse du cul d’une lolita vous fait plier de rire et si la vision d’un homard colossal aux gros seins laiteux et au phallus géant vous remplit d’admiration, je vous conseille cette perle de V-Cinema, d’autant que ce spectacle est mis en scène avec une extraordinaire inventivité.

Critique de publiée le 24 janvier 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère fun
  • Un délire visuel
  • Des effets spéciaux inventifs
  • Une réalisation riche en figures de style
  • Un casting séduisant

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario alibi
  • Des passages posés poussifs

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