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Critique du film : Scott Pilgrim vs. the World [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 1 décembre 2010 à 15h15

Scott Pilgrim ou l’effet soufflé

Scott Pilgrim, jeune homme de vingt-trois ans est un peu honteux de sortir avec une lycéenne. Mais bon, comme l'affirme le dicton « faute de grive on mange des merles », il accepte avec philosophie de subir tous les jours les moqueries de ses amis. Cependant, en y regardant de plus près, Knives est bien plus une groupie qu'une petite amie. Car il faut savoir que Scott Pilgrim est musicien dans un (médiocre) groupe de rock garage. D'ailleurs, comme presque tous les musiciens, il est fauché, ne trouve que des emplois minables et vit en coloc avec un pote. Bref, une existence qui s'écoule sans (bonne) surprise, surtout depuis que son ancienne copine s'est barrée pour connaitre le succès à travers une carrière solo. Puis, un jour, Scott Pilgrim croise Ramona Victoria Flowers à la bibliothèque municipale...

Assez fidèlement adaptée d'une série de comics humoristiques (édités en France chez Milady Graphics), Scott Pilgrim versus the World est une comédie foutraque et survitaminée dont le concept n'est pas sans évoquer une réactualisation des films et séries jeunesse des années 80-90 comme Parker Lewis ne perd jamais ou La folle journée de Ferris Bueller. Confié à Edgar Wright, le scénario met en effet en scène la tranche de vie d'un jeune homme bien ancré dans son époque, qui est ici celle des jeux vidéo, du manga et du fantastique mis à toutes les sauces. Ainsi, dans Scott Pilgrim versus the World, le jeune héros va devoir surmonter plusieurs épreuves pour obtenir les faveurs de sa promise, à savoir affronter ses... sept ex-petits amis démoniaques !

Le récit se résume donc à une série d'affrontements reliés entre eux par une intrigue aussi linéaire que la ligne droite de Longchamp. Ce n'est donc pas dans la qualité d'écriture de ce parcours initiatique qu'il va falloir trouver la richesse du film d'Edgar Wright, mais plutôt dans le traitement, qui enchaine les gags référentiels et les combats chorégraphiés à la manière des « fighting games » de bornes d'arcade et consoles de jeux vidéo. L'humour, lui, est basé sur le principe de quiproquos et le comique de situation ; Scott Pilgrim qui tente d'échapper à une gamine un peu trop collante ; les gags relatifs à l'homosexualité de son colocataire ; l'introduction des ex-petits ami(e)s, etc. Cela fonctionne généralement assez bien, principalement grâce au talent de Michael Cera, dont le profil colle parfaitement à ce type de personnage, mélange de loser immature et de garçon dans le vent.

Les passages consacrés à l'action récoltent les fruits d'une réalisation ultra-chiadés, à l'esthétique pop excellemment bien rendue. Il est évident qu'Edgar Wright, techniquement parlant, a gagné son pari : en visionnant les combats de Scott Pilgrim contre les ex-petits amis de Ramona, l'on a vraiment l'impression d'assister au déroulé d'un niveau de fighting game ; arrêts sur image, effets sonore, décompte de point, récolte de « coins », tout ce qui fait l'identité de ce type de jeu depuis Street Fighter et Mortal Kombat est présent à l'écran. Les duels à la guitare bénéficient également des mêmes soins dans la mise en scène et les prises de vue, tout aussi inspiré par le cinéma HK. Malheureusement, la similitude pousse le zèle jusqu'à laisser apparaitre la même carence : un processus de redondance qui finit par entrainer la lassitude, d'autant plus qu'il ne s'agit pas là de jeu vidéo et que l'on aucune manette en main. Il aurait peut-être été judicieux d'amener une sorte de progression dans les principes de combat, comme un gain d'expérience et de nouveaux combos après chaque épreuve (niveau) pour hausser l'intérêt via un renouvellement des chorégraphies. Le comic book évitait ce problème grâce à un flux narratif plus densifié. Ici, au troisième combat, force est de reconnaitre que l'on peut trouver le temps long. Un phénomène d'usure qui finit par entrainer un film très agréable dans ses premières minutes sur la douloureuse voie de l'ennui.

Malgré cette grosse chute d'intérêt au fil du récit, Scott Pilgrim reste agréable à regarder par sa capacité à tenir la distance dans le débit de ses clins d'œil (celui du Jerry Senfield est génial) et la qualité de son irréprochable casting. En effet, si Michael Cera et Mary Elizabeth Winstead forment un mignon petit couple romantique, le reste de la distribution n'a rien à leur envier. On retient plus particulièrement Alison Pill, irrésistible de drôlerie dans la peau de Kim, batteur du groupe et ex-copine de Scott, et Kieran Culkin, qui interprète Wallace Wells, le colocataire homosexuel, avec une malice jubilatoire. Bref, si les performances des interprètes n'arrivent pas à faire oublier les méfaits d'un scénario aussi rustre qu'un vieux fighting game, elles parviennent à nous retenir devant l'écran, par leur fraicheur et leur enthousiasme.

  

La conclusion de à propos du Film : Scott Pilgrim vs. the World [2010]

Nicolas L.
60

« Portnawak » visuel destiné à une génération de vintage geek gamers, Scott Pilgrim vs the World est un spectacle enthousiasmant dans ses premières minutes avant de sombrer dans le produit ennuyeux, au fur et à mesure que l’intrigue dévoile sa vacuité. Edgar Wright, techniquement et esthétiquement parlant, a parfaitement réussi son entreprise, tout en oubliant que le cinéma, c’est aussi, et surtout, un scénario. Ainsi, à partir du milieu de métrage, victime de l’effet soufflé, l’intérêt du film ne repose plus que sur ses clins d’œil et ses références, heureusement nombreuses, et son atmosphère fun puisant dans une esthétique pop. Un peu décevant, tout de même.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation très performante
  • Une atmosphère fun, assez fidèle aux comic books
  • Un humour qui fonctionne souvent Un casting convaincant
  • Beaucoup de références et de clins d’œil

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario linéaire et vide d’intérêt
  • Subit un gros phénomène d’usure
  • Une audience très ciblée

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