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Critique du Film : Max et les maximonstres
Max et les maximonstres >

Critique du Film : Max et les maximonstres

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 23 novembre 2010 à 1059

Un long-métrage maladroit, mais pas inintéressant...

Même après deux premiers films remarqués - et remarquables - Dans la peau de John Malkovich et Adaptation, Spike Jonze n'a toujours pas réussi a imposer son talent aux yeux des spectateurs. Non pas que ses deux premiers long-métrages soient ratés, loin de là, mais il est difficile de bien dissocier ce qui y venait de lui de ce qui ressortait du travail de son scénariste, Charlie Kaufman. Ainsi, c'est plus grace à ses scénarios aussi ambitieux que fondamentalement originaux que Jonze a été encensé et porté aux nues par la presse, alors même que son travail de pure mise en scène restait formellement sujet à de nombreuses critiques (notamment sur ce côté bordelique assez mal maîtrisé). Son troisième long-métrage s'apparente donc à un baptème du feu pour ce réalisateur issu du milieu du clip, lequel, en ne reformant pas son binôme avec Kaufman, donne l'opportunité de bien voir ce qui ressortait de son travail de ce qui pouvait revenir à son scénariste dans ses précédents films.

Pour l'occasion, Spike Jonze s'est attaqué à un challenge de taille : adapter au cinéma un livre ayant bercé la petite enfance de nombreux bambins pendant plus de cinq décennies (et sur plusieurs continents) : Max et les Maximonstres. Le défi était bel et bien réel, car Max et les Maximonstres n'est pas un roman estampillé jeunesse, mais bien au contraire un livre pour les très jeunes (grosses images, textes très courts) ne possédant pas de quoi tirer plus qu'un court-métrage en adaptant très fidèlement. S'associant avec l'écrivain Dave Eggers (par ailleurs scénariste de Away We Go, de Sam Mendes), Spike Jonze a ainsi décidé de prendre ce qui faisait l'essence du livre pour construire une histoire différente possédant ses spécificités propres. Au final, si le film est adapté des écrits de Maurice Sendak, il n'en devient pas moins une oeuvre personnelle, artisitiquement très riche et s'inscrivant parfaitement dans la filmographie de son réalisateur.

C'est d'ailleurs principalement cette manière ambitieuse d'adapter le livre de Maurice Sendak qui fait le succès artistique du film. Loin de la mode qui sevit actuellement et qui veut que toute adaptation soit formellement identique au matériau de base, Jonze et Eggers ont écrit un script original qui s'appuie sur le postulat de départ du livre, en conserve l'esprit, mais s'en éloigne énormément dans son déroulé. Ainsi, de livre pour enfants, Max et les Maximonstres devient un film sur les enfants ; la différence est loin d'être anecdotique, car le long-métrage n'est absolument pas un spectacle à destination du plus jeune âge. Malgré son pitch et le matériau d'origine, nous sommes bien ici en face d'un film pour adultes au parti pris psychanalitique, très proche d'un voyage initiatique à la Alice au pays des merveilles, dans lequel la communauté des maximonstres va agir comme une représentation du subconscient de Max (le personnage de Carol étant même son double maximonstrueux).

Cela se ressent ainsi dans la conception visuelle du long-métrage, qui rappelera aux plus âgés les fantastiques marionnettes créées dans les années quatre-vingt par Jim Henson. On devine que Spike Jonze a mis dans ce film des morceaux de lui-même, ainsi qu'une manière bien personnelle de percevoir les mondes imaginaires des plus jeunes. Mais cet univers de quarantenaire, influencé par des films comme Dark Crystal ou Labyrinth, ne saurait être une représentation crédible de la psyché d'un enfant vivant à l'époque actuelle. Peu importe, finalement, car Jonze ne s'intéresse pas du tout à eux, mais s'adresse uniquement aux adultes (qui plus est ceux de sa génération) et leur proposant le parcours initiatique d'un enfant légèrement perturbé qui refuse de ne plus être le petit roi au sein de son foyer. Le tout sonne juste, s'avère vraiment bien construit, et se sert d'un univers aux apparences enfantine pour raconter une histoire sombre à la conclusion quelque peu cruelle.

Cela fait à la fois la force et la grande faiblesse du film, car Spike Jonze n'a même pas essayé de construire un film multigénérationnel s'adressant à de multiples publics. Tout dans ce film tend à le transformer en oeuvre intello se coupant de tout le public enfantin. On peut facilement imaginer la déconvenue des producteurs à la vision du film qui, pensant produire un film familial (le budget alloué est de quatre-vingt dix millions de dollars tout de même), se sont trouvés devant un film sombre mettant en scène un enfant au profil psychologique complexe. Inutile, donc, de tenter de montrer ce film à vos enfants, ceux-ci ne pourront pas comprendre l'intérêt du scénario (il se dit même que certains enfants ont pleuré pendant les projections tests du film) qui leur restera définitivement hermétique au moins jusqu'à l'adolescence (et encore...). Si cela ne nuit pas aux qualité du film, cela démontre, encore une fois, l'influence néfaste des campagnes publicitaires qui ne savent pas vendre un film.

Ceci dit, au delà de ce parti-pris finalement intéressant, Max et les Maximonstres souffre de nombre de lacunes qui tendent à faire baisser son niveau qualitatif. Ainsi, si l'histoire racontée s'appuie sur des thématiques riches et finement traitées, le scénario souffre de grosses faiblesses dans sa construction formelle. La narration est ainsi cousue de fil blanc et ne laisse jamais planer le doute quant aux aventures vécues par Max ; à aucun moment, le spectateur ne peut se dire que ce qui est montré est bien réel - ce qui demeure logique avec le traitement volontairement psychanalitique de l'histoire - et sait, sans qu'aucun doute ne soit possible, qu'il ne s'agit là que de représentations mentales. Cela à une conséquence inévitable : comme on sait que tout repose sur l'épilogue, on se met à attendre sagement ce dernier sans vraiment se préoccuper de ce qui peut se passer à l'écran. Bien que la construction soit impeccable, les artifices ne prennent donc pas et provoquent, petit à petit, un désintérêt - et un déccrochage - du spectateur.

Cela est de plus renforcé par le fait que le film souffre d'un gros soucis de rythme. Là, on ne peut même plus parler de chute de rythme mais, plus généralement, d'une absence de rythme. Jamais des jeux d'enfants - construction d'un fort, bataille de boules de terre - n'auront parues si molles et si pataudes. Ce soucis, déjà présent dans les précédent films de Spike Jonze même si moins proéminent, est certainement voulu pour donner au film un petit côté contemplatif. Sauf que la contemplation ne prend jamais parce qu'il n'y a pas grand chose à y regarder. Au delà des maximonstres et de certains paysages (le désert, principalement), le film souffre d'un visuel vraiment cheap. On pourrait presque parler de dépouillage, et cela aurait été compréhensible - et acceptable - dans un film à petit budget, sauf que voilà, Max et les Maximonstres à quand même coûté quatre-vingt dix millions de dollars. D'où une question que l'on se pose souvent : dans quoi cet argent a t-il été investi ?

Enfin, reste tout de même à préciser que, malgré tout, on sent une réelle sincérité dans la mise en scène de Spike Jonze. S'il récupère tous les tics qu'il avait déjà dans ses précédents films (soucis de rythme, aspect bordélique que l'on sent mal maîtrisé), il livre une réalisation inspirée, pleine d'idées, qui, notamment, adopte une hauteur enfantine pour raconter l'histoire. Dans sa direction d'acteur, il réussit également parfaitement diriger Max Records dans un rôle pas facile ; âgé d'une douzaine d'année, celui-ci sait être aussi agaçant - surtout dans les premières scènes - que finalement attachant. Mais plus que tout cela, on sent dans chaque plan l'amour qu'il a pu porter à son long-métrage et à l'histoire qu'il voulait raconter ; cela a pour effet de beaucoup jouer sur l'indulgence du spectateur, et permet ainsi à Max et les Maximonstres, malgré sa qualité globalement très moyenne, de réussir à susciter un vrai capital sympathie.

La conclusion de

Max et les Maximonstres est une adaptation très intéressante du livre de Maurice Sendak, et ce dans la mesure où Spike Jonze à su s'éloigner du matériau de base tout en réussissant à en conserver l'esprit. Le film est donc une oeuvre à part entière, indépendante de son pendant littéraire, qui appartient réellement à son réalisateur, lequel à su l'intégrer dans son univers et y injecter des thématiques qui lui sont propres. Dommage, malheureusement, qu'au delà de cette qualité d'écriture, ainsi que d'un visuel rétro qui fera plaisir aux plus âgés, le long-métrage souffre d'énormes problèmes de rythme, ainsi que d'un scénario dont la structure, très faible, empêche que l'on s'intéresse réellement à ce qui est raconté.

Que faut-il en retenir ?

  • Une adaptation intelligente,
  • Des thématiques bien traitées,
  • Un aspect visuel bourré de charme,
  • Une mise en scène pleine de sincérité

Que faut-il oublier ?

  • De gros soucis de rythme,
  • Un scénario mal pensé,
  • Un film mal vendu,
  • Mais ils sont où les 90 millions de budget ?

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