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Critique du film : Jonah Hex [2011], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 8 octobre 2010 à 01h15

Il cause aux gens qui sont morts

Officier confédéré, Jonah Hex ne supporte plus de cautionner les crimes de guerre de son supérieur, le colonel Quentin Turnbull. Cette prise de conscience l'amène à être considéré par ses pairs comme un traitre ce qui l'oblige, dans un acte de défense, à tuer son meilleur ami, le fils de Turnbull. Fou de rage, le colonel fait alors exécuter toute la famille d'Hex, marque son visage au fer rouge et le laisse pour mort. Plus tard, agonissant sur sa croix, Jonah Hex est trouvé par des indiens qui, usant de chamanisme, arrivent à la ramener à la vie. Mais de son voyage au pays des morts, Jonah a rapporté un don (ou une malédiction, c'est selon): le pouvoir d'entrer en contact avec les défunts - qui ont parfois d'intéressantes choses à raconter. Désormais chasseur de primes au visage horriblement brulé, Jonah Hex parcourt la nouvelle Union, le coeur avide de vengeance...

Jonah Hex, personnage d'un comic book édité par DC, évoque grandement Josey Wales, le héros d'un film éponyme de Clint Eastwood dans lequel un sudiste voit ses proches exterminés par des bushwhackers. Si leurs histoires diffèrent, elles présentent toutes les deux le même type de héros mentalement nécrosé et en crise obsessionnelle. Hex ne poursuit qu'un seul but : tuer Turnbull. Apprendre que cet être honni a succombé dans un incendie, qu'il ne peut assouvir sa vengeance, fait office de deuxième trauma. Privé de sa raison de vivre, Hex devient alors un homme plus mort que vivant, sans aucune attache, qui n'existe que par obligation, et qui tente de se donner un objectif (la chasse aux hors-la-loi) que pour éviter de basculer définitivement dans la folie.

Puis, un jour, un officier fédéral lui apprend que celui qu'il croyait mort est bel et bien vivant. Pire, il est même devenu un criminel, un dangereux mégalomane qui rêve de détruire les Etats-Unis pour se construire un empire. L'occasion rêvée, pour Jonah Hex, de se remettre à vivre, et d'accomplir sa vengeance...

Le scénario de Jonah Hex repose sur un brassage d'éléments westerns et pulps - le colonel Turnbull évoque le docteur Loveless des Mystères de l'Ouest, l'aspect western fantastique rappelle le premier tome de La Tour Sombre et le tout baigne dans une atmosphère western spaghetti avec ses cowboys crades, ses routes poussiéreuses et ses saloons malfamés. Le problème est que sous cette cosmétique, il n'y a rien qu'un vide sidéral. Extrêmement linéaire, superficiel et prévisible, le script de Mark Neveldine et Brian Taylor nous amène d'un point A à un point B sans aucune surprise ni rebondissement, introduit des éléments fantastiques inexpliqués, et oublie de les développer (l'homme serpent) et se contente d'un climax vraiment trop tiède. Au final, si Jonah, principal protagonistes de l'intrigue, n'est pas inintéressant (même s'il est très archétypal), autour de lui, c'est un peu le néant tant les personnages secondaires sont mal exploités. C'était bien la peine de s'offrir Megan Fox, Michael Fassbender et John Malkovich si c'est pour les transformer en spectres... Du lard aux cochons.

La réalisation n'est guère plus inspirée. En effet, à aucun moment, le jeune Jimmy Hayward n'arrive à insuffler à son métrage la rage nécessaire pour rendre l'histoire efficace. Cela manque à la fois de virtuosité dans le placement des caméras, de pertinence dans les variations des valeurs de cadre et de dynamisme dans le montage. Hayward hésite en permanence entre Sergio Leone et Michael Bay, et à chaque fois il fait le mauvais choix. Ainsi, les séquences se voulant spectaculaires, comme l'attaque du train et l'affrontement dans le sous-marin, se montrent au mieux sympathiques alors que, avec un traitement plus adéquat, elles auraient être sacrément fun dans le domaine de l'action pulp. Même les compositions musicales musclées de Marco Beltrami et du groupe de métal Mastodon n'arrivent pas à donner de la puissance au métrage. A contrario, les passages dramatiques, qui devraient dégager une forte tension émotionnelle, sont aussi lisses que le crane de Telly Savalas. En fait, quand on y repense, il y avait vraiment matériau pour bien faire et accoucher d'un sacré film d'action, bourrin, «  ultra-testostéroné » et bien hargneux. A la condition de gratter où ça démange. Là, au contraire, on obtient un truc un fade.

Mais le plus étrange reste le choix de traitement. Par son thème et ses personnages, Jonah Hex est un récit très sombre, pessimiste, violent et finalement bien réac. Pensez donc, un mec défiguré causant aux cadavres et chassant des salopards dans un Ouest sans foi ni loi, ce n'est pas vraiment une histoire de Bisounours. Par conséquent, on était en droit d'attendre un rendu visuel glauque et sali, un truc riche en cojones pour générer une atmosphère reposant sur les piliers structurels de l'œuvre. Et bien, pas du tout! Non seulement le film de Jimmy Hayward est très sage graphiquement (aucun effet sanglant ne vient appuyer les morts violentes) mais il baigne de plus dans une photographie très colorée, presque impressionniste. Au final, ce sont donc les séquences les moins graves qui fonctionnent le mieux, comme lorsque Turnbull use de sa canonnière steampunk pour détruire un cuirassé yankee.

Pour ce qui est de la qualité d'interprétation, force est d'admettre que Josh Brolin s'en sort bien. Une mine patibulaire, une belle stature, une diction posée, bref, tout le nécessaire pour incarner le gros baroudeur de l'ouest que rien n'effraie. Le comédien confirme tout le bien que l'on pensait de lui. Pour les autres, difficile de juger tant ils passent devant la caméra tels des fantômes. Hayward n'arrive même pas à jouer du sex-appeal de Megan Fox qui n'est finalement attirante que sur l'affiche. Le pouvoir d'attraction de la belle n'est pas à remettre en cause (on s'en douterait...) mais c'est que le cinéaste, comme par excès de pudeur, ne la met pas du tour en valeur. Pourtant, quelques plans, par ci par là, démontrent que la jeune comédienne peut faire des malheurs dans le registre Hot Girls with Guns. Quand à John Malkovich, comme souvent, il cabotine comme un fou et, au lieu de le recadrer, on dirait que Jimmy Hayward a préféré limiter la durée de ses apparitions.

 

La conclusion de à propos du Film : Jonah Hex [2011]

Nicolas L.
40

Jonah Hex est un film creux. Quel intérêt de prendre des comédiens de talent pour ne rien leur offrir ? Franchement, j’ai vraiment du mal à croire qu’on puisse encore, à l’époque des Batman Begins et des Watchmen, écrire des scénarii aussi superficiels alors que le sujet prêtait à de nombreuses explorations (Mark Neveldine et Brian Taylor sont vraiment les pires scénaristes d’Hollywwod). Finalement, on est dans le même constat qu’avec The Ghost Rider, on passe rapidement sur des idées intéressantes (ici, le fait de pouvoir causer avec les morts, comme le Nécroscope) pour accoucher vite fait mal fait d’un navet vite expédié (environ 80 minutes) clinquant comme un chargement de verroterie.

Que faut-il en retenir ?

  • Un casting de qualité
  • Quelques plans réussis
  • L’idée de base
  • Les décors et les costumes

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation a coté de la plaque
  • Un scénario plein de vide
  • Un aspect policé étonnant

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