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Critique de la Bande Dessinée : Atomium-express

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 2 octobre 2010 à 14:23

Pin-up espionne, OVNI et Retro Futur

Imaginez que le crash de Roswell ait vraiment été lié à une intervention extra-terrestre. Imaginez que la zone 51 n'ait jamais existé, le président Truman ayant décidé d'annoncer publiquement la nature des faits. Imaginez que les soviétiques en aient fait tout autant concernant un incident similaire qui se serait produit en Sibérie. Imaginez donc, en conséquence, que tous les plus grands cerveaux du monde aient eu accès à cette technologie venue de l'espace. Le monde d'aujourd'hui en serait fortement différent.

Ces suppositions constituent le postulat de base du cycle Nico, fruit d'une alliance franco-belge, celle du scénariste Fred Duval et du dessinateur Philippe Berthet. Le scénario part également du principe que, peu importe le déroulement des évènements et la nature des divergences, si le cours de l'histoire peut s'infléchir un peu, il dépend essentiellement de la psychologie humaine, immuable et prévisible. Atomium-Express, premier tome du cycle, se déroule donc en 1966 dans une ambiance de guerre froide.

Vingt années se sont écoulées depuis que les gouvernements ont révélé au monde que les extra-terrestres ne sont pas que des chimères nées des esprits d'auteurs de science-fiction. Pourtant, ces fameux aliens, depuis 1947, personne ne les a jamais revus. La communauté scientifique s'est donc contentée de décortiquer ces épaves d'astronefs pour essayer de comprendre leur fonctionnement. Ils y sont parvenus en partie, ce qui a influencé la vie de leurs concitoyens.

Nico est donc une bande dessinée de science-fiction uchronique construite sur fond d'espionnage international. On y suit des jeunes agents de la CIA - la jolie et énergique Nico et le calme et réfléchi Dallas. L'un est envoyé en mission à Cuba, pour escorter miss America dans une visite protocolaire, la seconde se voit confié la tache de contacter l'un de leurs agents à Paris. Pour Nico, c'est une mission de routine, mais l'affaire prend une autre tournure quand la personnalité qu'elle était chargée d'enlever est assassinée et qu'on la prend pour la meurtrière. Devenue fugitive, ne désirant pas dévoiler sa couverture, Nico monte dans l'Atomium-express, direction Vienne...

Après une entame de dix-sept pages témoignant des deux crashs d'OVNI simultanés - ou l'on fait connaissance à Nico et Dallas qui, enfants, ont été témoins de l'incident de Roswell -, le scénariste Fred Duval nous emmène dans en 1966, dans un monde familier mais doté de petites touches uchroniques. Dans ce tome, il se concentre sur le personnage de Nico, une jeune fille adoptée par un responsable de la CIA. Nico ne sait rien sur ses véritables parents et, aidée par son père adoptif, elle est à la rechercher de sa mère naturelle. Une sous-intrigue (que l'on devine liée à la trame principale) qui rajoute une touche de mystère à une histoire déjà riche en questionnements, notamment sur la véritable nature de ces interventions extra-terrestres et sur le meurtre - sans mobile apparent - d'un homme d'affaire.

Fred Duval a l'excellente idée de n'introduire les éléments « forts » du récit que par petites touches. Que cela soit les aspects uchroniques, les indices concernant la mère de Nico, l'étrange comportement des agents russes, le mystérieux commanditaire du meurtre de Max Wonder et les petits clins d'œil historiques (Steve McQueen, Castro, les Beattles...), il n'en fait jamais des tonnes dans leur traitement. Le mélange entre les genres SF et espionnage se fait donc en douceur, sans effets de manche ni esbroufe. Et c'est ce qui rend son récit à la fois fluide et crédible et qui contribue à rendre l'héroïne Nico si sympathique.  Seul léger bémol, l'on a ici affaire à un premier tome, forts en passages de présentation obligés (même si le scénario arrive assez bien à les rendre rapides et attrayants), qui empêchent pour le moment le récit d'atteindre sa vitesse de croisière.

Mais Fred Duval dispose d'une autre arme pour rendre son récit passionnant : le dessinateur Philippe Berthet (bien assisté par le coloriste Hubert).  Avec son style vintage si particulier, le dessinateur nous propose encore une héroïne puisant dans la même veine que Pin-Up ou Poison Ivy, mais il le fait si bien (et pour une fois, il illustre un scénario digne de ce nom) ! Nico est un personnage qui est immédiatement attachant, sexy, mais absolument pas racoleur. Une efficacité qui repose sur l'élégance du trait de Berthet, dessinateur très doué pour planter un décor retro futur, capable de mélanger avec harmonie art-déco et véhicule antigrav sans user de fioriture, dans la plus pure tradition de la ligne claire classique.  On remarque d'ailleurs que le dessinateur est nettement plus à l'aise pour matérialiser des scènes calmes et posées (l'élégance de son trait prend alors toute sa mesure) que pour la description de séquences d'action, où son style se dilue quelque peu. 

90

Atomium-express est riche d’un scénario - mélangeant uchronie retro future et récit d’espionnage - excellemment troussé et d’un dessin vintage extrêmement séduisant. L’intrigue, premier tome oblige, n’a pas encore pris sa vitesse de croisière mais, riche de nombreux questionnements et petites mystères, elle s’annonce comme très prometteuse. Quand à l’héroïne, Nico , jeune espionne au passé mystérieux, il suffit de savoir que son créateur est celui de Pin-Up et Poison Ivy pour prendre conscience de son capital attractif.

Critique de publiée le 2 octobre 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario habilement troussé
  • Une intrigue captivante
  • Beaucoup de clins d’œil subtils
  • Une héroïne charismatique
  • Un dessin de grande qualité

Que faut-il oublier ?

  • Un album qui ne se satisfait pas à lui-même

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