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Le trésor perdu du Grand Canyon >

Critique du Téléfilm : Le trésor perdu du Grand Canyon

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 26 septembre 2010 à 18:15

Quand le serpent à plume est une vache ailée

Quand le ciel se couvre de nuages noirs, dans la vallée cachée du grand canyon (ou la grande vallée du canyon caché, c'est comme vous voulez), celle où est entreposé un trésor perdu, il se met à pleuvoir une grosse vache de métal ailée et sanguinaire. Un vilain monstre qui pose comme Burt Reynolds et crache des gros mollards verts sur la figure de ses victimes. Les gars du coin, tous membres d'une association œuvrant dans les concours cosplay bon marché (on y voit des mecs grimés en apaches, en mayas, en iroquois, j'ai même cru apercevoir un sumotori et un hobbit avec un bouclier!), tentent alors de calmer l'ire de la créature en lui offrant le cœur des gens de passage, au cours d'un cérémonial dirigé par un wasp déguisé en Tulsa Doom emplumé. Un effort bien inutile étant donné que ce bovin interdimentionnel - que cette communauté de fadas s'obstine à appeler Quetzacoalt - ne se contente pas de ce simple muscle vital mais bouffe ensuite tout le sacrifié! Un fois rassasié, le monstre repart dans son monde, abandonnant ses cultistes à leurs occupations, les principales étant de faire l'inventaire de leur inutile trésor et de fabriquer des saucissons d'âne poilus (qu'ils suspendent un peu partout de manière obscène) et des coiffures en plumes d'oiseau des îles synthétiques...

"Perrrsoune né révient jamé dé là-bas", déclare aux explorateurs un comédien peu doué essayant de se faire passer pour un paysan mexicain sorti d'un film de Sergio Leone. Shannen Doherty - qui commence à accuser sérieusement le poids des ans, on dirait une mamie Nova liftée - et ses amis, paumés dans ce saloon du sud-ouest des Etats-Unis, affichent alors une réelle perplexité. "Mais, monsieur, nous devons quand même y aller, mon papa y a disparu", pleurniche l'ex-star bombasse de Berverly Hills. On tergiverse, on marchande et, finalement, tout s'arrange. Le type finit même par accepter de leur servir de guide. Pas étonnant, tout le monde sait qu'un mexicain se laisse facilement convaincre quand on lui file cinquante dollars. Il tuerait même sa mère. C'est comme ça les mexicains.

Par contre, ce qu'ont oublié nos amis, c'est qu'un mexicain, c'est aussi vil qu'intéressé, et surtout vraiment très lâche. Donc, arrivés non loin de ce canyon si bien caché que tout le monde dans la région le connait, lui et son pote louche se font la malle, abandonnant dans le désert les pauvres voyageurs yankees. Hors de lui, l'un des aventuriers use de son revolver et tire deux fois... en l'air! Très impressionnant, on s'attend à ce qu'il lui tombe un vautour sur la tête, car il y a toujours des vautours qui tournent dans le ciel des déserts mexicains. Même pas.

Livrés alors à eux-mêmes, plus qu'empotés, les quatre explorateurs ne tardent pas à s'enliser dans des sables mouvants. Heureusement, surgit, tenant un parapluie en guise d'ombrelle, tel Marlon Brandoen grosse folle (cf L'ile du docteur Moreau), un Michael Shanks qui a décidemment du mal à se remettre de l'arrêt de Stargate SG-1. En fait, on sait qu'il se nomme Jacob Thain et qu'il est le collègue de Shannen Doherty. On l'apprend au début du film quand il refuse de la suivre, déclarant avoir autre chose à faire que de chercher une vallée perdue. Et le voilà qui apparait, d'un coup, comme ça, pof, dans le désert, avec un mulet, une corde et tout l'attirail du parfait aventurier... et sans l'aide d'aucun mexicain, lui!

Le groupe finit par arriver à l'entrée du canyon. En réalité, c'est plus une montagne qu'un canyon. Plutôt plate, d'ailleurs. Si j'étais quelqu'un de médisant, je dirai même une colline.  Bref, les héros retrouvent là l'un des membres de la précédente expédition (on découvre à ce moment que Shannen est très douée pour le softball) qui leur indique l'entrée d'une grotte dont le réseau de galeries mène à une vallée cachée. C'est dans ces cavernes que survient le premier effet gore (il y aura d'autre, aussi rigolos), avec la décapitation d'une tête en caoutchouc. Puis, arrivés dans la vallée, les aventuriers commencent par tous se cacher derrière un bambou, afin d'observer les mœurs étranges de ces citadins blafards et peu athlétiques grimés en terribles indigènes armés d'arcs et de battoirs à linge. Leur mission est désormais double, voire triple (car certains, comme Heydi la femme-champignon, persistant dans leurs méfaits, oublient que dans ce genre de série B, le crime ne paie jamais), la priorité étant de tenter de retrouver le père de Shannen (qui se nomme Susan Jordan dans le film) et dégoter la clé qui leur permettrait de quitter la vallée. Oui, car il faut savoir qu'une porte bloque l'accès aux grottes. Si à l'aller, il suffisait d'identifier le bon trou à boucher, au retour il faut être équipé d'une clé de pierre en forme de grosse galette Saint-Michel. Ainsi, prenant leur courage à deux mains, les aventuriers, après avoir détourné l'attention de deux gardes débiles, pénètrent dans le temple...

Shannen Doherty et Michael Shanks, tous deux has been aussi inspirés qu'un couple de tigres devant un plat de poireaux vinaigrette, sont les stars de ce téléfilm Syfy réalisé par Farhad Mann (le nullissime Le cobaye 2: Cyberspace, c'était lui le responsable !) qui pousse encore bien loin le bouchon dans le registre de la fumisterie. Il faut voir la séquence où, coincés dans le temple entre les "indigènes" (même les figurants hollywoodiens des vieux films de jungle des années 30 sont plus crédibles) et la créature, le couple se déclare mutuellement son amour. Pathétique, mais finalement guère plus que cette autre séquence intime où Shannen Doherty, aussi expressive qu'un poisson crevé, écoute les confidences humides de son père.
- Je me souviens quand tu étais petite, tu notais sur un cahier tout ce que tu trouvais."
- C'est parce que je voulais être comme toi, papa!"
- Je suis désolé, mais je ne me suis pas assez occupé de toi, je t'ai trop négligé. Je voulais que tu trouves ton propre chemin."
- Tu a réussi car je voulais faire la même chose que toi, et c'est le cas aujourd'hui!"
- Et tu es même devenu meilleur que ton père. Ecoute, Susan, je sens que je ne sortirai pas vivant d'ici. Promets-moi de tenter ta chance, de ne pas te retourner si l'occasion de fuir se présente!"
- Non, père, je ne t'abandonnerai jamais!"

Poignant, n'est-ce pas? Et que dire de ces dix horribles dernières minutes d'une "immense portée sentimentale" - au cours desquelles, portées par une ridicule musique sirupeuse, on nous ressert des séquences du film (parfois même au ralenti!) - qui n'existent que  pour étirer le film sur la durée standard des prime time de la chaine?

Bon, à coté de cela, Le truc perdu du canyon machin présente quelques petits passages divertissants qui en font un produit pas aussi calamiteux que d'autres productions Syfy (comme La creature de Sherwood ou Merlin et le livre des créatures). Ainsi, l'amateur d'effets spéciaux rigolos pourra s'amuser de la présence de quelques effets gore inattendus (dont le fameux cliché du cœur fraichement arraché battant encore dans la main du bourreau!) et d'une créature à la modélisation à la fois étrange et très cheap (J'ai vu mieux sur PS2, c'est dire...) et à l'animation tellement saccadée que l'on croirait que la bestiole est mécanique. Ensuite, appréhendée au dixième degré, la découverte de cet ensemble hétéroclite de figurants mal sapés sensés représentés les membres d'une tribu aztèque peut également se poser comme un spectacle désopilant. En fait, voir un blondinet sali au charbon, vêtu d'une couche-culotte en tissu et coiffé d'un improbable couvre-chef multicolore, peut, suivant l'humeur du moment (ou de son état d'ébriété), se révéler totalement hilarant ou extrêmement horripilant.

33

Deux comédiens accusant assez mal le poids des années qui tentent de donner un peu de panache à un scénario relativement inepte, cela ne nous offre pas, loin de là, un spectacle très réjouissant. Le Trésor Perdu du Grand Canyon est donc une œuvre médiocre qui n’est amusante que par intermittence, dans la plus pure tradition des téléfilms Syfy, série de métrages qui ne présente un intérêt que lorsqu’ils se laissent aller au délire potache, ce qui n’est pas le cas ici.

Critique de publiée le 26 septembre 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques plans amusants
  • Un peu de gore
  • Parfois involontairement drôle

Que faut-il oublier ?

  • Scénario incohérent
  • Décor et costumes cheap
  • Des comédiens absolument pas convaincants
  • Très mauvais effets spéciaux

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