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L'Apprenti Sorcier >

Critique du Film : L'Apprenti Sorcier

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 25 août 2010 à 14:29

Mou, ridicule et enfantin....

L'association entre la bien pensante firme Disney et le pétaradant producteur Jerry Bruckheimer aura accouché d'énormes succès commerciaux au box-office. Entre la saga Pirates des Caraïbes et les aventures de Benjamin Gates, il semble qu'une formule gagnante ait ainsi réussi à être trouvée : d'un côté des divertissements familiaux estampillés Disney à destination des plus jeunes, de l'autre des scènes d'action rythmées à la Bruckheimer propres à satisfaire la partie adulte de l'auditoire. Pour le lancement de cette nouvelle franchise, les deux parties se sont une nouvelle fois associées et ont repris ligne par ligne les ingrédients de cette formule qui a déjà fait ses preuves : histoire simple prétexte à une débauche d'effets spéciaux, scénario donnant une cadence rythmée en enchainant sans cesse de nouvelles péripéties, casting solide composé d'acteurs bankables et de comédiens appréciés des cinéphiles et morale sauve véhiculant les idées chères à Disney.

Ici, une nouvelle fois, le pitch du film n'a pas été créé ex nihilo. Ainsi, après le film tiré d'une attraction (La Malédiction du Black Pearl) et le clone totalement assumé d'Indiana Jones (Benjamin Gates), voici qu'est adapté en long-métrage l'un des segments du film d'animation Fantasia, lui-même déjà tiré d'un poème de Goethe. Pour étendre ces quelques minutes en un long-métrage de quatre-vingt dix minutes, une histoire plus ambitieuse a été créée, la séquence des balais ne devenant finalement qu'une scène parmi d'autres au sein d'un film racontant globalement tout autre chose. L'apprenti sorcier devient désormais un plagiat assumé d'Harry Potter, et en reprend un à un, presque scolairement, tous les éléments (la magie dans monde réel, des sorciers puissants qui s'affrontent, un élu prépubère qui va petit à petit gagner en puissance, une terrible nemesis prête à tout pour dominer le monde), en retirant cependant le côté pompeux pour le remplacer par un humour voulu décomplexé.

La bonne nouvelle, c'est que le résultat n'est pas inférieur à certains volets de la saga Harry Potter, la mauvaise, c'est que ce n'est malheureusement pas un gage de qualité. Nivellant comme à leur habitude vers le bas, Disney a ainsi pensé l'histoire racontée comme si l'ensemble du public qui irait voir L'apprenti sorcier allait avoir six ans (au mieux) ; plus que simple, le tout est franchement simpliste, de la piètre mythologie mise en place (qui sert de point de départ au film mais n'est jamais vraiment explicitée) au fameux entraînement de cet apprenti sorcier (qui, finalement, ne s'entraîne pas tant que ça, un paradoxe vu que l'idée est censée être au coeur du long-métrage) en passant par les rapports qui unissent les personnages (les gentils aiment, les méchants détestent). D'un point de vue formel, les péripéties s'enchainent à un rythme conséquent, sans qu'il n'y ait de véritable connecteur logique entre chaque scène autre que de beaux effets spéciaux et une ballade touristique de New York.

Au niveau du scénario, c'est à peu de chose près la même chose : tout doit être familial (entendez par là : tout doit être "niais"). Les personnages sont à peine construits (mais pourquoi les méchants veulent-ils détruire le monde ?), ils sont reliés les uns aux autres par des rapports binaires (amour/haine) et tout l'humour distillé au fil des scènes ne dépasse jamais les dix ans d'âge mental (oubliez le double niveau de lecture). Cela se ressent particulièrement dans les dialogues, qui doivent, spectacle familial oblige, être accessible à tous ; une nouvelle fois, dans "accessible", comprenez "enfantin", les divers personnages ayant la majeure partie du temps des dialogues digne d'une cours de récréation (alors même qu'ils sont âgés de plusieurs siècles). Tout cela donne à L'apprenti Sorcier un côté particulièrement ridicule, et l'on ne cesse de passer de la simple consternation à l'amusement moqueur au regard de ce qui est diffusé sur l'écran.

Si les faiblesses de l'histoire et du scénario ne sont pas terriblement surprenante - nous sommes dans un blockbuster Disney, on sait ce que l'on va voir depuis le temps - il est cependant plus étonnant de voir que la partie "Bruckheimer" du film ne réussit pas à relever le niveau. C'est en effet ce qui faisait le seul intérêt de la saga Benjamin Gates (dont les scénarios était à peu près du même niveau), à savoir des scènes d'action et d'aventure suffisamment explosives pour faire oublier toutes les carences scénaristiques. Malheureusement, force est de constater que Jon Turteltaub - qui n'est pas le plus nul de tous les yes-men - totalement à côté de la plaque, met en scène de manière très pauvre toutes les scènes d'actions qui émaillent L'apprenti Sorcier (soit soixante-dix pour cent du film). Les effets spéciaux sont mal exploités, certaines scènes sont trop épileptiques pour être lisibles (la poursuite en voiture) et d'autres sombrent le ridicule (le kamehameha du héros).

Que reste t-il, alors, pour sauver le film de la catastrophe ? Et bien d'une part les effets spéciaux numériques tiennent très correctement la route, et ne souffrent d'aucun aspect cheap (ce qui n'est malheureusement pas le cas des costumes et accessoires qui puent le plastique à plein nez). D'autre part, le casting du film tient correctement la route, et ce en dépit des pauvres dialogues qu'ils ont à se mettre sous la dent. Du côté des méchants, Alfred Molina campe un personnage fier et classieux qui semble souvent consterné par la bétise des autres personnages (à juste titre) et Toby Kebbel, dans le rôle d'un second couteau mégalomane, réussit à arracher de rares sourires aux spectateurs ; dans le camp des gentils, Nicolas Cage fait son Nicolas Cage, mais reste suffisamment sobre pour ne pas être exaspérant, et Jay Baruchel, certes agaçant, interprète malgré tout convenablement un personnage écrit pour être pénible. Quant à Monica Bellucci et Teresa Palmer, et bien, elles ne font malheureusement que de la figuration.

35

Blockbuster estival ciblant ouvertement le public familial, L'apprenti sorcier est un pur produit marketing bien ancré dans le formatage Disney. L'histoire racontée est donc juste suffisamment compliquée pour pouvoir être comprise dès six ans, les divers protagonistes s'affrontent dans des combats sans véritable violence et l'humour est suffisamment basique pour pouvoir être à la portée tous. Rien de terriblement surprenant jusque là, sauf que la partie "Bruckheimer" du film, censée offrir au tout un minimum de spectacle, est bien piètrement assurée par un Jon Turteltaub tout en molesse. Privé de véritables moments de bravoure et de scènes d'actions remarquables, il ne reste finalement plus à L'apprenti Sorcier qu'un script enchainant les péripéties à un rythme conséquent, suffisamment, du moins, pour que l'on ait pas le temps de se poser trop de questions. Vite vu, et tout aussi vite oublié...

Critique de publiée le 25 août 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Des comédiens qui tiennent la route,
  • Effets spéciaux de qualité.

Que faut-il oublier ?

  • Histoire simple, donc simpliste,
  • Scénario familial, donc niais,
  • Dialogues accessibles, donc enfantins,
  • Mise en scène complètement atone.

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