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Critique du Film : The Thaw
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Critique du Film : The Thaw

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 10 juin 2010 à 1628

Vermine préhistorique pour terroristes écolos

En compagnie de trois étudiants, Evelyn Kruipen rejoint son père, un imminent scientifique et féroce militant écologiste, dans la base arctique où il étudie la fonte de la calotte polaire. Arrivés sur la place, les jeunes gens découvrent la station déserte et privée d'électricité. Dans le laboratoire git un ours blanc en état de décomposition avancée...

Quand il s'agit de thriller horrifique se déroulant dans un environnement polaire, il est difficile de ne pas penser immédiatement à The Thing, tant le film de John Carpenter (fameux remake d'une série B des années 50) a frappé l'imaginaire de toute une génération de cinéphiles. Nombre de films qui lui ont succédé ont d'ailleurs souffert de la comparaison et The Thaw (litt. Le dégel) ne fait pas exception à la règle même si, de par la présence d'une menace "virale", ce métrage se rapproche plus de Projet Arctique, septième épisode de la saison 1 de X-Files.

A coté de cela, partant du postulat que notre attitude irrespectueuse vis-à-vis de l'environnement sera notre perte, Mark A. Lewis remet aussi au gout du jour les vieilles séries B des années 50-60 dans lesquels les expériences nucléaires ranimaient d'irascibles vieilles créatures antédiluviennes endormies. Donc, en visionnant ce film, l'on pense à Godzilla surgissant des abysses bien sur, mais encore plus à La Chose surgit des ténèbres, un film de Nathan Juran dans lequel une gigantesque mante religieuse prisonnière d'un iceberg se voit libérée des glaces par les conséquences d'une expérience militaire. Par contre, pour ce qui est de l'apparence des créatures, le facteur horrifique à la mode étant actuellement vermine et pandémie, les scénaristes de The Thaw ont préféré diminuer la taille de la menace, tout en augmentant son nombre.

Comme nombre d'illuminés des fifties voyaient dans les monstres géants et les aliens belliqueux l'expression de la colère divine, le docteur Kruipen interprète l'apparition des redoutables parasites vertébrés de The Thaw comme une punition salvatrice et une opportunité, un bon moyen pour que l'humanité prenne conscience qu'elle va droit dans le mur. Des vertébrés préhistoriques, parasitant le corps d'un mammouth pris dans les glaces, qui, suite au réchauffement climatique, se retrouvent libérés de leur prison de gel. Comme dans Eclosion, la sympathique série B d'Ellory Elkayem, ces bestioles - au tempérament très vorace - s'introduisent dans les corps humains, en s'y glissant par de petites incisions, pour y pondre leurs œufs. Si ce modus operanti est parfaitement crédible (et souvent récupéré dans les films de SF horrifiques) puisque correspondant à celui de bon nombre de parasites existants, le scénario présente quand même de sacrées incohérences. On pourrait parler de la période de gestation des œufs, très variable en fonction des exigences dramatiques de l'intrigue, et surtout de la puissance des créatures. En effet, quand l'on voit leur vitesse de prolifération et leur voracité, l'on se demande comment elles ont pu être une composante de l'écosystème d'un pléistocène viable.

Le script se penche essentiellement à suivre les agissements des nouveaux arrivants qui sont les étudiants, un pilote d'hélicoptère et la jeune Evelyn. Hors, contrairement à ce que l'on était en droit d’attendre, c'est la jeune femme qui va prendre rapidement les choses en main (les trois mecs apparaissent comme complètement débordés par la situation). On est encore plus étonné par le manque de prudence affiché par les jeunes gens, même lorsqu'ils prennent conscience que la station est infectée par un mal inconnu. En effet, bien qu'ils soient des "apprenti-scientifiques" et que tout un matériel stérile soit à leur disposition, ils ne prennent aucune précaution particulière quand ils manipulent les corps infectés (surtout, ils ne pensent pas à les brûler) et l'on a même droit à une scène ahurissante où Evelyn (qui décidemment, n'a peur de rien!) tente de faire du bouche à bouche à une malade pourrissante s'étouffant dans ses vomissures! Enfin, les scénaristes se sont sentis obligés de céder au gros cliché en introduisant dans le récit un personnage souffrant d'entomophobie, histoire de glisser un individu peu fiable et dangereux pour lui-même et son entourage (surtout que ses compagnons ne pensent pas une fois à lui confisquer son fusil!). Enfin, même si Val Kilmer, qui interprète le docteur Kruipen, se situe en tête d'affiche, son personnage se positionne très en retrait. On le voit un peu au début du film et lors d'un dramatique dénouement.

Techniquement, le film se place dans une bonne moyenne. La photographie ne bénéficie pas des magnifiques décors enneigés attendus (l'action se déroule l'été, avec un paysage composé principalement de toundra) mais elle utilise bien la belle luminosité de l'ouest canadien (les tournages extérieurs ont eu lieu dans la région de Williams Lake, en Colombie Britannique) pour nous offrir un environnement exotique. Les séquences intérieures dégagent une atmosphère glauque et oppressante mais restent toujours parfaitement lisibles. Seule la réalisation manque un peu de rythme et de force, principalement en raison d'un montage sans ressort et de prises de vue chiches en subjectivité. Les effets spéciaux, presque exclusivement réalisés en CGI, sont de facture correcte, avec des plans parfois bien crades (notamment une très réussie amputation qui évoque un peu celle de Splinter, en moins drôle).

Pour ce qui est du casting, pas grand chose à reprocher. Val Kilmer, seul comédien de grande renommée à figurer dans la distribution, n'y joue qu'un rôle de soutien. On a cependant le plaisir de le revoir en meilleure forme. Amaigri, il a retrouvé une partie de ce charisme qui a fait jadis son succès et ses courtes apparitions dégagent vraiment quelque chose. Le rôle le plus travaillé, celui de sa fille, est interprété par Martha MacIsaac, une jeune femme de 26 ans aux traits juvéniles. La comédienne s'en sort assez bien dans une performance où elle doit faire montre de force de caractère sans tomber dans le registre chipie ou « garçon manqué ». Les autres personnages, vraiment trop caricaturaux et grossièrement dessinés, ne permettent pas à leurs interprètes de briller. On note juste la sympathique performance de Liv Leacock, dans le rôle d'un pilote d'hélicoptère black.

La conclusion de

Réalisé par un inconnu, ou presque (Mark A. Lewis), mettant en vedette un acteur que beaucoup considèrent comme un peu has been (Val Kilmer), The Thaw fait partie de ces métrages que l'on visionne sans grande espérance et qui, au final, s'avère beaucoup moins mauvais que l'on aurait pu le penser. Techniquement satisfaisant, mis en valeur par des comédiens faisant correctement leur boulot, doté d'un scénario peu original mais agréable à suivre, The Thaw remplit tout à fait son contrat, celui de nous divertir, faisant là bien mieux que bon nombre de productions plus ambitieuses.

Que faut-il en retenir ?

  • Une ambiance assez bien rendue
  • Des FX corrects
  • Un scénario divertissant
  • Un casting appliqué

Que faut-il oublier ?

  • Une intrigue peu originale
  • Des clichés
  • Peu de personnages forts
  • Des chutes de rythme

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