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Critique du Film : Moon
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Critique du Film : Moon

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 18 décembre 2009 à 1622

Astronaute en CDD

Sam est ce que l’on pourrait appeler un C.D.D. – un clone a durée déterminée. Son contrat est de trois années, au bout desquelles il est remplacé par un autre Sam, psychologiquement et physiquement neufs. Mais cela, Sam ne le sait pas, il n’a même pas connaissance de sa nature synthétique. Sur la Lune, avec pour seules compagnies une I.A. servile et quelques plantes d’agrément, il s’occupe de la maintenance des moissonneuses, des engins d’extraction chargée de récupérer des matières énergétiques pour le marché terrien. Tout va se compliquer, quand, à la suite d’un accident, Sam est considéré comme perdu et qu’est mis en fonction un nouveau clone. Mais Sam n’est pas mort…

Réalisé par Duncan Jones, Moon est un film de SF introspective réunissant avec habileté quantité d’éléments rencontrés précédemment dans d’autres œuvres. On y trouve ainsi une réflexion sur l’absence identitaire, sur la solitude, mais aussi sur la notion de libre arbitre, le tout enrobé dans une intrigue privilégiant manipulation et mascarade. Moon, c’est donc une sorte de mélange des thématiques de Blade Runner, The Truman Show et Silent Running avec un écrémage final qui n’en aurait gardé que le plus délectable pour aboutir à un script de grande qualité.

Duncan Jones a choisi de nous fournir les clés de l’intrigue que progressivement, au fur et à mesure que Sam découvre qu’il n’est pas tout à fait celui (ce ?) qu’il croyait être. On assiste ainsi à l’explosion de son environnement affectif quand il se rend compte que sa cellule familiale qui l’attend sur Terre n’est qu’utopie, et on est à ses cotés quand son « remplaçant » prend progressivement le contrôle de la station, le privant de ses  tâches et, par là même, de sa raison d’exister. Puis, on l’accompagne, lui, le clone fataliste, aussi remplaçable qu’un rasoir jetable, dans sa lente agonie – une biodégradation accélérée et sanglante (après tout, pourquoi mettre des gants avec un être artificiel ?).

Evidemment, dans un film comme Moon, qui place un « être humain » dans une situation de rat de laboratoire en étude de comportement, la qualité de l’interprétation se trouve être l’un des principaux facteurs de réussite. Le cinéaste, pleinement conscient du fait, s’est donc tourné vers un comédien à la fois expérimenté, versatile et expressif : Sam Rockwell. Et force est de reconnaître que Duncan Jones a eu le nez fin ! L’acteur, sans en faire des tonnes, parvient sans problème à surmonter le défi qui lui était posé : à savoir porter le film sur ses épaules. Car rares sont les plans où ne figurent pas le comédien … et il y est même parfois en plusieurs exemplaires ! Sa performance, qui met à jour plusieurs de facettes de son jeu (les deux clones, l’un vieux, l’autre neuf, n’ont des comportements différents, voire opposés) est en tout point remarquable. On bascule d’un personnage à un autre sans se rendre compte qu’il s’agit du même individu, du moins dans son apparence. D’ailleurs, l’idée « d’humaniser » les clones et de leur attribuer une personnalité spécifique facilite grandement la naissance d’un sentiment de compassion envers ces « esclaves du futur ».

Au niveau de la réalisation, cinéma intimiste oblige, Duncan Jones évite le spectaculaire. Son film est donc exceptionnellement sobre tout en étant parfaitement maitrisé et crédible, que cela soit dans la mise en scène, les décors, musique (omniprésente mais discrète) et les éclairages. Les paysages lunaires sont donc très bien ressentis, tous comme les intérieurs de la base, fonctionnels et sobrement meublés. Dans Moon, le mot d’ordre de Duncan Jones était sobriété = efficacité. L’humour n’est également pas absent dans ce film en apparence extrêmement pessimiste (un pessimisme mis à mal lors du dénouement). L’aspect ludique apparaît principalement lors des interventions de GERTY, l’I.A dont l’humour du moment se voit traduite par un smiley numérisé sur son écran de contrôle. Farceur, Duncan Jones utilise GERTY pour jouer avec les aprioris cinéphiliques des spectateurs à travers un profil psychologique surprenant, véritable pied-de-nez à tous ces descendants froids ou psychotiques de HAL, l’ordinateur assassin de 2001, l'odyssée de l'espace. Et je dois avouer que je me suis fait avoir. Pour mon plus grand plaisir.

La conclusion de

Pour son premier long métrage, Duncan Jones fait très fort. Avec Moon, il nous offre là un film de SF intelligent, poétique, mélancolique et captivant. Avec, dans le rôle principal, un Sam Rockwell superbe dans une interprétation à multiples facettes et qui confirme ici tout le bien que je pensais de lui. A voir de toute urgence !

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario riche et captivant
  • L’interprétation exemplaire de Sam Rockwell
  • Une ambiance mélancolique bien rendue
  • Une réalisation sobre et efficace

Que faut-il oublier ?

  • Une fin trop « optimiste » ?

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