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Critique du Film : The Box
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Critique du Film : The Box

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 14 novembre 2009 à 1706

Pas totalement raté, mais terriblement décevant...

Richard Kelly, c'est avant tout autre chose le scénariste/réalisateur du brillant Donnie Darko, une première oeuvre exceptionnelle, niveau scénario et mise en scène, encensée tant par le public que par les critiques et s'imposant presque instantanément comme un film culte. Mais Richard Kelly est un également un geek accompli adepte de l'autosatisfaction, un artiste sans aucune modestie persuadé d'être absolument génial ; au vu de ses deux premiers films, difficile jusqu'ici de le contredire tant ces traits de caractères jouaient assez clairement en faveur de ses longs-métrages, les élevant bien au delà de leur postulat de base. Néanmoins, en adaptant la nouvelle simple, presque simpliste, de Richard Matheson, Richard Kelly s'est pour une fois heurté aux limites de sa personnalité, plombant une histoire avant tout profondément humaine en tentant de l'inscrire dans un contexte à la fois pédant et moralisateur.

Le potentiel était pourtant bien présent, et la façon dont Kelly a transfiguré la nouvelle de base - six pages - en objet cinématographique - deux heures - est tout simplement étonnant. The box n'est ainsi a aucun moment ce qu'il devrait être, voire ce que les bandes-annonces laissaient sous-entendre qu'il était ; au contraire, loin du petit film fantastique intimiste qui aurait logiquement dû être extrait de l'écrit de Matheson, Richard Kelly livre ici un pur film de science-fiction, véritable fourre-tout dans lequel le geek qui sommeille en lui a mis un peu tout ce qu'il aimait. Un processus qui rappelle furieusement le critiquable Doomsday de Neil Marshall, dont le script de The Box, bien qu'en tout point supérieur, reprend la même principale faute de goût en sacrifiant le fond à la forme.

C'est ainsi que The Box, bien qu'étonnant parce qu'en dehors des sentiers battus, est une sorte de catalyseur dans lequel on retrouve pêle-mêle toutes les thématiques et figures récurrentes des oeuvres Richard Kelly ; encore une fois, le film tourne autour de la fin du monde, de la notion de sacrifice destiné à empêcher ce cataclysme, du fait de pouvoir, ou non, échapper à sa destinée, une nouvelle fois, il y est question de portes dimensionnelles, de la portée symbolique de l'élément eau, de manuels de physique explicative. Ce fut original dans Donnie Darko, c'était judicieusement réexploité dans Southland Tales, ça commence à sentir le moisi dans The box. Conséquence, on ressort du film en se demandant si, au bout du compte, Richard Kelly n'a pas déjà fait le tour de tout ce qu'il avait à dire, tout en se faisant la reflexion que ce qu'il raconte n'est de toute façon peut-être pas si intéressant que ça.

De plus, en retirant toute dimension intimiste à cette histoire et en inscrivant son scénario dans un contexte mondial, Kelly expulse presque volontairement le spectateur hors de son film. Parce que le conflit moral des deux protagonistes principaux est traité comme un point de détail du scénario - à raison, c'est un point de détail de l'histoire, l'important étant juste qu'ils appuient sur le bouton ! - impossible de s'identifier à ces héros psychologiquement très lisses. Le film y gagne en désintérêt et, de fait, perd énormément en rythme, les passages censés être dramatiques n'aboutissant que trop rarement à l'effet recherché. A noter tout de même qu'à ce niveau, outre les maladresses dans l'écriture, le choix des acteurs n'aide clairement pas le film dans cette volonté de toucher le spectateur en ce qu'on ne croit pas une seconde au couple Cameron Diaz - James Marsden

Mais le problème sous-jacent, finalement, revient plus à la structure du scénario qu'à l'histoire elle-même. Un peu à la manière de The Jacket, The Box est le prototype même du film cachant une histoire simpliste sous un scénario alambiqué. Le long-métrage est ainsi présenté de manière mystérieuse, quelque peu complexe - pas à la hauteur de Donnie Darko, mais tout de même - mais il apparaît, lorsque tous les morceaux du puzzle s'imbriquent à la fin du film, que tout cela n'était qu'un gros écran de fumée ne cachant rien de moins que du vide ; en effet, pour un film dont la morale peut se résumer à "il faut être altruiste et pas cupide", cacher tant de vacuité sous une complexité scénaristique pseudo-intellectualisante ne revient, mine de rien, à rien d'autre que de la grosse fumisterie.

Alors que reste t-il à sauver, au final ? Et bien de petites choses, ici et là, déconnectées les unes des autres, mais donnant tout de même de  l'intérêt à The Box. La mise en scène de Kelly est ainsi remarquable sur un certain nombre de points, que ce soit dans sa manière de reconstituer les années 70 - jusque dans sa musique - ou dans sa faculté à distiller un humour absurde dans des situations dramatiques - à l'instar de ce qu'il avait fait dans Donnie Darko. Si l'on excepte ces quelques chutes de rythme, essentiellement dans le dernier tiers du film, sa réalisation, calme, posée, intrigante et aboutie, montre une évolution certaine de ses compétences formelles. A défaut de se bonifier comme scénariste, Kelly s'impose ici comme un réalisateur capable de transcender un script, même si ici, en l'occurence, il s'agit tout de même du sien.

N'oublions pas non plus, à force de critiquer le scénario, que le parti pris de Richard Kelly, bien que discutable, est surprenant à plus d'un titre. The box n'est ainsi pas du tout le film qu'on pense voir en entrant dans la salle de cinéma. Aux antipodes de son pitch de départ, il nous met en face d'un film de science-fiction dont l'histoire, à la limite de la série Z, reste malgré tout impeccablement maîtrisée par un réalisateur capable de traiter avec sérieux et sans désinvolture des éléments parfois à la limite de la parodie volontaire. A défaut d'être devant un grand film, voire simplement un bon film, The box sait jouer avec les genres et avec les codes pour emmener le spectateur là où il ne pensait pas aller. Cerise sur le gateau, il offre à l'histoire plusieurs interprétations possible, donc plusieurs lectures sous-jacentes du script. Sur le principe, la chose es trop rare pour que l'on puisse la négliger.

Et puis il y a la présence de Frank Langella, acteur trop rare et bien souvent sous-estimé, mais au combien charismatique, qui habite littéralement chaque scène où il apparaît. Aidé par des effets visuels convaincants, son jeu est juste très classe, sa présence écrasant simplement tous les autres acteurs. Certes, son rôle, énigmatique et mystérieux, est particulièrement bien écrit, mais avouons que ce ne sont malheureusement pas les inteprétations fadasses de Cameron Diaz - qu'on a connu bien meilleure - ou de James Marsden - qu'on n'a jamais vraiment vu bon - qui peuvent rivaliser avec. Richard Kelly avait transcendé Donnie Darko avec un casting de seconds rôles, sa consécration lui a permi d'affadir The Box avec des stars au rabais. Dommage...

La conclusion de

Le troisième long-métrage de Richard Kelly, censé être, selon ses propres termes, "celui de la maturité", s'avère décevant à plus d'un titre tant celui ci est bourré de défauts, notamment au niveau de son scénario. Certes, le film est surprenant, la mise en scène réussie et la lecture sous-jacente du script est assez remarquable, mais ses conclusions s'embourbent finalement dans des lapalissades bien fades, qui plus est alignées sans aucune modestie par un geek visiblement un peu trop porté sur l'autosatifaction. Résultat, The Box est brillant sur la forme, nettement moins sur le fond, et sonne au final malheureusement trop creux pour s'élever au niveau des autres films de son auteur. Dommage, le potentiel était pourtant là...

Que faut-il en retenir ?

  • Surprenant à plus d'un titre,
  • De nombreuses interprétations possibles,
  • Mise en scène remarquable,
  • Franck Langella, simplement classe.

Que faut-il oublier ?

  • Scénario complexe mais histoire simpliste,
  • D'importantes chutes de rythmes sur la fin,
  • Thématiques de Richard Kelly dans la redite,
  • Deux rôles principaux très fades.

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