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La créature du sous-sol >

Critique du Téléfilm : La créature du sous-sol

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 7 mars 2009 à 16:52

Montres et tentacules

Si l’on s’amusait à comparer l’industrie cinématographique à la production avicole, on pourrait affirmer que la maison de production de la chaîne Sci Fi pond des œuvres à un rythme si effréné qu’il ferait pâlir de jalousie la meilleure des poules pondeuses. Cependant, ce qu’il ne faut pas manquer aussi de signaler, c’est que, comme dans le domaine de l’agriculture, le cinéma paie souvent en niveau de qualité la surexploitation d’un genre.  Surtout quand le maître d’œuvre est David Winning, véritable tâcheron du monde pelliculé (et numérisé).

Ainsi, après le médiocre Les guêpes mutantes, me voici bien loti avec cette Créature du sous-sol. Comme dans le précédent, le pitch – « Un prêtre va devoir affronter une substance gélatineuse, hallucinogène et maléfique » - est prometteur, nous laissant entrevoir une série B décontractée et bien bis. Et, comme dans le précédent, l’on va être déçu. Même méthode, même conclusion.

Mais jetons un œil au scénario, si vous le voulez bien…

La créature du sous-sol nous amène dans une région reculée, mais non identifiée, des Etats-Unis (si cela a été précisé, je ne m’en souviens plus). Tout ce que je sais à ce sujet, c’est qu’il s’agit d’un ancien territoire indien, que l’on s’y gèle les fesses, et que le panorama est quelque peu désertique.
Le film débute par la vision d’un chantier. Un contremaître touche une substance gélatineuse et se retrouve, quelques minutes plus tard, agressé par des bulldozers enragés, l’huile aux lèvres et les phares brillant d’une lumière satanique. Alors que l’on s’apprête à voir ce pauvre type écrabouillé par les engins de chantier, on le retrouve empalé dans les ferrailles d’un béton armé, devant le regard débile de ses collègues. On en déduit donc que le mec a dû un peu trop forcé sur le calumet du Grand Sachem.

On a ensuite droit à une grande ellipse post-générique et l’on se retrouve plusieurs plus tard. Le chantier a laissé la place à Cedar Gates, un complexe hôtelier de luxe dans lequel se déroule un colloque sur l’écologie. David Winning nous présente alors, vite fait, bien fait, les principaux protagonistes ; la charmante Khali, hôtesse des lieux et lycanophobe ; Deadmarsh, le bourru chef de la sécurité ; Symes, le gérant à la solde de Mr Kent (le promoteur sans scrupule du site). Rien de bien original jusque là. En fait, le véritable choc est consécutif à la première apparition du rôle principal : Douglas Middleton, un curé écolo, interprété par… Kevin Sorbo ! Réjouissant n’est-ce pas ? Personnellement, pendant 90 minutes, j’ai attendu (en vain) qu’il nous lâche une vanne foireuse et qu’il sorte une épée large de dessous ses fringues. Malheureusement, il s’est contenté de trimbaler son regard bovin et sa grande carcasse durant toute la durée du métrage sans oser me faire ce plaisir. Mais bon, rien que la vision de Kevin Sorbo en col blanc mérite le détour. Diantre, quel acteur insipide !

Deuxième surprise : en plus des militants écologistes, la conférence a attiré aussi quelques personnalités en quête d’actualité people. La plus en vue est assurément Mikaela Strovsky (Brittany Scobie), fille de milliardaire. Un personnage assez amusant de par le fait qu’il caricature sans aucune équivoque possible l’insupportable Paris Hilton. Le modèle arrive presque à la cheville du maître… et c’est assurément très drôle.

Rapidement après l’arrivée des premiers invités, les morts « accidentelles » (malheureusement filmées de manière très sage) commencent à se succéder. On comprend très rapidement que cette substance gélatineuse à l’apparence de pétrole possède des facultés hallucinogènes, matérialisant les peurs enfouies au plus profond de nous-mêmes. L’asthmatique meurt d’asphyxie, la starlette terrifiée par son image vieillissante, etc. Seul problème : si l’on suit ce raisonnement, cela voudrait dire que l’ouvrier mort durant l’ouverture avait la phobie des bulldozers. Hum… Passons.

Khali, la jolie hôtesse, qui a une peur irraisonnée des loups (suite à un troma d’enfance, comme d’habitude) est alors sauvée de sa terreur par le preux père Middleton. Mais la situation se dégrade car l’organisme commence à envahir les sous-sols du complexe, nécessitant une intervention de la maintenance dans des égouts aussi larges que ceux de Paris. En compagnie de ces techniciens un peu simplets, on découvre avec étonnement des infrastructures bien vastes envahies par de la boue numérique noirâtre. A partir de ce moment, le film commence à décoller un peu car tout le monde va finir par atterrir dans ces lieux (par différents moyens) pour y affronter ses vieux démons. Khali et Middleton, guidés par un scientifique un peu maboul vivant dans une grange laboratoire, seront cependant les seuls à accéder à l’antre de la créature.

Ah, la créature... Manifestement d’origine lovecraftienne. Pas mal réalisée numériquement d’ailleurs. Par contre, je n’ai pas compris l’origine de ce gigantesque puit dans lequel elle est tapie (Mr Kent nous aurait-il caché ses véritables intentions, le complexe de Cedar Gates serait-il un leurre, que cherche-t-il réellement ?). Et je n’ai pas non plus compris comment elle a pu envoyer des tas de petites particules d’elle-même se balader dans la nature. Elle a l’air en effet de n’être composée que d’une matière parfaitement solide. Puis, alors que je suis submergé par mes interrogations, survient une intervention surnaturelle moisie avec une séquence - plombée par l’introduction de flashbacks mièvres. Khali est en effet à moitié indienne, et jadis sa mémé lui avait confié une amulette et récité un poème. Evidemment, vous l’avez compris, l’ensemble est apte à calmer le courroux de la créature… Pff.

33

Avec son scénario de film de SF à message écologique, sa réalisation mollassonne et son interprétation fade, La créature du sous-sol est une œuvre assez indigeste. Le métrage est juste sauvé du pilon par la présence d’effets spéciaux assez sympa (la créature dans le puit) et celle de Kevin Sorbo dans un rôle complètement opposé à ce qu’il nous propose d’habitude. Par contre, dans le domaine de la prestation dramatique, l’acteur est égal à lui-même : bovin.

Critique de publiée le 7 mars 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • La créature
  • Kevin Sorbo en curé

Que faut-il oublier ?

  • Le scénario sans surprise
  • La réalisation insipide
  • Aspect horrifique très policé

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