Critique Constrictor [2009]

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 11 février 2009 à 16h20

Con-strictor, oui; con-sternant, non

Un étudiant un peu étourdi s'égare dans la jungle thaïlandaise. Il tente alors de joindre un proche par le biais de son téléphone mobile (si, si!). En vain. Ce n'est pas que les réseaux ne couvrent nullement cette zone, c'est simplement parce qu'il n'est pas entendu de ses parents (sa grand-mère, un peu sourde, regarde la télé avec des écouteurs), ni écouté de son pote, bien trop distrait par l'arrivée dans sa chambre de quelques beautés thaïs.

Puis - biiiip! - le loser est porté disparu. Missing in action.

Sans Chuck Norris pour les guider, les autorités le recherchent en vain. Pourtant, il y a une solution de remplacement. Il suffit de se rendre au centre de Bangkok, de louer un aérostat... et de se laisser porter par le vent. C'est d'ailleurs ce que décide de faire, une semaine après sa disparition, devant l'impuissance de la police, un groupe d'amis du jeune homme.

On retrouve ces braves gosses dans les cieux. "Plus il y a du vent, plus on avance vite'", s'étonne l'un des passagers, qui apparemment n'était pas au courant des principes et lois gérant le fonctionnement des plus légers que l'air. Et du vent, il y en a. Beaucoup, même. Tant et si bien que l'équipage finit par se retrouver au niveau du sol (sans une égratignure), après que leur ballon se soit lamentablement vautrée dans la canopée.

Heureusement, le hasard (et surtout le culot des scénaristes) faisant bien les choses, nos cinq naufragés du ciel - répliques asiatiques de ces jeunes attardés qui sévissent dans les séries B US - atterrissent pile poil à l'endroit où leur ami a disparu, à une dizaine de mètres seulement de son sac abandonné! Il se mettent alors tous a brailler son nom, sans se rendre compte qu'ils sont en train de mettre à mal, à grand coups d'ondes sonores, et l'écosystème de la forêt et les oreilles des spectateurs.

Et surtout, ils attirent l'attention d'un couple de boas en synthèse géants. Oui, un couple, car - et je ne spoile pas car il n'y a aucune incertitude à ce sujet - c'est bien deux gigantesques serpents qui vont s'attaquer au groupe de jeunes, mais aussi à deux équipes de secours qui se sont enfoncés à pied dans la jungle (ils ne connaissent pas, apparemment, le truc du ballon). "Tiens, une rivière, d'après mon Guide de Survie en Milieu Forestier Tropical, s'il y a une rivière, il y a un village!" s'enthousiaste l'un des jeunes gens. Les théories lues dans ce manuel des Castor Junior version asiatique, il va d'ailleurs nous les ressortir souvent, jusqu'à ce qu'il finisse dans la gueule de l'un des boas.

Ces boas sont d'ailleurs aussi voraces que véloces. Il faut dire que durant une heure et demi de film, l'on ne voit pas un seul autre organisme vivant dans cette jungle... hormis ces groupes d'humains gueulards et empotés. On comprend donc que ces reptiles démesurés aient sacrément la dalle, et puissent aller jusqu'à tenter d'ingérer des canots à moteur et des hélicoptères pour accompagner leur ordinaire composé de corps humains écrabouillés avec soin.

Un étrange phénomène se produit à la vision de ce film aussi débile qu'un concours de bulle de savon en plein mistral. Oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, malgré son évident crétinisme, ce monster movie ne devient pas aussi laborieux à suivre que ses équivalents américains (comme les Python de Phillip J. Roth). On se surprend même par moment à trouver le film divertissant. On s'interroge, puis l'explication de ce phénomène survient à mi-métrage quand une jeune fille, poursuivi par l'un des boas, courre vers la caméra. Sur son chemin, elle en vient à croiser d'autres fuyards. Alors, soudain, elle stoppe sa course, hurle en gesticulant devant l'optique de la caméra, fait demi-tour et emboîte le pas de ses amis!! On comprend alors que ce film n'est qu'une vaste blague!

Au niveau technique, les inserts CGI ne sont pas terribles néanmoins la modélisation et la texture des serpents sont assez sympathiques. Sur la fin, l'on a même droit à quelques très jolis (mais pas du tout réalistes, hein, ce n'est pas Jurassic Park quand même) plans montrant un gigantesque boa lové autour d'un hélicoptère, au bord d'un gouffre amenant une vue vertigineuse sur la jungle. Bref, rien de bien honteux dans les effets spéciaux, on peut juste regretter un peu trop de retenu dans les démonstrations sanglantes.

La conclusion de à propos du Film : Constrictor [2009]

Auteur Nicolas L.
35

Con-strictor, assurément, mais pas... con-sternant. Ce film thaïlandais qui pompe allégrement sur les actuelles productions Nu Image et Sci Fi Channel ne vaut guère mieux que ses modèles. Cependant, je ne sais pas si c'est le coté exotique qui fait son petit effet sur ma personne, je l'ai trouvé nettement plus divertissant que Python et toutes ces autres débilités dans lesquelles des monstres géants en CGI s'amusent à torturer des bandes de crétins et de bimbos en pantalons taille basse.

On a aimé

  • Un atmosphère décontractée
  • Quelques FX assez sympathiques

On a moins bien aimé

  • Scénario et dialogues débiles
  • Manque de gore
  • Effets spéciaux perfectibles

Acheter le Film (non sorti en salles françaises) Constrictor en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Constrictor sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter