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Critique du Film : Le carnaval des âmes
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Critique du Film : Le carnaval des âmes

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 15 janvier 2009 à 1522

Aux frontières du réel

Après avoir perdu ses amis dans un dramatique accident de voiture, Mary Henry décide de refaire sa vie sous d'autres cieux. Elle accepte un emploi d'organiste dans une église située au cœur d’une petite ville balnéaire. Mais, malgré ce changement de vie, elle ne parvient pas à effacer le passé, et notamment cette impression oppressante d'être en permanence épiée par un vieil homme inquiétant...


Très célèbre réalisateur de courts-métrages, enseignant dans le domaine des métiers du cinéma, Herk Harveyse lance en 1962 dans la réalisation d'un film ambitieux, doté d'un scénario, écrit par lui-même, qui met en scène une jeune femme fragilisée par un violent traumatisme psychologique. Tourné au Kansas, avec en vedette une actrice totalement inconnue, sans gros budget, Carnival of Souls est considéré aujourd'hui comme un grand classique du cinéma d'épouvante.
Le film est remarquable en de nombreux points, qui tiennent à la fois de la qualité du scénario, de la justesse de la mise en scène, et de cette photographie noir et blanc à la chromatique hypnotique. Pour construire l'esthétique de son film, le cinéaste s'inspire du cinéma expressionniste allemand. Le récit est donc assez chiche en dialogues, la plupart des émotions passant par le regard des comédiens. Seul le camelot dragueur amène un cachet de "modernisme"; alcoolique et pot de colle, il finit même par devenir agaçant, jouant ainsi parfaitement son rôle d'élément saillant, de rocher réaliste auquel Mary, véritable naufrager psychologique, s'accroche désespérément. Donc, en dehors des séquences mettant en scène le couple (elles apparaissent bien kitch aujourd'hui), l'ambiance est en général très atmosphérique, avec une sensation de flottement qui devient paroxysmique lors des séquences où Mary joue de l'orgue, sorte de verrou dramatique ouvrant sur un univers fantasmagorique.

On bascule ainsi en permanence entre la réalité et le rêve, les "symptômes" se faisant de plus en plus forts au fil du métrage. Pour illustrer ces changements d'état, la réalisation d'Herk Harvey se montre particulièrement judicieuse et sobre; le monde autour de Mary se fait alors silencieux, oppressant, les gens ne répondent plus à ses questions, ne semblent plus la voir. Seul le vieil homme semble remarquer sa présence mais il n'est ni agressif, et encore moins amical... Que veut-il donc? Puis le final, qui se déroule dans une fête foraine désertée - et qui évoque un univers cher à la série La Quatrieme Dimension -, est fichtrement efficace, avec un dénouement troublant qui se démarque de l'optimisme communément affiché par les conclusions des films des années 60.
En fait, le seul défaut du film est dû à son age… et à sa force. Plus d'un demi-siècle après sa sortie en salles, il est inévitable que Carnival of Souls présente une intrigue très prévisible. En effet, le spectateur moderne n'aura aucun mal à décrypter cette énigme et identifier le fameux "vieil homme". Le phénomène est explicable dans le fait que de nombreux éléments narratifs ont depuis été récupérés par des cinéastes plus tardifs et que son influence sur le cinéma fantastique d'aujourd'hui est considérable. David Lynchen personne a d'ailleurs avoué avoir été grandement influencé par ce film pour construire sa propre cinématographie (un détail du film ne manquera pas de faire sourire les fans du réalisateur d'Eraserhead... à vous de le trouver!). En fait, aujourd'hui, l'efficacité du film ne repose plus que sur son ambiance inquiétante et étrange, les incertitudes voulues par le script ayant été gommées par le temps et les multiples usages de ces artifices.

A noter que ce film a été le sujet d'un remake assez moisi, produit par Wes Cravenet réalisé en 1998 par Adam Grossmanet Ian Kessner.

La conclusion de

Bon, c'est certains, Carnival of Souls n'est aujourd'hui plus aussi efficace dans le domaine de l'épouvante qu'il le fut dans les années 60. Cependant, il reste toutefois un sacré bon film et un véritable régal pour le cinéphile! Doté d'une atmosphère étrange et inquiétante totalement hypnotique, le film de Hark Harvey reste une oeuvre qui mérite largement d'être vue. Un film qui a marqué une génération de cinéaste, de David Lynch à John Carpenter, sans oublier George A. Romero qui y a puisé des idées pour construire l'esthétique de sa Nuit des Morts Vivants.

Que faut-il en retenir ?

  • Une ambiance géniale, à la limite de l'expressionnisme
  • Une réalisation inspirée
  • Un classique, un des piliers du cinéma fantastique moderne

Que faut-il oublier ?

  • Une intrigue aujourd'hui trop prévisible

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