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Critique du Roman : Terreur
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Critique du Roman : Terreur

Avis critique rédigé par Manu B. le samedi 1 novembre 2008 à 1358

Tuunbaq

"En montant sur le pont, le capitaine Crozier découvre que son navire est assiégé par des spectres célestes. Au dessus de lui - au-dessus du Terror -, des plis de lumière chatoyante plongent puis se dérobent en hâte, tels les bras multicolores de fantômes agressifs mais au bout du compte hésitants. Des doigts osseux d'ectoplasme se tendent vers le bateau, s'écartent, font mine de se refermer puis se retirent. La température atteint - 45°C et descend à toute allure..."
Le 19 mai 1845, le HMS Terror quitte Greenhithe dans le Kent, Angleterre. Il est accompagné par le HMS Erebus. L'expédition est dirigée par Sir John Franklin, capitaine de l'Erebus et le Terror est commandé par le capitaine Francis Rawdon Moira Crozier. Les équipages comptent 110 hommes et 24 officiers. L'objectif était de contourner le Canada pour rallier l'Asie en passant au sud du Groënland. Ils appareillèrent avant de franchir la mer arctique à Disko Bay, où 5 hommes furent déchargés. L'effectif se monta alors à 129 hommes. Personne ne les a jamais revus vivants. En 1848, lady Jane Franklin demande à faire des recherches. Deux vaisseaux dirigés par Sir John Richardson et John Rae furent envoyés. D'autres encore partirent à la recherche de Franklin dont une expédition comptant onze vaisseaux britanniques et deux vaisseaux américains qui partirent en 1850 et se dirigèrent vers les îles Beechley. En 1854, John Rae découvrit quelques indices permettant de croire que des hommes de l'expédition Franklin s'étaient livrés au cannibalisme poussés par la faim et le froid. On découvrit aussi un canot à l'ouest de l'île du roi Guillaume contenant deux squelettes. Entre 1860 et 1869, puis entre 1878 et 1880, d'autres expéditions furent menées, révélant que les membres de l'expédition Franklin étaient tous morts de froid ou de faim, après avoir été coincés de 1846 et 1848 à l'ouest de l'île du Roi Guillaume. Entre 1981 et 2008, de récentes recherches ont montré que la nourriture emportée sur les navires de l'expédition Franklin était mal conditionnée et aurait contribué à empoisonner au plomb les membres de l'équipage. Des traces de découpes des chairs au couteau ont aussi été relevées. Il ressort aussi que la plupart des membres de l'expédition sont morts de pneumonie, de tuberculose et du mal de Pott. L'empoisonnement au plomb aurait rendu fous les hommes qui s'adonnèrent au cannibalisme. Voilà la version officielle et généralement admise. Dan Simmons nous explique la version officieuse où se trouve toute la vérité sur les HMS Terror et HMS Erebus...
Un roman de Dan Simmons est toujours un évènement. Depuis le succès d'Hypérion et Endymion, l'auteur s'est souvent efforcé de prendre le lecteur à contre-pied, en écrivant par exemple une trilogie de polars, puis en revisitant l'Iliade à coups de nanotechnologie dans Ilium et réutilisant les personnages Prospero et Caliban de la tempête (Shakespeare) dans Olympos, un diptyque aux frontières de la science fiction et de l'horreur, sur des bases classiques. Son roman The Terror vient juste d'être publié aux éditions Robert Laffont. Notez qu'il a écrit en 2008 le roman Drood, et qu'un autre roman, Muse of fire sortira en février 2009. Drood relate, à l'instar de Terror, un fait historique qu'il interprète de manière fantastique, ici en l'occurrence, un accident de Charles Dickens.
L'histoire du HMS Terror est un terrain de jeu idéal pour un auteur de fantastique. Imaginez-vous au XIXe, sans les moyens de communication actuels, perdu au milieu des glaces, dans l'espace spartiate d'un navire avec un isolement thermique médiocre pour des températures externes allant jusqu'à -70°C, des réserves de charbon et de nourriture réduites. Les conserves de nourritures sont à moitié efficaces et leur contenu commence à pourrir, les glaces autour du vaisseau commencent à endommager la coque, les températures à l'extérieures coûtent aux malheureux des orteils ou des doigts s'ils ne sont pas bien isolés contre le froid, malgré les six ou sept couches de vêtements qui les couvrent, sous lesquels la sueur ne cessent de se former pour geler. Et il y a la Chose. Les gens meurent de malnutrition, de froid, de pneumonie. Ils meurent aussi de peur et tombent sous les attaques d'une espèce d'ours de quatre mètres de haut, d'une taille surnaturelle. Et lorsque Sir John Franklin est sauvagement attaqué par la Chose, ses restes éparpillés montrent à quel point l'ours n'en est pas un, surgissant de manière surnaturelle, décapitant de ses griffes aiguisées, estropiant aisément ses victimes et croquant de ses larges dents les crânes. Son intelligence prouve aussi que le supposé animal ne peut en être un. Il est de la race des démons. Dan Simmons n'abuse pourtant pas de sa créature puisque la plupart des morts sont dues au froid et à la maladie. Le rythme exagérément lent du roman intensifie chacune de ses attaques où la terreur et l'épouvante paralysent le lecteur pourtant averti. Ce procédé est extrêmement bien utilisé et l'on ne sait jamais d'où peut surgir le danger. Et même si les hommes se sentent en sécurité à bord, rien n'y est pourtant sûr. On retrouve dans l'étrangeté de cette créature les cruelles et froides mises à mort des victimes du Gritche d'Hypérion. Il y réside la même implacable volonté de tuer. Une machine de guerre affûtée et ce n'est pas sans raison que Dan Simmons cite à intervalle régulier le Léviathan de Thomas Hobbes (1651). Si le livre fait référence aux rouages politiques, où il explique qu'il faut une forte autorité centrale pour mater les prémices de la guerre civile et de la rébellion, cette force doit être implacable, souveraine et les sujets doivent s'y conformer dans tous les cas, à n'importe quel prix. Comme la Chose. Le Capitaine Crozier est l'homme qui croit au Léviathan, appliquant le règlement à la lettre, quitte à s'exposer à la mutinerie de son vaisseau. Il croit que si lui peut faire face aux évènements, alors ils ont une chance de survie. Crozier est de la race des pragmatiques où le surnaturel, la religion et l'au-delà n'ont aucune prise sur le réel. Lady Silence, l'inuit muette lui prouvera le contraire. D'une certaine manière, Crozier est admirable, mais le monde regorge de vermines comme l'aide Calfat Hickey, capable du pire et du pire. Le danger a de multiples facettes à bord du HMS Terror: le froid, la faim, l'isolement, la maladie, la Chose mais aussi la gangrène interne qui ronge pernicieusement l'équipage. Les démons sont à l'extérieur et à l'intérieur. The Terror est donc le bateau dont le nom était prédestiné non pas à faire fuir d'éventuels ennemis, mais à abriter la terreur qu'il y a en chacun des marins qui, isolés du monde et soumis à une tension insupportable, doivent combattre leurs propres démons. Certains y parviennent, d'autres non.
Dan Simmons signe un très grand roman, pointu sur les faits historiques, et intelligemment réexpliqué. Le rythme lent traduit admirablement les trois ans passés à bord du vaisseau sans espoir de voguer à nouveau sur les mers. Magnifique.

La conclusion de

Dan Simmons revient avec un roman fantastique des plus réussis. L'histoire remaniée entre les doigts de ce conteur de génie fait froid dans le dos.

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