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Critique du Film : Harlequin

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 12 septembre 2008 à 11:56

Raspoutine au pays des kangourous

Quand le cinéma australien des années 80 récupère l'histoire (que dis-je, le mythe!..) de Raspoutine, cela donne Harlequin, l'un des films les plus intéressants d'une période qui vit pourtant le fantastique des antipodes frapper un grand coup avec les oeuvres de Peter Weir, pour ne citer que le plus célèbre.
Harlequin raconte l'histoire de Gregory Wolfe, un étrange personnage excentrique, magicien, séducteur et guérisseur. Celui-ci s'introduit de manière soudaine, surgissant de nulle part, dans la vie de la puissance famille Rast. Le chef de famille, Nick Rast, est un sénateur ambitieux, qui, pressé par ses obligations, délaisse sa femme, Sandra (il la trompe même avec sa secrétaire), et néglige son fils Alex, un jeune garçon atteint d'une leucémie en phase terminale. Progressivement, Gregory Wolfe va remplacer ce père et cet époux trop souvent absent et il va finir par séduire Sandra alors que la santé d'Alex, à son contact semble s'améliorer. Bien que de plus en plus détaché de ses obligations familiales, Nick Rast va percevoir l'arrivée de Gregory Wolfe comme une menace... sur son couple, mais surtout sur sa carrière.


L'ancien téléaste Simon Wincer, avec cet Harlequin, avait dans les mains un script de grande qualité (écrit par le très doué Everett de Roche), original et intelligent, présentant un personnage principal cultivant la manipulation et l'ambiguité. Encore fallait-il arriver à le mettre en valeur avec finesse et élégance. Et c'est exactement ce qu'est parvenu à faire le réalisateur en nous présentant un "homme" tour à tour séduisant, sympathique, espiègle, manipulateur, inquiétant et... dangereux. En alternant les séquences optimistes avec d'autres, nettement plus dramatiques, voire horrifiques (comme la scène du shampoing et de l'employée de maison), Simon Wincer parvient à jeter le trouble dans l'esprit du spectateur, le laisse indécis sur l'honneteté du personnage et sur la véracité de ses "pouvoirs magiques". Mais qu'il soit un habile charlatan ou un véritable être exceptionnel, Gregory Wolfe a une mission, à la fois politique et philosophique. Celle-ci va lentement se dessiner et prendre sa véritable forme vers la fin du métrage, mettant en avant le jeune Alex, comme l'on pouvait s'en douter.
La réalisation de Simon Wincer, qui désirait probablement mettre en relief les personnages, reste très académique et apparait aujourd'hui - époque de "grandes manoeuvres" cinématographiques - comme un peu datée. Il en est de même pour les effets spéciaux, déjà jugés comme bien moyens dans les années 80. Mais le film se rattrappe sur de nombreux aspects, avec notamment la restitution d'une atmosphère onirique, parfois même poétique (magnifiée par une belle bande musicale de Brian May), et une grande qualité d'interprétation. Car force est de constater que Harlequin ne serait pas un film aussi réussi sans la présence de Robert Powell dans la peau du magicien polichinelle. Longiligne, le regard profond, l'allure "elfique", Robert Powell est tout simplement captivant et charismatique. La séquence où il attire l'attention d'un auditoire de politiciens au cours d'une soirée-cocktail utilise toutes les capacités du comédien et s'avère une totale réussite (peut-être même l'une des meilleures performances de sa brillante carrière).

Mais Robert Powell n'est pas le seul à tirer son épingle du jeu. David Hemmings, en politicien arriviste (mais aussi homme de paille désorienté), est également excellent alors que le grand Broderick Crawford est impeccable - comme d'habitude, serait-on tenté de dire. Par contre, au milieu de ces comédiens talentueux, interprétant des rôles forts, Carmen Duncan a un peu de mal à faire prévaloir son jeu. Elle interprète Sandra Raft, un personnage pouvant être comparé à la tsarine Alexandra, mais qui, dans cette histoire, manque un peu de majesté et de présence.

75

Film injustement oublié, Harlequin est un film fantastique intelligent et poétique. Il n'est certes pas dénué de défauts - on retiendra surtout une réalisation un peu trop sage et des effets spéciaux très médiocres - mais récèle un bon lot de bonnes séquences, touchantes ou inquiétantes. A cela, il ne faut pas manquer d'ajouter l'interprétation impeccable de Robert Powell. Bref, une oeuvre de qualité, bien inscrite dans la mouvance "film fantastique australien" des années 80.

Critique de publiée le 12 septembre 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario intelligent et poétique
  • interprétation remarquable
  • De belles séquences

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation sans relief
  • Effets spéciaux médiocres

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