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Critique du Film : Anthropophagous 2000
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Critique du Film : Anthropophagous 2000

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 7 septembre 2008 à 1437

Le retour de Nikos

Un petit groupe de touristes allemands se rend en vacance dans une bourgade italienne. Arrivés sur place, les jeunes gens se rendent compte que le village est désert. Visitant une maison, deux d’entre eux vont découvrir avec horreur des corps horriblement mutilés. Coincés dans ce lieu désert, harcelés par un tueur psychopathe, les jeunes allemands vont vivre alors un véritable cauchemar…
Joe d’Amato décédé en 1999, Andreas Schnaas, cinéaste teuton spécialiste en équarrissage et grand amateur d’abats d’animaux, décide de lui rendre hommage en reprenant le thème du film le plus connu du réalisateur transalpin : Anthropophagous. Il annonce ainsi à qui veut bien l’entendre qu’il va construire un film bâti sur le même script, en lui insufflant plus de violence et de sang. Pour ça, on peut lui faire confiance, reste à savoir ce cela va suffire pour en faire un film potable…


Le film démarre en mer. De suite, on reconnaît le style Z de Schnaas. Une image vidéo pourrie, des acteurs au jeu figé qui sont obligés de se secouer de gauche à droite pour nous laisser croire que la mer est houleuse. Bref, c’est du semi-amateurisme consciencieux. Le bateau contient trois passagers : papa, maman et la petite fille (avec une gosse complètement crispée qui se demande ce qu’elle fout dans cette galère… euh, ce voilier). Une tempête se déchaine, le mannequin de la petite fille prend un mat sur la tempête et, un plan plus tard, tous les trois se retrouvent dans un bateau pneumatique de plage, assoiffés et… affamés. D’un coup, le papa pète un plomb, il plante un couteau dans le bide de sa moitié, lui mange un tété et bouffe le bras de sa fille plongée dans le coma (la jeune actrice, traumatisée, s’est probablement évanouie). Nikos le cannibale est né!..
On retrouve alors un couple sur une plage, un métalleu bedonnant et une fille tatouée portant le bikini le plus hideux que je n’ai jamais vu. Ils sautillent au bord de l’eau, sur une musique moisie, ne sachant apparemment pas quoi faire pour occuper l’espace. Arrivés à une tente, ils s’apprêtent à nous offrir la scène la plus ridicule du film. La fille enlève son haut de maillot (ouf, on respire), se fait titiller ses mamelons percés par la langue experte (et percée aussi) du métalleu coquin. On se dit que c’est bien parti pour que l’on puisse mater une séquence bien hard. On se met le doigt dans l’œil (faute de mieux). Les deux tourtereaux au look pourtant bien trash se mettent à forniquer… sans enlever le reste de leurs fringues ! S’en suit alors une séquence ridicule où, juchée sur un mec en pantalon, une fille en maillot se trémousse en essayant de nous faire croire à l’impossible (les plans ne trompent pas, Schnaas n’essaye même pas de tricher un peu).

Cette pudeur incongrue est surement l’élément qui a déclenché l’ire de Nikos (les couleurs agressives du maillot de la fille y ont peut-être joué aussi un rôle). En effet, quelques minutes plus tard, alors que la fille revient des champs environnant avec un petit bâton en main ( ?), elle retrouve son cher et tendre mort et défiguré. Puis, juste le temps pour « l’actrice » de pousser un ahhh ! de terreur peu convaincant et elle se retrouve entre les mains du sadique. Vient alors la première grosse scène gore du film. Andreas Schnaas s’en donne à cœur joie avec des inserts de gros plans montrant des mannequins latex pissant le sang montés en alternance avec d’autres ou l’actrice, maquillée et recouverte de sang, rampe pour tenter d’échapper à son bourreau. C’est très artisanal, mais assez amusant par le coté excessif de la chose (y’a pas d’autres mots pour qualifier ça).
Une fois ces deux plagistes morts, on entre dans le vif du sujet. On accompagne désormais les occupants d’un camping-car qui partent en vacances en Italie. Pas trop dépaysés d’ailleurs, ces touristes teutons, car arrivés sur les lieux, on se rend compte qu’il fait un froid de canard et que, de plus, il pleut. C’est con, hein ? Mais bon, faisons fi de ces considérations météorologiques et intéressons-nous au récit. Comme l’une des occupantes du camping-car se foule la cheville en descendant du véhicule, trois d’entre eux se rendent au village voisin pour chercher du secours (ah oui, signalons que le camping-car est en panne), la laissant sous la garde d’un guitariste à l’air idiot…
Et la boucherie va commencer ! Nikos va éliminer ces abrutis les uns après les autres, dans des explosions de sang et de viscères. Les effets spéciaux sont toujours aussi mal foutus, mais ils vont probablement intéresser les amateurs de gore artisanal. Force est d’admettre que pour les autres, l’ensemble va apparaître comme passablement ennuyant. En fait, Schnaas n’a rien pigé à Anthropophagous, premier du nom. La force du film de Joe d’Amato ne réside pas dans les effets horrifiques - finalement pas si nombreux et si forts que ça - mais dans l’ambiance hyper glauque, restituée par une photographie ultra-travaillée et un montage pesant. Et ici, dans cette relecture appliquée mais bourrine, on ne peut pas vraiment dire que l’ambiance est glauque. Elle est tout simplement mollassonne.

Le scénario, qui colle, dans les grandes lignes, à l’original (on y trouve aussi les éléments de la femme enceinte et de la survivante aveugle) n’arrange pas les choses. Si Joe d’Amato avait coincé ses personnages sur une île grecque, Andreas Schnaas gare les siens dans un village italien. Hors on s’aperçoit rapidement que rien, mais alors rien, ne les empêche de fuir du village. A un moment donné, quand les rejoint un ami, ils ont même une voiture à leur disposition. Ils peuvent donc très facilement quitter les lieux. Et que croyez-vous qu’ils font ? Ils courent en rond comme des cons, attendant de se faire massacrer par le tueur. Ce qui, bien entendu, va se produire.
Finalement, ce film ne « vaut » presque que par ses effets gores. Énucléations, écorchages, éventrations (les plus réussis), égorgements, décapitations, empalements, cannibalisme, le tout dans des démonstrations hyper crades mais peu réalistes, voilà les seuls éléments réellement intéressants de ce film Z amélioré. La scène la plus puissante est probablement celle où Nikos mange le fœtus de l’une des touristes, celle-ci étant enceinte jusqu’aux dents. En effet, si Joe d’Amato, dans son film, l’avait simplement suggéré, Andreas Schnaas s’attarde sur une violente et sanglante césarienne et sur la vue de Nikos dévorant à pleines dents le bébé. Bon ok, on devine sans peine qu’il ne s’agit que d’un poupon, mais la séquence est assez réussie et apte à faire frémir quelques âmes sensibles.
Autre petite satisfaction, le personnage de Nikos, interprété par Andreas Schnaas en personne. En effet, celui-ci se révèle finalement être le meilleur comédien de ce film (pourtant, pour la première fois, Andreas Schnaas y emploie des acteurs professionnels) en reprenant avec justesse le rôle tenu par le mythique George Eastman. Bénéficiant de maquillages complètement absurdes mais impressionnants, le cinéaste reconverti en acteur nous offre une prestation méritoire et il démontre par là que, loin de vouloir exploiter l’aspect culte d’Anthropophagous pour se faire quelques thunes, sa démarche se veut essentiellement être un sincère hommage à Joe d’Amato. Et ça, c’est plutôt cool…

La conclusion de

Anthropophagous est assurément un sympathique hommage à Joe d’Amato, l’un des cinéastes comptant parmi les plus appréciés des bissophiles, mais il pèche par trop de défauts pour être considéré comme un film intéressant. Avec ce film, Andreas Schnaas, qui bénéficie d’un peu plus de moyens que d’habitude, nous montre ses limites. Il est, et restera, un réalisateur de films Z culottés mais sans aucune envergure.

Que faut-il en retenir ?

  • Un hommage sincère à Joe d’Amato
  • Du gore, du gore, du gore
  • La séquence du fœtus
  • Andreas Schnaas en Nikos
  • Réalisation appliquée

Que faut-il oublier ?

  • Manque de moyens évident
  • Les effets gores peu crédibles
  • Scénario bourré de lacunes
  • Interprétation médiocre

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