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Les Ruines >

Critique du Film : Les Ruines

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 1 juillet 2008 à 17:55

Le (ou la?) Monstroplante du Yucatan

Les Ruines fut l’une de mes satisfactions littéraires de l’année 2007 (qui n’en a pas connu des masses, à mon grand regret). Ce thriller d’horreur introspectif et paranoïaque m’avait littéralement accroché de la (presque) première page à la (presque) dernière page. Seuls quelques passages un peu trop expéditifs, jurant avec le tempo général imprimé par Scott Smith, m’avait gêné sur les entournures. Et malheureusement, je dois dire que le film de Carter Smith apparaît à mes yeux comme une sorte d’entournure de 90 minutes. Oh, le métrage n’est pas mauvais dans le sens strict du terme mais il n’arrive à aucun moment à se libérer de son carcan technique et thématique qui est celui du film d’horreur de série B.
Scénarisé par Scott Smith en personne, Les Ruines suit le même cours des évènements que celui du livre, mais de manière nettement plus rapide. Pour imager la chose, on pourrait dire que l’on passe du long fleuve tranquille aux chutes du Niagara ! Les évènements sont en effet complètement précipités. Cela a pour conséquence néfaste d’amener trop rapidement les protagonistes en situation d’urgence ou de démence, ce qui ne parvient qu’à les ridiculiser. On se prend à rire au lieu de compatir. Aucune lente descente aux enfers, aucun processus de désintégration de groupe social, nos héros sont morts de soif, de faim, et devenus complètement cinglés en moins de 24 heures !


De plus, ne croyez pas retrouver la même horreur viscérale que dans le roman. Foudre de la censure oblige, Carter Smith y va molo sur les démonstrations crades. Va encore pour une amputation grand-guignolesque, mais exit cette atmosphère de putréfaction et d’excrément, exit la si importante séquence de masturbation qui aura tant de conséquences dans le roman, exit les tentations de cannibalisme, effacés les « détails » comme la recherche de l’eau (la collecte d’urine), la bouteille de Tequila et autres précisions qui rendent les faits contés dans le livre si crédibles.
Encore plus incompréhensible est l’inversion des rôles des personnages. Tuer Pablo (qui est ici Espagnol et plus Grec) en bas de la pyramide (idée stupide qui met un terme définitif aux tergiversations sur le niveau de détermination des Mayas) l’a bien entendu privé de la possibilité de descendre dans le puits. Donc, c’est l’allemand qui si colle, et qui se retrouve à sa place sur le brancard, empêchant le rapport conflictuel Matthias / Eric de se développer. Un conflit d’influence latent qui, dans le livre, pesait aussi son poids sur le déroulement des évènements.

Ainsi, au bout d’un quart d’heure, tout est clair, Les Ruines, ce n’est que 5 touristes au profil psychologiques aussi léger qu’une plume agressés par une ronce carnivore en image de synthèse. Une série B sans aucune ambition et ultra-conventionnelle. Le film ose même changer complètement le dénouement, avec une fin mille fois vue, complètement ridicule, et à des années lumières de l’esprit du roman.
Au niveau technique, Carter Smith se débrouille plutôt pas mal, notamment avec ces plans larges et d’ensemble sur la pyramide (n’oublions pas que dans l’histoire originelle, ce n’est qu’une colline) , une photographie bien soignée et une réalisation nerveuse. Les effets spéciaux se résument à quelques maquillages gore (très peu mais efficaces) et les effets numériques consacrés à l’animation des ronces. C’est pas mal fait, mais on y croit pas cinq minutes, surtout qu’à part le coup du téléphone portable, elles ne démontrent pas leur capacité d’intelligence collective (dans le roman, elles se servent de leur don d’imitation pour les monter les uns contre les autres), ce qui fait qu’elles n’ont pas une attitude « cohérente ».

50

Les Ruines ne fait que récupérer le pitch du bijou de Scott Smith : cinq touristes, assiégés par des Mayas, devant cohabiter avec une entité carnivore. Toute la substance « intellectuelle », métaphysique et trash de l’œuvre littéraire a été écartée pour laisser le champ libre à la construction d’une petite série B horrifique qui n’a pour seule originalité que la nature de son monstre. Et même si on ne peut pas reprocher grand-chose à Carter Smith qui a effectué correctement son travail de faiseur, je trouve que tout cela est bien décevant.

Critique de publiée le 1er juillet 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation correcte
  • La plante carnivore, une idée originale
  • L’aspect gore

Que faut-il oublier ?

  • Adaptation vraiment très aseptisée
  • Personnages transparents
  • Scénario réduit à son strict minimum
  • Une séquence finale débile

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