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Dark Waters >

Critique du Film : Dark Waters

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 1 juillet 2008 à 11:47

Visite au couvent de R’lyeh

Cela faisait des années que mes potes bissophiles me le répétaient en boucle : « Nico, arrête de te plaindre, si tu veux vraiment voir un film lovecraftien qui assure, visionne Dark Waters, l’OVNI de Baino ! ». Ouaip, cependant, entre une chose et une autre, je n’avais jamais eu le temps de me pencher plus avant sur la quête de ce DVD assez difficilement dénichable (sauf depuis peu, avec une sortie chez NoShame). Et finalement, ce film, c’est grâce à la chaine CineFX qui j’ai pu le voir… et j’ai d’ailleurs regretté de ne pas l’avoir fait plus tôt.
Dark Waters est une co-production italo-russo-britannique avec un casting composé presque essentiellement de comédiens russes (sauf les deux actrices principales). Réalisé par un cinéaste connu pour quelques courts-métrages de qualité (qui sont présents dans le coffret NoShame), le film nous amène sur une île isolée où réside une étrange communauté de nonnes. Le scénario, dans le fond, est assez classique, emprunte à la fois à Edgar Allan Poe, à Howard P. Lovecraft ou a William Hope Hodgson.


Hors, malgré ce classicisme volontairement affiché, grâce à un exceptionnel don pour l’alchimie cinéphilique, Mariano Baino parvient à fondre dans le même creuset diverses influences artistiques pour obtenir une perle de l’horreur et, à mon avis, la meilleure transposition lovecraftienne jamais réalisée sur écran (du moins pour un long métrage). Mais attention, il n’y a pas de secrets, ce résultat exceptionnel est le fruit d’un énorme travail effectué sur l’image et le son. Il ne suffit pas de reprendre des éléments gothiques de Poe (le château médiéval, la mer en furie qui frappe les falaises, les personnages énigmatiques), l’horreur italienne (graphisme sophistiqué, regards aveugles de Lucio Fulci, le gore), la nunsploitation (rien de plus blasphématoire que des nonnes impies) et la métaphysique nordique (un peu de Bergman ne fait parfois pas de mal) pour obtenir immédiatement un chef d’œuvre. Non, il faut aussi savoir les marier à bon-escient, faute d’arriver à un méli-mélo indigeste et pompeux.
La solution, Mariano Baino l’a trouvé par le biais d’une réalisation ultra-calculée (millimétrée je dirais même), qui utilise à la fois les techniques du giallo et de l’expressionnisme allemand. En fait, Dark Waters, c’est un peu comme une co-réalisation idyllique impliquant Mario Bava et Carl Dreyer (le rêve quoi). Avec comme résultat une poésie macabre, un « cauchemar éveillé » plein de poisons pourris, de soleils mourants, de blasphèmes et de nonnes assassines. Bref, c’est terriblement envoutant.

Scotché dans mon fauteuil, j’ai accompagné Elizabeth dans sa quête de vérité, lentement, au rythme du film. Les visions et les flashbacks, délivrés aux moments clés, ne gênent aucunement le fil narratif, mais, bien au contraire, sont au service de la séquence suivante. Et petit à petit, on s’enfonce dans l’horreur. Petit à petit, l’île dévoile son ignominie aux yeux d’Elizabeth - et des nôtres - jusqu’au climax final, magnifique opéra impie sur fond de mythologie lovecraftienne, en y puisant ce qu’elle a de plus glauque et de plus sombre, bien loin des effets comico-gore de Stuart Gordon ou du second degré de John Carpenter.

85

Pour moi, aucune hésitation, je place ce Dark Waters aux cotés des grands classiques du cinéma d’horreur italien de l’époque moderne, comme Suspiria, Frayeur ou Inferno. Magnifiquement réalisée, l’œuvre de Mariano Baino est une envoutante poésie lovecraftienne qui fait oublier le classicisme de son scénario par un extraordinaire travail graphique et sonore. Le meilleur long-métrage s’inspirant (très librement) de l’œuvre de l’écrivain de Providence. A voir et à revoir…

Critique de publiée le 1er juillet 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Une magnifique poésie morbide et terrifiante
  • Un exceptionnel travail de réalisation
  • Un casting saisissant
  • Une lente descente dans l'horreur Lovecraftienne

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario très classique
  • Quelques maquillages un peu léger, notamment Sarah sur la fin.

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