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Critique du Film : Les Chroniques de Spiderwick
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Critique du Film : Les Chroniques de Spiderwick

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 24 juin 2008 à 1027

Un monde au-delà du donut...

En aménageant dans la vieille maison familiale, les Grace ne savent pas encore qu'ils vont bientôt découvrir un univers magnifique mais dangereux, composé de créatures inconnues et de magie...


Le scénario des Chroniques de Spiderwick est basé sur une série de cinq romans illustrés d'excellente réputation. Destinée à un lectorat allant de neuf à douze ans, cette histoire de Tony DiTerlizzi et Holly Black met en scène le quotidien d'une famille qui doit à la fois composer avec les tracas de la vie moderne et la découverte d'un univers merveilleux. La trame est donc excessivement classique, avec la présentation d'éléments narratifs et dramatiques bien balisés, comme le père absent, les difficultés financières, le fils turbulent et incompris, la grande soeur envahissante. Bref, on est invité à évoluer en terrain reconnu, même si pour cela il faut se plaquer un donut de pierre sur l'oeil ou y recevoir des immondes glaires de hobgoblin.
Et pourtant, pourtant, malgré ces aspects déjà-vu et son atmosphère "teen movie" très policée, le film de Mark Waters propose une relecture qui se trouve être pertinente (et c'est probablement ce qui a entraîné le bon succès de la série de romans). Il est en effet intéressant de noter que le style de traitement et la thématique exposée penchent plus vers la dark faerie que vers cette heroic fantasy qui commence sérieusement à se répéter (et à me gonfler). Le monde de Spiderwick est à la fois merveilleux et périlleux, empli de créatures sans définition d'origine hormis l'évidence d'une racine elfique (dans le sens féerique du terme) et légendaire (trolls, ogres et farfadets). Au final, on a donc l'exposition d'un bestiaire et d'un panorama s'inspirant des fables et des légendes des frères Grimm - et tous ces auteurs conteurs des anciens temps - par le biais d'un traitement moderne révisant les canons habituels.
Pour ce faire, les concepteurs (qui ont pris comme base les dessins de Tony DiTerlizzi) s'inspirent de ce qu'ils ont probablement apprécié durant leur jeunesse. Ainsi, les gobelins nous rappellent fortement critters et autres gremlins (voire les ghoulies) notamment lors de l'attaque de la maison au cours de laquelle certaine séquences lorgnent carrément du coté de Joe Dante. Les moyens techniques actuels permettent d'ailleurs de nous offrir un éventail de créatures toutes aussi "crédibles" et morphologiquement originales les unes que les autres (mention spéciale au hobgoblin et sur allure de cochon dégueulasse). L'assistant minuscule d'Arthur Spiderwick, quand à lui, tire ses origines aussi bien de la souris Jerry que de Schrek. C'est dire l'éventail des influences...

Au niveau de la réalisation, pas grand chose à reprocher. Mettre en image un scénario fruit d'un énorme travail de synthèse (5 tomes - même courts - résumés en un film d'une heure trente, fallait oser!) ne fut certainement pas une mince affaire et Mark Waters s'en sort très bien. Le cinéaste a choisi d'opter pour des prises de vue multipliant les valeurs de cadre et un montage nerveux, ce qui lui permet d'enchaîner les séquences de manière dynamique afin de masquer l'enchaînement quelque peu précipité des évènements. Là encore, on peut y voir l'influence des teen movies des années 80, comme les Goonies ou E.T., qui utilisent les même procédés narratifs et rythmiques. Le seul problème, inévitable, est que l'on reste en permanence dans la superficialité, les émotions ne découlant que d'évènements précalculés et graphiquement définis suivant les schémas habituels.
Autre particularité de ce film, le double emploi du jeune Freddie Highmore. Aujourd'hui une star (alors qu'il n'est âgé que de 16 ans!), le comédien endosse en effet les rôles de jumeaux aux personnalités bien différentes. Le résultat est mitigé, à la fois par l'excès de manichéisme employé pour construire les profils psychologiques de Jared et Simon (encore l'effet teen movie) que par la performance très moyenne de l'acteur, qui se montre parfois particulièrement atone (sans être excécrable ni agaçant). Même constat pour Sarah Bolger, qui interprète la soeur ainée et qui, souvent, selon toute évidence, ne sait trop sur quel pied danser. Heureusement que vu le style de traitement choisi - privilégiant plus les situations que les positionnements des personnages -, la tenue dramatique du film ne sollicite pas trop leur jeu manquant de force (la direction d'acteurs y est surement aussi pour quelque chose).
Les effets spéciaux d'ILM et de Tippett Studio sont absolument géniaux. Pas trop envahissants, ils matérialisent toutes les fantasmagories de la culture anglo-saxonne de manière inattendue. A part le griffon et son allure classique (mais très réussie), toutes les autres créatures des Chroniques de Spiderwick - gobelins, hobgobelins, sylphes (des pixies), farfadets, et dans une moindre mesure, le colossal Mulgarath - sont sacrément originales et respectueuses des romans. Seul bémol, le troll-taupe, avec son allure très "lord of the rings", qui se rapproche un peu trop des clichés d'héroic fantasy (personnellement, j'aurai carrément opté pour une taupe géante, myope, et terriblement méchante, mais bon...).

Pour finir, je vais mettre un petit carton jaune à James Horner, qui nous ressert encore une fois sa musique pompeuse et mille fois entendue. Le classicisme et les grandes pompes, c'est classe et ça fait sérieux, mais le renouvellement est également une bonne chose. Nous ressortir ces partitions emplies d'envolées lyriques sans aucune imagination, ce n'est pas faire preuve d'une grande dévotion envers le contenu du récit. James Horner, le Richard Clayderman des studios? Franchement, j'espère que non, vu le grand respect que j'ai pour le compositeur quand il veut se donner la peine de Créer (avec un grand C).

La conclusion de

Les Chroniques de Spiderwick est une bonne surprise. Le film n'est ni génial dans son histoire, ni très surprenant dans sa thématique, mais il se démarque par un traitement original et un aspect dark faerie qui nous change un peu de l'aujourd'hui habituelle heroic fantasy. A cela, il convient de ne pas manquer de signaler des effets spéciaux de qualité, pas trop envahissant, et un bestiaire très amusant.

Que faut-il en retenir ?

  • Une imagerie originale et un bestiaire amusant
  • Des effets spéciaux de qualité
  • Une atmosphère dark faerie très pertinente

Que faut-il oublier ?

  • Une thématique assez convenue
  • Niveau d'interprétation moyennement convaincant
  • La bande originale sans imagination

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