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Tobe Hooper's Mortuary >

Critique du Film : Tobe Hooper's Mortuary

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 7 mai 2008 à 14:13

N'est pas mort ce qui à jamais dort, sauf Tobe Hooper

N'est pas mort ce qui à jamais dort et, en d'étranges éternités, la Mort même peut mourir...
En reprenant l'une des interprétations de la plus mythique des phrases du Nécronomicon et en la gravant sur une plaque de métal appliquée sur une porte scellée située au fond d'un caveau, Tobe Hooper annonce clairement vouloir faire de son Mortuary un récit purement lovecraftien. Il est vrai que le décors et les protagonistes s'y prêtent particulièrement: une vieille morgue à demie en ruine, près d'un cimetière abandonné attenant à un terrain vague et dépendant d'une petite ville peuplée d'habitants aux comportements étranges. Reste le scénario...
Ecrit par Jace Anderson et Adam Gierasch, le script de Mortuary raconte l'histoire d'une famille qui vient subir la perte du père. En charge de ses deux enfants, la mère décide alors de reprendre ses études et, une fois son diplôme en poche, accepte un emploi d'embaumeuse dans une petite ville de province. Arrivés sur place, Leslie, Jonathan et la petite Jamie découvrent que leur logement est dans un état de délabrement avancé, que la fosse septique fuit, empestant l'atmosphère, et que des bandes de jeunes s'amusent à profaner le cimetière voisin. Pire,ils apprennent aussi que les Fowler, les anciens propriétaires de ces lieux, traînaient une exécrable réputation et qu'ils ont été retrouvés morts, sauvagement assassinés dans cette maison...


Dit comme ça, le récit à l'air intéressant. Il en est cependant autrement lorsque l'on constate le résultat à l'écran. En effet, pendant 90 minutes, Tobe Hooper fait la grosse erreur d'hésiter entre deux traitements aux profils bien différents, voire antithétiques: la série B et le cinéma bis. Du premier, il emprunte les clichés du slasher, les artifices sonores, la SF horrifique, le jeune adolescent au profil conflictuel et la légende urbaine; du deuxième, il récupère l'horreur baroque, la parodie potache, les icônes monstrueux et les clichés pulps. Puis, pour finir, il mélange le tout en prenant bien soin d'aseptiser l'ensemble afin de pouvoir s'adresser à la plus large audience possible; pas de sang, pas de sexe, pas d'outrecuidance. Au final, on a l'impression d'assister à un double métrage réunissant de manière forcée un épisode des Creepshow et un volet des Vendredi 13.
Par conséquent, à aucun moment, le cinéaste n'arrive à poser une atmosphère (un comble pour un film qui se déroule presque exclusivement dans un cimetière et une morgue). Un fait d'autant plus grave que tous les éléments composants le récit sont totalement dénués d'originalité, privant le métrage de tout suspense et rendant extrêmement prévisibles les quelques rebondissements qui balisent métronomiquement le métrage. Des éléments narratifs qui se révèlent d'ailleurs bien trop nombreux et qui rendent le récit brouillon et aboutissant souvent à des pistes inachevées: le père absent (pas du tout exploité), la maison labyrinthique, la légende Fowler (à peine survolée), le dégénéré psychopathe (simple et anecdotique instrument), les zombies (absolument pas mis en valeur), les curieuses racines (aucune explications sur leurs agissements agressifs), le maire boiteux (un freak prometteur pourtant inexploité), le monstre du puit (mais que fout-il là?), ouf!... Le spectateur, ballotté entre tous ces symboles et ces idées aux développements à peine esquissés, finit par complètement décrocher de l'intrigue et à rire jaune des situations les plus outrées. L'exemple le plus flagrant est l'inefficacité de la séquence horrifique ou les zombies envahissent la maison; une scène hystérique, inspirée du cinéma de Gordon ou Yuzna (les Re-animator par exemple) mais qui ici ne fonctionne pas du tout tant le spectateur ne sait sur quel pied danser.

Notons aussi que si Tobe Hooper lorgne du coté de Phenomena et de Frankenstein avec son romantique duo "petite fille/monstre dégénéré", il n'oublie pas d'entretenir en permanence le cachet cthulhien de son affaire - histoire de donner l'impression d'une quelconque cohérence dramatique?. Ainsi, le monstre du puit est bien le sujet du climax du film, avec sa scène de sacrifice ( on préférera cependant celle du Dagon de Stuart Gordon, aussi médiocre techniquement mais nettement plus efficace par son ambiance déjantée et baroque) assez fidèle au mythe. Mais on n'oublie pas non plus l'usage de la poudre de Suleiman (ici remplacée par du sel pour ne pas dérouter les non-initiés aux arts lovecraftiens) pour renvoyer dans leurs dimensions les créatures zombifiées. Là encore, tout est précipité, aucune explication n'est fournit au spectateur qui doit accepter tout en bloc comme s'il était le dernier des crétins, et là encore, ça ne fonctionne pas. Et ne parlons pas du twist final, si honteux que je préfère jeter un voile pudique dessus...
Bon, il convient de ne pas non plus jeter le bébé avec l'eau du bain. Mortuary est nettement moins mauvais que d'aucun veulent bien le clamer. La photographie, par exemple, est excellente et procure au métrage un aspect macabre "Fulci" (notamment dans la mise en place) qui m'a beaucoup plu. La musique de Joseph Conlan est également efficace, surtout dans les moments critiques où Tobe Hooper accentue la brutalité de son montage par des champs/contre-champs rustres et particulièrement pertinents (la séquence de la cuisine est la plus réussie du film à mon goût). Finalement, en se penchant de plus près sur le film, on se rend compte que les moments les plus réussis de Mortuary sont ceux où Tobe Hooper oublie un peu de bouffer à tous les râteliers du genre pour se consacrer pleinement au cinéma malsain, décalé et bizarre qu'il affectionne. Ce qui n'est hélas pas souvent le cas dans ce film...

33

Véritable foutoir sans but précis à partir du mi-métrage, Mortuary est un film foireux. Malgré quelques qualités esthétiques et la présence de quelques séquences intéressantes - au cours desquelles Tobe Hooper laisse apparaître son talent pour illustrer le glauque et le macabre -, le film se révèle souvent soporifique et prévisible - et parfois même risible tant le spectateur ne se sent pas impliqué dans le récit. Un manque d'originalité un peu inquiétant qui peut nous laisser craindre que Tobe Hooper se retrouve désormais et définitivement privé de toute inspiration, répétant sans passion un cinéma désormais révolu afin d'assurer le confort de ses vieux jours.

Critique de publiée le 7 mai 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Une ambiance macabre parfois intéressante
  • Photographie soignée
  • Bande musicale efficace
  • Quelques bonnes séquences

Que faut-il oublier ?

  • Aucune originalité
  • Méli-mélo d'idées et de concepts non développés
  • Un véritable bordel narratif à partir du mi-métrage
  • Un final totalement débile
  • Des très mauvais effets numériques

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