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Critique du Film : Enchanted: il était une fois
Enchanted: il était une fois >

Critique du Film : Enchanted: il était une fois

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 22 mars 2008 à 1142

La princesse des rats et des cafards

L’idée m’a paru plus que séduisante. Plonger des personnages de dessin animé, qui plus est des archétypes de contes de fée, dans un univers réaliste et moderne m’a en effet semblé une excellente idée. Pour une fois que l’on tente le chemin inverse. Ce coup-ci, ce n’est plus des individus comme vous et moi qui se retrouvent projetés dans un monde cartoon, mais bien des créations poétiques et romanesques enfantines qui se voient confrontés aux dures réalités de la vie réelle.
Le début m’a cependant laissé perplexe. Non pas en ce qui concerne la réalisation, elle est exemplaire. Ces dix minutes de dessins animés période Disney années pré-numériques sont tout simplement parfaites du point de vue technique. Non, j’ai plus été surpris par l’atmosphère générée par le métrage, extrêmement naïve et à la limite du ridicule. Puis, la méthode choisie par Kevin Lima a commencé à faire son effet. En fait, le film commence par nous imposer les concepts puérils du conte de fée pour mieux s’en moquer par la suite. En nous exposant les scènes mille fois vues et revues empruntées à La Belle au Bois Dormant, Cendrillon et Blanche-Neige, il nous prépare à les comparer aux mêmes séquences, mais déplacées dans un décors réaliste. Et c’est ce processus comparatif qui rend le film si efficace.


Une fois les bases posées, les protagonistes introduits (le prince charmant, la princesse pure, la belle-mère cruelle, l’animal familier, le serviteur dévoué), Kevin Lima nous amène dans le New-York d’aujourd’hui, entrainant dans son délire ces personnages utopiques qui se retrouvent pour le coup complètement déboussolés. On se retrouve en quelque sorte avec des victimes du « syndrome de l’extra-terrestre », une position psychologique qui entraine des situations cocasses par le fait même que l’attitude du « patient » est complètement décalée par rapport à la situation. Mais avec des personnages idéalisés, c’est encore plus efficace, surtout que de nombreux gags sont extrêmement bien pensés. Car il faut dire qu’en plus de présenter un aspect second degré et une couche d’autodérision complètement inattendue dans un produit Disney, certaines séquences tirent vers la pure comédie loufoque. Je pense surtout avec cette hilarante scène où, pour faire le ménage, la princesse Gisèle appelle les animaux par une happy working song et se retrouve à danser avec pléthores de rats, de pigeons et de cafards !
Le film n’est pas non plus avare en critique sociale, avec une forte dose de cynisme. Le court dialogue qui se pose en milieu de métrage entre le new-yorkais Robert et Gisèle expose toute la thématique sociale de Enchanted ; la difficulté d’exprimer ses choix et ses sentiments.
- Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ?, demande la Princesse. - Cinq ans, répond Robert. - Et vous ne l’avez pas encore épousée ?, s’étonne Gisèle. « Cela ne m’étonne pas qu’elle soit triste. »
Car malgré tout ce qu’elle voit, ce qu’elle endure, Gisèle garde sa pureté, et elle ne se retrouve nullement pervertie par la réalité. Elle continue à penser, agir, comme si elle évoluait dans un monde de conte de fée et non seulement elle résiste parfaitement à des valeurs qui lui sont inconnues comme la jalousie, le cynisme, la colère, la tristesse, mais de plus elle parvient à s’amuser – et nous amuser - de son humanisation. Une joie de vivre qui lui permet de conserver tous ses « pouvoirs » dans un univers que le cinéaste nous décrit volontiers comme un Enfer sur Terre.

Mais Gisèle n’est pas la seule à s’aventurer dans notre monde. En effet, son prince charmant va le suivre de très près, accompagné d’un écureuil qui en passant la barrière de la réalité perd le don de parole mais conserve toute son intelligence et sa malice. Hors, dans ce monde, le prince Edward, aimable, courageux et galant, se révèle être une charmante coquille vide suivant aveuglément ses préceptes enfantins, ne cherchant jamais à appréhender le nouveau monde qui l’entoure. Le parfait crétin qui commence par attaquer à l’épée un autobus et qui finit équipé en parfait touriste de base, un hot-dog à la main, mais en gardant à l’esprit son principal objectif, rentrer en Andalousia, le pays imaginaire.
Et c’est à ce moment que Enchanted laisse apparaître son coté féministe. Gisèle, elle, ne veut pas rentrer dans son « pays » d’origine. Gisèle, tout en gardant sa candeur et sa beauté pure, veut rester dans ce monde difficile, mais où aucune destinée n’est établie suivant des critères manichéens. Elle finira même par inverser les rôles, endossant celui du chevalier sauvant sa princesse (qui se trouve être un homme, bien entendu !). On peut bien entendu être gêné par le coté extrêmement « politiquement correct » de ce film (on est chez Disney, ne l’oublions pas), personnellement, je retiendrai surtout que malgré cet aspect, Kevin Lima parvient à éviter de manière élégante le piège de la mièvrerie. La plupart du temps en cultivant une atmosphère parodique, bourrée de références et de clins d’œil, et dépourvue de toute vulgarité.

J’ai beaucoup apprécié la distribution. Amy Adams, charmant mélange d’une Nicole Kidman et d’une Anna Faris, est tout simplement délicieuse et joue son rôle à fond, dans une bonne humeur extrêmement communicative (Je me suis pris à imaginer ce qu’elle aurait pu apporter dans la peau de Samantha au ratage Ma Sorcière Bien Aimée). A coté d’elle, Patrick Demsey est très à son aise dans ce rôle de yuppie new-yorkais cynique et faisant le métier le plus honni d’Amérique (avocat). Notons aussi les bonnes prestations de Timothy Spall, Susan Sarandon et James Marsden, ce dernier ayant le rôle le plus ingrat car le moins crédible (faut le voir se balader en ville avec son costume ridicule, les new-yorkais ne s’étonnent vraiment plus de rien !).

La conclusion de

Enchanted : il était une fois est une sympathique comédie romantique destinée à toute la famille (bien que les plus jeunes ne percevront pas l’omniprésence d’un second degré). L’idée de base, projeter des personnages de contes de fée dans un monde réaliste, est formidable, et la réalisation tient bien la route, aidé par un casting de qualité – notamment Amy Adams, vraiment charmante -, et un scénario qui abonde en références, en gags et en clins d’œil. Bien entendu, on reste dans la cour de jeu de Disney, avec se défauts et ses récurrences, mais cela ne gène en rien le plaisir dégagé par la vision de cette aventure à la fois loufoque et romantique.

Que faut-il en retenir ?

  • Une idée de base formidable
  • Un scénario fourmillant de gags réussis, de références, de clin d’œil
  • Un second degré omniprésent
  • Une interprétation de qualité

Que faut-il oublier ?

  • Cela reste une production Disney, donc « politiquement correct » oblige
  • Une partie finale, accès sur l’action, qui n’a pas grand-chose à faire dans ce film
  • Des effets spéciaux pas toujours à la hauteur

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