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L'Orphelinat >

Critique du Film : L'Orphelinat

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 18 mars 2008 à 15:26

La demeure des Enfants Perdus

Une jeune femme s'installe avec son fils et son mari dans un ancien orphelinat qu'elle a occupé dans sa prime enfance. Une fois sur place, l'enfant, adopté par la famille et atteint du virus du SIDA, déclare s'entretenir et jouer avec des amis invisibles. Des prétentions que les parents, conciliants, mettent sous le fait de son imagination... jusqu'au jour où, au cours d'une réception, l'enfant disparaît.
L'Orphelinat: une grande maison isolée et hantée où se sont passées des choses horribles, des portes qui claquent, des lumières qui clignotent, des objets qui se meuvent tout seul, un ciel d'orage, une photographie gothique ; que des éléments clichés qui peuvent nous faire craindre un produit de pure exploitation, sans imagination et au récit mainte fois rabâché. Hors, au sortir de ce conte horrifique somme toute banal, l'on se rend compte que le film du jeune Juan Antonio Bayona n'est en aucun cas une purge aseptisée mais une oeuvre intéressante et surtout intelligente.
Si l'on se contente de regarder d'un oeil négatif ce nouveau film "d'atmosphère" espagnol, il est vrai que l'on se peut se contenter de prendre en compte que le cinéaste n'a pas été chercher midi à quatorze heures. Que cela soit dans son thème, assez conventionnel, que dans la reconstitution de son environnement, l'on évolue en terrain reconnu, voire même balisé, qui annihile toute sensation d'effroi. C'est à la fois une question de facilité (les films de fantôme mettant en scène des enfants ont prouvé leur efficacité dramatique) qu'un choix volontaire d'instaurer une imagerie identitaire que l'on attribue désormais au cinéma fantastique hispanique depuis le succès des Autres. En réalité, pour déceler le secret de la réussite de l'Orphelinat, il faut chercher un peu plus en profondeur, du coté de la structure narrative.
Penchons-nous un peu sur ce secteur et l'évidence surgit à nos yeux sans plus d'effort; la magie de cette oeuvre vient de l'extrême délicatesse de son auteur. On constate en effet que le cinéaste, pour son premier film (mais probablement bien assisté par son mentor Guillermo Del Toro), parvient parfaitement à doser les différents ingrédients qui font la recette d'un bon film. Il ne pousse pas trop sur les effets "surnaturels" démonstratifs, introduit avec équilibre des éléments narratifs imprégnés de paranormal américain et de mysticisme catholique, utilise comme support narratif le regard désespéré d'une mère en évitant aisément le piège du pathos, et gère avec malice le twist scénaristique pour qu'il colle parfaitement au climax sans le mettre à mal. Il en résulte que le produit fini nous rappelle bon nombre d'oeuvres bien connues (les Autres bien sûr, mais aussi L'échine du Diable, Vendredi 13 et Poltergeist) sans que l'on s'en offusque pour autant. Bref, c'est du travail d'orfèvre qui, faute d'éveiller la peur chez le spectateur, fait surgir d'autres sentiments, comme l'angoisse et l'émotion.
J'ai également applaudi à certains choix. Celui de la comédienne principale tout d'abord. En portant sa préférence sur une femme d'âge mure, sur une actrice capable d'exprimer d'un seul regard la souffrance et le désespoir sans devoir en rajouter, Bayona a eu le nez fin. Rien de telle qu'une comédienne talentueuse (sans être une bomba latina) pour faire passer un message sans qu'il soit nécessaire d'en faire des tonnes au niveau de la mise en scène. Ensuite, j'ai également apprécié que le réalisateur reste très sobre sur la théâtralité, cela permet de faire passer sans heurt quelques incohérences (il est en effet inconcevable que la police n'ait pas découvert ce passage vers la cave) et de mettre la nature des "spectres" entre parenthèses, les rendant aussi impalpables psychologiquement qu'invisibles à nos yeux - et nous entraînant ainsi sans effort dans la fausse piste suivie par la mère. Ainsi, grâce à tous ces petits détails, ce qui aurait pu être une simple ghost story prévisible devient un jeu de piste passionnant et émouvant.
J'ai cependant été géné par le final. En effet, je trouve qu'il est dommage que le réalisateur n'ait pu s'empêcher d'orienter son dénouement vers un happy end un peu trop mielleux. Une séquence optimiste qui fait quelque peu écrouler tout le château de cartes émotionnel qu'il avait mis tant de soin à construire. Une erreur de jeunesse, probablement, qui ne remet nullement en cause le talent de ce cinéaste très prometteur.

75

L'Orphelinat, auréolé d'un prix bien mérité au festival de Gerardmer, est un film à la thématique et au cachet esthétique que l'on pourraient considérer comme communs, mais il se démarque de la masse par une grande délicatesse dans son traitement narratif. En mélangeant avec parcimonie et justesse tous ces éléments qui, pris indépendamment, ne sont guère enthousiasmants, Juan Antonio Bayona parvient à construire un récit à la fois passionnant, angoissant et émouvant.

Critique de publiée le 18 mars 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Un traitement narratif d'une grande justesse
  • Une comédienne de talent
  • Une réalisation peu personnelle mais efficace
  • Une bonne petite dose d'émotion, sans pathos

Que faut-il oublier ?

  • Un final optimiste un peu incongru
  • Thématique et esthétisme très conventionnels

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