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Critique du Film : The Mist
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Critique du Film : The Mist

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 12 mars 2008 à 1448

Gordon Freeman a-t-il encore fait une boulette?

Six ans après le bide de The Majestic et un passage forcé dans l'anti-chambre obscure des productions télévisuelles, Frank Darabont effectue son come-back cinématographique avec seulement 18 millions de dollars mais avec en mains un script inspiré de l'oeuvre d'un auteur qui lui a naguère apporté une éphèmère gloire; Stephen King. Il espère ainsi probablement, en plus d'attirer dans les salles le grand réservoir de fans des oeuvres du maître, redorer son blason de réalisateur fantastique à travers les propos d'un auteur qu'il connait parfaitement bien - et qu'il côtoie.
En effet, Brume est la principale nouvelle (environ 180 pages) du receuil Skeleton Crew. Moins connu que Danse Macabre, écrit au début des années 80, on peut dire sans risque que ce livre n'a guère intéressé jusqu'à ce jour les studios. On peut juste citer les adaptations du Radeau (l'un des segments de l'anthologie cinématographique Creepshow) et de Mémé, qui fit l'objet d'un épisode de la série de la Quatrième Dimension, version années 80. Ainsi, l'annonce de cette adaptation n'a pas manqué de m'étonner. Non pas, comme je l'ai déjà dit, par le choix de son auteur originel, mais par la nature même de la nouvelle, qui appartient à la période "pulp" de Stephen King, et qui se situe très loin des univers plus sobres chers à Frank Darabont.


Brume raconte une histoire très simple. Celle d'une petite communauté réfugiée dans un supermarché après que la région ait été envahie par un mystérieux brouillard. Un phénomène apparemment anodin mais qui semble pourtant dissimuler en son sein d'horribles créatures avides de chair humaine. En fait, dans cette nouvelle, Stephen King porte plus un regard critique sur ses semblables qu'il ne s'intéresse aux monstres sévissant dehors. Ainsi, petit à petit, sous les effets de la peur, le lecteur va voir des personnalités émerger puis s'affirmer, des clans se former, et les conflits d'opinions se transformer en affrontements idéologiques. Fidèle à l'oeuvre, Frank Darabont récupère totalement cette thématique, son film laissant apparaître de manière crue et tonique tous ses différents aspects. En effet, face à une menace extérieure d'origine inconnue, l'artificielle harmonie de cette petite communauté humaine coupée du reste du monde (dont nombreux sont ceux qui se connaissent et s'apprécient) va véritablement imploser. Les piliers psychologiques et moraux de la civilisation s'écroulant les uns après les autres, l'on se trouve rapidement devant une sorte de relecture bis de la Majesté des Mouches (de William Golding) où, privés de repères tangibles et de source de pouvoir identifiable, des individualités égarées se solidarisent et retombent dans la barbarie idolâtre sous la direction d'un chef au profil messianique.
Si ce groupe de fanatiques (assez caricatural, il faut bien l'admettre) est le plus intéressant, il n'en pas pour autant le seul. Il y a aussi celui du dénie, dont le porte-parole, un avocat New-Yorkais en vacance, par ses belles paroles pleines de réalisme, parvient à entraîner à l'extérieur les clients les plus installés dans la rationalisation moderne. Puis, il y a le groupe du héros, un aimable papa qui se raccroche, lui, aux valeurs morales de base (la famille) et autour duquel se regroupent les protagonistes les plus "équilibrés". Et c'est au coeur de cette "entité politique" qui prône l'espoir et l'instinct de survie que va se dégager le personnage le plus intéressant du film (en dehors de la prédicatrice mrs Carmody), à savoir le gentil caissier rondouillard Olie Weeks (Toby Jones) qui va laisser apparaître sa véritable personnalité, celle d'un homme courageux et réactif. Le seul homme qui se retrouve finalement grandi de cet horrible évènement.

Au niveau de la réalisation, j'ai été heureux de constater que les restrictions budgétaires ont rendu un fier service à Frank Darabont. Tourné dans un délais très court, le film gagne énormément en nervosité, en spontanéité. Cette absence de "réflexion" dans le déroulement de l'histoire amène un bienvenu cachet brut de décoffrage, style "film de genre" des années 80. Ainsi, il n'y a pas que la présence de brouillard qui fait que The Mist se rapproche du cinéma de John Carpenter. Un John Carpenter qui a d'ailleurs déjà traité du phénomène de l'explosion d'un groupe humain piégé et terrifié à travers sa relecture de la Chose d'un Autre Monde, une oeuvre viscérale et terriblement efficace mettant en exergue la sentence de Thomas Hobbes - l'homme est un loup pour l'homme. D’ailleurs,dans The Mist, le final, complètement différent de la fin ouverte du texte original, illustre parfaitement cette thèse (de manière trop mélodramatique, sur cette musique de Dead Can Dance? Le débat est lancé...)
Cependant, le film possède les défauts de ses qualité. Tout d'abord, l'aspect bis un peu trop omniprésent, qui fait que le film bascule sans cesse entre le ton grave, la dérision, le cynisme, sans réellement se poser de barrières philosophiques. le film mange ainsi un peu à tous les râteliers narratifs, exposant sans vergogne des groupes identitaires un peu trop affirmés pour être réellement pris au sérieux. Rien de dramatique en somme, mais un manque de gravité dans le traitement (contrairement à ses précédentes adaptations, aux matériaux de base plus riches) qui fait que cett nouvelle oeuvre de Frank Darabont ne dépasse pas le stade de série B de qualité. Puis, j'ai également trouvé le niveau d'interprétation un peu fade. Hormis Marcia Gay Harden, délicieusement haïssable, et le surprenant Toby Jones, le reste du casting manque de profondeur, ce qui entraîne un déficit affectif dans nos ressentis envers la plupart des personnages, notamment Thomas Jane, vraiment peu charismatique.

Les effets spéciaux, eux, sont de bonne facture. Plus mises en évidence que dans le livre (assez Lovecraftien dans le registre descriptif), les créatures insectoïdes sont au service du film et non l'inverse, ce qui est une très bonne chose pour un film voulant traiter d'humanité avant tout. Leurs interventions sont efficaces, impressionnantes sans être envahissantes (avec de nombreux références aux films SF de série B), et les gigantesques monstres fondus dans la brume évoquent, dans un mariage d'imagerie géniale, à la fois les machines de la Guerre des Mondes et un univers cauchemardesque à la Half Life.

La conclusion de

The Mist est une bonne surprise. A partir d'un matériau de base de qualité (la nouvelle manque de subtilité mais est excellente!), Frank Darabont nous offre une série B très nerveuse, porteuse d'interrogations d'ordres philosophiques et politiques simples mais bienvenues, bénéficiant d'un récit horrifique bien tendu et dotée de sympathiques effets spéciaux. Bref, un film qui n'est pas génial - de par son coté "rustre" -, moins marquant que ses précédentes adaptations tirées de la bibliographie du maître, mais qui est cependant à même de combler d'aise les millions de fans de Stephen King, ainsi que tous les amateurs d'horreur-fiction.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario parfaitement maîtrisé, réalisation efficace
  • Un regard intéressant sur la nature humaine
  • Des effets spéciaux intéressants

Que faut-il oublier ?

  • Parfois un peu caricatural
  • Une manque de tenue de le ton narratif employé
  • Des personnages aux profils un peu léger

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