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Critique du Roman : Code source

Avis critique rédigé par Manu B. le jeudi 6 mars 2008 à 1250

Code source

"Contre son oreille, Hollis Henry entendit le téléphone prononcer deux mots. -Rausch. Node. Elle alluma sa lampe de chevet, éclairant la canette d'Asahi pression rapportée le soir précédent du Pink Dor et son Powerbook couvert d'autocollants, fermé et en veille. Elle lui envia son inertie..."
De nos jours. Tito est un Cubain chinois, membre d'une famille d'espions, à qui on confie la mission de donner des iPods, au contenu mystérieux, à un vieil homme. Grâce à ses talents d'art martial russe appelé le systema, de free-running, une discipline d'acrobate, et sa connaissance du volapuk, il devient une ombre sur l'échiquier mondial des services secrets. Hollis Henry, ancien membre du groupe Curfew, est maintenant journaliste indépendante. Du moins elle essaie de gagner sa vie avec ce métier. Elle se voit confier la tâche d'écrire un article sur l'utilisation de la locative technology dans le domaine de l'art. C'est à coup sûr une mission à fréquenter les pires geeks de la Terre! Enfin, Milgrim est une sorte d'otage, un gars qui s'est fait kidnappé et qui ne reste avec son ravisseur Brown que parce qu'il est accro à l'Ativan. Il doit décoder le Volapuk que la famille de Tito utilise. La question qui le taraude est de savoir si Brown fait bien partie du gouvernement. Mais quel est le lien entre ces trois personnes ? Quel est le but de tout cela ?...
Si William Gibson est surnommé le cyberpape, comme l'un des fers de lance de la littérature cyberpunk, dans les années 80 et début 90, force est de constater que cet auteur a pris un virage considérable dès le roman identification des schémas, paru en 2003. L'écrivain américain serait-il perdu pour la science fiction aux univers futuristes?
Il fait maintenant dans le mainstream. Mais ce n'est pas par reniement du genre qu'il s'est dirigé vers cette voie qui, pour nous lecteurs de SF, nous intéresse moins, mais plutôt parce que Gibson s'intéresse plus à ce qui se passe aujourd'hui. C'est à dire qu'après avoir écrit une littérature plutôt visionnaire, en imaginant le Réseau, la Matrice, ce qui aboutira à Internet, après avoir décrit la Contre-culture issue de cette technologie, les micro sociétés s'inspirant du réseau, son câblage et son rapport à la machine en général, il a du constater que cette vision du futur commençait forcément à coller au présent. Le présent a rattrapé son futur. Peut-être que voir sa vision future se réaliser a changé sa façon d'écrire. C'est peut-être pour cela qu'il n'écrit plus son futur, mais notre présent. Identification des schémas était la première de ses incursions dans le mainstream, mais elle restait quelque peu futuriste. Il semblait manquer un quelque chose pour définitivement faire le pas. Avec code source, le pas est franchi. On est dans le techno thriller. Le genre du moment.
Alors évidemment, l'auteur n'a pas perdu de sa superbe lorsqu'il s'agit de décrire un lieu, une personne, une situation. Il semble même avoir retrouvé les bonnes figures de style de la bonne époque de Neuromancien. Il retrouve aussi les bonnes ficelles, les bonnes intrigues avec Code source, qui est à proprement parlé un roman d'espionnage. Il manque cependant les bonnes idées futuristes et révolutionnaires, chères aux lecteurs de fiction speculative. Ça ne l'empêche pourtant pas de traiter de thèmes passionnants: le locative art et le rapport entre la technologie et la société. Technologie et société ont toujours été liées dans un lien de cause à effet, l'un entraînant l'autre chacun son tour. La société crée la technologie qui crée la société. L'un des exemples est justement cette idée autour du réseau que l'auteur connaît sur le bout des doigts. La société, pour des besoins militaires a eu besoin de réseau qui s'est, par la force des choses, développé dans le civil. Et c'est maintenant toute notre société qui est fondée sur ce réseau, par les mobiles, Internet, l'ordinateur, à tel point que le monde s'est réorganisé en fonction de cette technologie. Supprimez le réseau global et c'est le chaos. Cette idée n'est pas nouvelle, mais ce roman illustre de manière dramatique à quel point la société a basculé dans ce que Gibson imaginait il y a vingt ans. Pas comme ça, pas sous forme de réalité virtuelle avec des casques, mais on est dans le concept. Ce qu'il y a de fascinant est cette espèce de sphères de réseaux à l'intérieur du Réseau. Grâce au wifi, chacun a l'impression de créer son propre microcosme, son propre réseau, son propre monde. Or ce monde est accessible par tout usager extérieur selon qu'il est protégé ou non. Comme si la carte des propriétés était redécoupée, les frontières repoussées grâce à ces mini réseaux. Du coup, l'espace peut être occupé de différente manière et des artistes numériques peuvent y laisser des oeuvres d'art uniquement visibles sur la carte des réseaux, via GPS et wifi. Concept vertigineux.
Le problème de ce roman survient au dénouement. A l'instar d'identification des schémas, William Gibson ne sait pas finir son roman. Comme s'il avait toutes les cartes en main mais qu'il ne savait pas quoi en faire. Dommage, dommage.

La conclusion de

Code source est un roman aux concepts puissants. Une puissance assez mal négociée en fin de compte.

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