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Critique du Film : Black Sheep

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 22 janvier 2008 à 14:45

La désopilante invasion des moutons-garous…

Des années après avoir quitté la ferme familiale pour y épouser le métier d’informaticien, le jeune Oliver doit y retourner pour régler quelques affaires familiales.
Il va ainsi retrouver la jolie campagne néo-zélandaise, ses verdoyantes prairies couvertes de ses multitudes de moutons. Un spectacle paradisiaque, reflet enchanteur du jardin d’Eden… Seul problème : Oliver est ovinophobe !
Lorsque j’ai eu le privilège de rencontrer Jonathan King, juste après la projection de Black Sheep -dans le cadre du Fantastic’arts 2007 - je n’en ai pas cru mes yeux et mes oreilles. Au lieu de découvrir un personnage exubérant et enthousiaste (la sorte de Tarentino des antipodes auquel je m’attendais), j’ai au contraire salué un jeune homme timide et d’une incroyable modestie, au classicisme vestimentaire très éloigné du cliché habituel « geek potache ». Non, Jonathan King, son exubérance, son gout pour la farce et le cinéma de genre, il l’exprime à travers ses films - ou plutôt SON film car Black Sheep est sa première œuvre.


L’idée première du scénario est de récupérer l’animal le plus anodin et le plus stupide possible pour le transformer en un redoutable prédateur. Il reprend bien entendu les principes de son mentor Peter Jackson : cultiver l’absurde et le gore tout en gardant un ton de traitement très sérieux, pour aboutir à une comédie grand-guignol déjantée. Les cinéphiles argumenteront que cet amalgame n’est pas nouveau car il est la recette conceptuelle de la plupart des films de genre des années 80. C’est exact, en récupérant cet esprit, Jonathan King vise bien sur à séduire le jeune public mais aussi à récupérer les trentenaires et les quadras anciens fans de films comme Brain Dead, Re-animator ou Street Trash.
Et le pari est réussi, grâce à l’utilisation des techniques les plus pointues aptes à satisfaire les cinéphiles des années 2000 - comme l’utilisation du format 2.35 (les films des années 80 étaient plutôt formatés au standard 1.85, plus économique) et des dernières innovations dans le registre des technologies de rendu sonore - tout en conservant des méthodes classiques, comme des maquillages latex et une technique de réalisation très scolaire (pas de caméra épaule hystérique ni d’effets digitaux dans ce film). La quasi absence d’images de synthèse, ce rendu naturel, est d’ailleurs l’une des principales forces du film, avec cet humour décapant et stupide mis en exergue par des attaques de moutons complètement irréalistes – mention spéciale à ces violentes agressions à la gorge par des ovins aussi toniques que des fauves enragés.

Bon, l’histoire est très con, c’est vrai, mais c’est ce qui fait aussi la force du film, principalement de par son traitement hyper sérieux entrecoupé de gags visuels (les charges de Walkyries, ou des chevaliers de Rohan, selon votre sensibilité culturelle, remplacées par des cavalcades de moutons filmées de façon hautement cinégéniques est une idée complètement ridicule mais géniale). Les personnages ne sont pas non plus piqués des hannetons avec le « héros » bien sur, cet individu introverti terrorisé par ces animaux en général si placides, mais surtout par les personnages secondaires ; la jeune écologiste baba-cool dont les préceptes mixent sans aucune logique toutes les philosophies hindouistes et jaïnistes ; le frangin, mégalomane, cupide et… zoophile ; la scientifique allumée et sadique, parfait archétype du savant fou des séries Z, et la vieille gouvernante, aussi à l’aise avec un hachoir qu’avec un fusil ou au volant d’un véhicule.
Les effets spéciaux sont également de très bonne facture. Souvent très poussés graphiquement, ils prennent leur inspiration dans les maquillages de Tom Savini, Sceaming Mad George ou Everett Burrell, donc des écoles classiques aux rendus très explicites. Les moutons-garous, eux, sont plus un clin d’œil vers les créations animatroniques de Rick Baker et de ses élèves Rob Bottin ou Greg Cannom. On se croirait vraiment revenu dans les années 80, tant les CGI de la Weta Digital se font discrets et le rendu est réaliste. Cela fait plaisir et nous change de ces médiocres effets digitaux qui font l’ordinaire des séries B actuelles (ou même des blockbusters, si l’on pense à Je Suis Une Légende, par exemple).

Puis il y a les moutons. Les véritables stars du film. On a connu la vache de Fernandel, on a désormais les troupeaux de ces animaux crétins. Jonathan King, plaisantin, a choisi de les filmer comme s’il s’agissait de redoutables prédateurs. Il les shoote donc souvent plan moyen ou plan américain, caméra fixe, l’animal de face en regard caméra, l’œil idiot, et soudain… bêêêêhhh ! La bête charge à la vitesse de l’éclair. Très drôle. Autre crétinerie efficace ; l’animal voit aussi ses capacités d’endurance décuplées ; il peut désormais sauter dans des fosses, ramper dans des tunnels et même défoncer des portes… et il n’en conserve pas moins son air idiot.
Pour finir, je tiens à préciser que Black Sheep n’est quand même pas un film référence dans le genre. Jonathan King, en le réalisant, n’avait d’ailleurs pas du tout cette ambition. Il n’innove en rien, reprend juste des vieilles recettes (parfois) oubliées et se fait plaisir en les remettant au goût du jour avec application. C’est essentiellement un film pour le fun, sans message particulièrement explicites (les manipulations génétiques ne sont qu’un alibi au délire), et tous ceux qui y chercheront autre chose risquent forts de se trouver désappointés.

75

Black Sheep est une bouffée d’oxygène au cœur de cette atmosphère méphitique actuellement générée par les productions de série B. Loin des bouses de Nu Image ou de Sci Fi qui se moquent des fans, le film de Jonathan King est un véritable hommage à ces métrages qui ont marqué l’âge d’or du film gore. De plus, le cinéaste, aidé par les moyens de Weta Digital, nous offre un travail de réalisation très professionnel, qui démontre tout le respect qu’il éprouve pour le genre. Bref, un film que tout fan de film d’horreur se doit de posséder dans sa DVDthèque.

Critique de publiée le 22 janvier 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Un bel hommage aux films d’horreur des années 80
  • Une réalisation consciencieuse
  • Des gags potaches et du gore qui tache
  • Des maquillages et des fx de bonne facture

Que faut-il oublier ?

  • Ben, c’est quand même très con, faut l’avouer…

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