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Critique du Roman : Histoire de Lisey
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Critique du Roman : Histoire de Lisey

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 8 octobre 2007 à 1608

Na'ya Lune... Là d'où parfois on ne revient pas

Lisey resta étendue là où elle était, à récupérer, quelques minutes de plus, puis se redressa en position assise. Dooley avait découpé le sein en diagonale en remontant vers le creux de l’aisselle. L’entaille zigzaguante, en dents de scie, avait durci et s’était un peu refermée, mais le mouvement que fit Lisey pour s’asseoir la rouvrit. La douleur fut énorme. Lisey poussa un cri, ce qui ne fit qu’aggraver les choses…
Avant toutes autres choses, je voudrais commencer mon article par un compliment – oui, je sais, cela va en étonner plus d’un me connaissant. Mais j’y tiens. Oui, un bravo adressé à la représentante d’une catégorie de personnes que l’on cite peu souvent ou, lorsque c’est le cas, c’est généralement en les accompagnant d’une phrase mettant en avant le célèbre adage italien « traduttore, traditore (traduire c’est trahir) ». En effet, si je pense aussi qu’il n’y a pas de traduction parfaite, je ne peux que saluer le travail de Nadine Gassie qui a dû sérieusement en baver tant la dernière œuvre de Stephen King fourmille de codes, de néologismes et de mots-valises, balisant une narration au style typiquement « kingien ».
Car (L'?)Histoire de Lisey est peut-être le roman le plus intime de l’auteur. Celui, qui il y a encore peu, déclarait à qui voulait bien l’entendre qu’il n’avait plus grand-chose à dire, a fini par trouver au coeur même de son existence sujet à dissertation et à extrapolation romanesque. Bien sûr, ce n’est pas la première fois que Stephen King explore son propre univers et décortique les principes fondamentaux de la création littéraire, et nombreux sont ses romans dont le sujet tourne autour du métier d’écrivain (Shining et la Tour Sombre en sont les meilleurs exemples). Une tendance récurrente qui fait d’ailleurs que nombreux sont ceux qui ne manquent pas de l’accuser de redite, de nombrilisme, voire de prétention. Et ces gens là, s’ils se penchent avec cet à priori sur la lecture de Histoire de Lisey... et bien, ils vont sûrement être confortés dans leur conviction.
Personnellement, cela ne me gène guère, à partir du moment ou l’auteur y trouve encore du blé à moudre. Ce qui, je pense, est le cas ici. Un peu déçu par le coté direct et peu ciselé de Cellulaire, roman purement ludique mais guère novateur, j’ai abordé la lecture de ce dernier ouvrage avec curiosité mais aussi une certaine crainte que l’auteur soit en perte d’inspiration. Mes inquiétudes se sont dans un premier temps confirmées par une sensation de malaise, car j’ai eu un mal fou à entrer (disons, les cent premières pages) dans cette histoire sans réelle intrigue, qui part un peu dans tous les sens, sans vraiment se poser ou proposer un enjeu défini. Puis, la magie « Stephen King » a opéré et m’a envoûté…
Roman excessivement mélancolique, Histoire de Lisey parle de la mort et du deuil, de la tristesse qui envahit le cœur de celui qui reste quand la grande partie de sa vie est une histoire de « double ». Un double toujours présent, comme le reflet dans un miroir - même si avec les années qui passent on finit par ne plus trop le regarder (mais on le sent quand même) - jusqu’à ce que le verre se brise sous le poids du destin et que l’on se sente émotionnellement amputé. L’odeur de l’absence…
On prend conscience que, très fortement affecté par cet accident qui faillit lui coûter la vie, Stephen King réfléchit et philosophie à sa façon. En quelque sorte, Lisey est la projection littéraire de sa chère Tabitha, son épouse, et même - pour ce que j’en sache - si les personnalités concordent peu (la personnalité de Scott Landon correspond également peu à celle de Stephen King) nul doute que le récit est en grande partie le fruit de cette réflexion : et si j’avais péri en ce jour du 19 juin 1999, que serait devenu ma femme ? En partant de cette démarche, l’écrivain du Maine peut ainsi parler de lui (et du processus créatif de l’écrivain, la mare de l’inspiration, la réserve de l’imagination) tout en mettant en valeur ceux qui lui sont chers, car Lisey-Tabby reste avant tout le personnage central du roman, la clé de voûte de cet édifice littéraire multi-référentiel (tabac, alcoolisme, violence conjugale, démence, peur des fans, purgation par l’acte d’écriture, etc.) remplie de flashbacks sophistiqués et d’artifices stylistiques.
Car, il faut bien dire que si Stephen King fait montre une nouvelle fois d’une magistrale maîtrise technique dans la construction littéraire, ce roman apparaît comme l’un des plus hermétique qu’il ait jamais écrit. Ce n’est pas, je pense, le livre idéal pour découvrir l’univers de l’écrivain tant le récit est verrouillé par des codes narratifs très personnels et des rétroactions thématiques en rapport direct avec son parcours professionnel et privé. Mais, par contre, pour l’initié, cela peut être un régal. Pour moi qui suit un fan de l’auteur depuis ses débuts, j’ai eu la sensation de pénétrer plus avant dans son jardin secret qui est, je dois bien l’admettre, bien plus verdoyant que le mien (il ne doit pas utiliser le même engrais, c’est certain).

La conclusion de

Je ne saurais dire si Histoire de Lisey est le meilleur roman de Stephen King. Tout ce que je peux affirmer, c’est que j’ai été totalement conquis (après, c’est vrai, un début laborieux) par la démarche de l’écrivain qui nous offre à la fois une réflexion sur le processus de création littéraire et une très touchante déclaration d’amour à sa chère et tendre. Fan de l’auteur, j’ai vraiment apprécié pénétrer plus avant dans son univers quelque peu dépressif, mais il est vrai que cet approche minimaliste pourrait être assimilée à du nombrilisme pour celui qui n’adhérerait pas volontiers à ce principe aboutissant notamment à une intrigue plus ténue que dans les autres oeuvres de l’écrivain.

Que faut-il en retenir ?

  • Une belle réflexion sur le processus créatif
  • Des personnages attachants
  • Un démonstration technique dans la construction narratif
  • Le style « Kingien » encore à l’œuvre

Que faut-il oublier ?

  • Nombrilisme ?
  • Intrigue alibi ?

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