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Chambre 1408 >

Critique du Film : Chambre 1408

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 10 septembre 2007 à 18:50

L’antichambre de l’esprit

1408 est le numéro d’une chambre. Celle d’un palace new-yorkais que le gérant et tous les employés déclarent hantée. Ils en ont d’ailleurs une peur bleue et refuse même de s’en approcher. Il parait que les morts survenues dans cette chambre ne se comptent plus, on parle de plus d’une cinquantaine en moins d’en siècle.
Cette réputation, le romancier-démystificateur Mike Enslin n’en a cure. Il faut dire que le bonhomme en a visité, des soi-disant maisons hantées. Et jusqu’à ce jour, rien à signaler, hormis des supercheries destinées à attirer le touriste et quelques bizarreries sans importance. Il insiste donc fortement auprès du gérant, monsieur Olin, pour que l’on accepte de le laisser séjourner une nuit dans la chambre 1408 du Dolphin Hotel. Et rien, pas même les sincères inquiétudes de l’hôtelier, ne vont lui faire changer sa décision.


Mike pose alors ses affaires dans la 1408, une chambre tout à fait banale… jusqu’à ce que d’étranges manifestations se produisent ; draps qui bougent, téléphone qui sonne, robinet qui s’ouvre brusquement, etc.). Pragmatique, l’écrivain pense alors que l’on essaye de le faire tourner en bourrique aux moyens de subterfuges et de systèmes cachés. Sans céder à la peur, il va essayer de percer les mystères que recèle cet endroit. Mais il ne va rien trouver… à part l’horreur.
Adaptée d’une courte nouvelle de Stephen King, 1408 m’a rappelé rapidement une fameuse série de films de genre intitulée House. Comme c’est le cas ici, House rouvraient les cicatrices du subconscient pour faire ressurgir les douleurs du passé sous la forme de spectres et de menaces peu tangibles. Ainsi, au-delà de l’apparition d’ectoplasmes de suicidés qui réitèrent incessamment le même acte fatal (et qui se révèlent complètement inoffensifs), l’histoire se penche plus à mettre en avant le fait que les fantômes les plus dangereux sont ceux qui hantent nos rêves et nos cauchemars, construits à partir de nos regrets et de nos peines. Le thème est donc classique, repris dans la littérature d’horreur comme dans la SF et pour surprendre, il fallait donc que le réalisateur réalise une performance dans sa réalisation comme dans sa direction d’acteur.
La solution, le cinéaste Mikael Håfström la trouve dans le traitement du personnage principal, un travail que l’on pourrait rapprocher de celui effectué par Stanley Kubrick pour sa version de Shining, autre œuvre de Stephen King. On assiste en effet à la lente désintégration de l’équilibre psychique du héros. En apparence solide, comme le prouve la façon décontractée avec laquelle il « ausculte » la pièce avec un étrange appareillage, il cache en lui un terrible trauma : la perte d’une fille chérie et, par conséquence directe, de sa foi en Dieu. Cette fêlure, la chambre va l’utiliser pour ébranler l’esprit artificiellement « cartésien » de Mike, après l’avoir épuisé avec une série de manifestations brèves et violentes, comme le ferait des « picadors » préparant un taureau dans l’arène.
Un repère visuel habile est d’ailleurs utilisé pour donner le signal de la déchéance psychologique du héros : sa cigarette. De nombreux plans montrent en effet une cigarette, posée et éteinte, pendant que Mike explore les recoins de la chambre. Lorsque son esprit logique perd pied, il se saisi de la cigarette et l’allume, comme s’il s’accrochait à l’un des derniers éléments concrets présents dans l’endroit. D’autres nombreux petits détails comme celui-ci témoignent de l’habilité d’un scénario s’accommodant parfaitement d’un sujet de base que l’on pourrait juger comme déjà-vu.
La réussite de ce film repose aussi sur la performance exemplaire de John Cusack. L’acteur nous a habitué à des prestations de qualité, il continue de plus belle avec une interprétation habitée et bien calculée. De son attitude nonchalante, presque dédaigneuse du début, à ses actes de folie furieuse dans une dernière partie très spectaculaire, on assiste à un superbe travail de comédien, avec un montée en charge émotionnelle très intense. Une performance si parfaite que, malgré l’absence totale de plans subjectifs, l’on en arrive à douter de la véracité des faits, comme si l’on assistait aux délires d’un schizophrène. La encore, on pense à Shining et à la performance hallucinée de Jack Nicholson.
Mes regrets ? Au-delà d’une histoire un peu légère, je dirais un twist final qui se veut inutile et qui enlève une partie de doute bien sympathique, ainsi qu’une débauche d’effets spéciaux sur la fin, qui retranscrit à l’écran les fréquentes difficultés que rencontre Stephen King pour clôturer ses histoires sans démesure grotesque.

70

1408 est une ghost-story se situant dans la bonne moyenne. Le récit est léger et part un peu trop dans la démesure sur la fin mais le scénario est habilement ficelé, bourré de détails narratifs, et il laisse un confortable champ d’action à un John Cusack habité par son rôle. La bonne surprise de cette rentrée 2007.

Critique de publiée le 10 septembre 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario habile
  • Réalisation sans faille
  • John Cusack, génial

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire somme toute banale
  • Un fin un peu démesurée

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