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Critique du Film : Abominable

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 11 avril 2007 à 14:16

Blondes ou brunes, Big Foot les croque toutes

J’ai toujours aimé les gros monstres poilus, des grizzlis aux mammouths, en passant par les attardés des Muppets Shows, la clique à Chewbacca et ces saloperies de Critters. Me demandez pas pourquoi, je n’en sais fichtre rien. Cela vient peut-être de ma prime enfance, une sorte de reliquat freudien issu de cette époque bichrome durant laquelle ma mère écoutait Demis Roussos en boucle sur son tourne-disque mono de chez Pathé Marconi. Qui sait ?...
C’est pour cela que j’ai toujours adoré les Yéti, même Georges, celui de la pub Tic-Tac. Et j’ai toujours regretté le peu de cas que font de cette adorable créature les producteurs hollywoodiens, bollywoodiens ou Tibétains (ah, on me glisse à l’oreillette que les producteurs tibétains, ça n’existe pas, à part les producteurs d’herbes étranges ; ok, je prend note…). En effet, si l’on remonte le temps sur quelques années, qu’avons-nous à nous mettre sous les mirettes en terme d’abominables Hommes des Neiges et autres Sasquatchs ? Un vieux film de la Hammer, un pote goguenard de la famille Henderson, une affaire non classée de Mulder et Scully ? Euh… C’est à peu près tout, même si j’en oublie sûrement… Enfin, bref, ce n’est pas l’opulence dans le registre du bipède légendaire aux gros pieds nus de plus de 60 centimètres (sinon, on a les Hobbits). Dans ces conditions, inutile de vous préciser comme je me suis jeté sur cet Abominable, dés sa sortie en DVD zone 1, dans une vf tabernacle plus que convenable.

Dee Wallace-Stone: le retour des Critters?

Premier long métrage de Ryan Schifrin (le fils du compositeur multi-oscarisé Lalo Schifrin, d’ailleurs auteur de la musique du film se son petiot), Abominable raconte la rencontre malheureuse d’une bande de jeunes filles et autres montagnards avec un Big Foot plutôt acariâtre, et très mauvais voisin. On pourrait donc s’attendre, à la lecture du pitch, à un Survival « blair-witchien » à grands renforts de crouichs sur les pommes de pins et courses échevelées dans les sous bois. Oui, mais pas avec Ryan Schifrin. Car pour faire dans l’original (et dans l’hommage), le cinéaste a construit son film à la façon du Fenètre sur Cour d’Alfred Hitchcock. Toute la structure du métrage est donc construite à partir du point de vue d’un mec en fauteuil roulant qui assiste par la fenêtre de son chalet aux exactions de la créature sur de charmantes voisines taille 36, au pantalon taille basse et débardeur moulant.
Cependant, contrairement au classique de sir Alfred ou du « remake » de Brian de Palma (Body Double), Ryan Schifrin évite le thème du faux-semblant et de la tromperie voyeuriste pour mettre carrément les pieds (de Yéti) dans le plat. Bien entendu, il joue un peu sur la notion de doute sur la véracité des faits, en mettant en scène un témoin au profit psychologique éprouvé (il sort d’une grosse dépression suite à un trauma, bla, bla, bla…) mais la séquence d’ouverture ayant prouvée par l’image la présence d’un monstre dans le coin (ou du moins de ses orteils), le spectateur ne doute pas une seconde de son existence. Le doute ne s’applique que sur un autre personnage, son infirmier, qui ne croit bien sûr absolument pas à ses déclarations alarmistes, le laissant seul dans son effroi. Tout donc tourne autour d’une affaire de climax, comme toute série horrifique qui se respecte…
James Stewart prend l'air à la montagne

Et dans ce registre, j’ai bien apprécié le travail du jeune réalisateur. Utilisant les codes du genre à bon escient, sans trop abuser d’effets de style et de clichés rébarbatifs, il parvient à mettre en scène une œuvre certes basique, mais pleine d’énergie, d’humour noir, et bourrée d’adrénaline. Je me suis beaucoup amusé à suivre cette intrigue principale, mettant en scène la créature, l’infirme aux jumelles, et cinq minettes à demi-hystériques. Une intrigue entrecoupée de séquences d’ambiance aussi inutiles que finalement indispensables. Oui, indispensable, car c’est dans ces scènes parallèles que l’on a le plaisir de voir réunis à l’écran des icônes de la série B, qui ont de plus l’air de bien se marrer. Ainsi, la séquence du feu de camp qui réunit un Lance Henriksen et un Jeffrey Combs grillant des marshmallows en racontant des conneries, est tout simplement géniale. A noter aussi la présence dans la séquence d’ouverture la présence de Dee Wallace-Stone en montagnarde terrorisée. Bref, des apparitions qui ne manquent pas de faire plaisir aux cinéphiles.
En réalité, la trame principale est d’un grand classicisme (ne cherchez pas l’originalité), mais efficacement réalisée. On y voit un gros et grand monstre poilu, aux dents acérées, observer tout d’abord ses proies à la manière d’un psycho-killer (une occasion de voir la jolie nouvelle icône du bis Tiffany Shepis dans le plus simple appareil) puis prendre soudainement d’assaut le chalet dans lequel sont réfugiées les quatre survivantes terrorisées. Vue de loin, car cadrée du point du vue du voyeur, la scène de massacre de trois des jeunes filles prend l’apparence d’une maison de poupée (vous savez, ces baraques en trois 3D qui s’ouvrent sur l’une de leur façade à la manière d’une boite) saccagée par le chien familial, sauf que dans le cas présent les poupées courent et hurlent comme des damnées. Devant le regard horrifié d’un clone de James Stewart. Très drôle…
Thiffany Shepis, la nouvelle Linnea Quigley

Puis, comme les plaisanterie les plus courtes sont toujours les meilleures, Ryan Schifrin réduit sa profondeur de champ en amenant la dernière survivante (une blondasse à la tronche amochée qui arbore un rouge à lèvre si vif qu’elle pourrait servir de balise antibrouillard sur un aérodrome) dans la maison du paraplégique. C’est également l’occasion de voir le monstre de plus près (brrrr… qu’il est vilain, pour ce qui connaissent, on dirait un Troll de Troy, sans les mouches) et même une sanguinolente séquence de meurtre lorsqu’il croque le crâne de l’infirmier comme s‘il s’agissait d’une simple tomate cerise. Tout cela est très réjouissant… Faute d’être terrifiant.
Bien entendu, le métrage n’est pas exempt d’incohérences (et de faux raccords !), avec son shérif obtus et son très drôle mais stupide manège d’évacuation à la corde d’alpinisme. Mais tout cela importe peu, tant la bonne humeur règne sur le récit, avec son héros en fauteuil roulant si imprévisible qu’il se met soudainement à roucouler devant une gonzesse terrorisée (et qui prend tout son temps alors que le Big Foot est en train de fracasser la porte d’entrée). Il finit même par terrasser la bête, c’est dire... Avec Abominable, si vous espérez du crédible, passez votre chemin. Par contre, si vous recherchez une série B marrante et bien menée, le film de Ryan Schifrin est à même de vous satisfaire.
La belle et la bête version redneck

63

Bon, c’est vrai, Abominable n’est pas un chef d’œuvre d’ingéniosité, de débauche de FXs et de virtuosité dramatique ou technique. Non, Abominable est une petite série B sympa, horrifique comme il faut (mon fils de 11 ans a fait quelques bons de surprise), à la réalisation sans fioriture mais très soigneuse, et à la bande son efficace. Si l’on ajoute à cela une belle brochette (dans tous les sens du terme) de guest-stars, on obtient une appétissante galette pour vos lecteurs DVD. Des petits produits du terroir bis comme ça, moi, j’en redemande…

Critique de publiée le 11 avril 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Point de vue original
  • Du bis qui s’assume
  • Réalisation bien rythmée
  • Bonne bande musicale
  • Une belle brochette de guest-stars

Que faut-il oublier ?

  • Scénario assez basique
  • Techniquement très convenu
  • Quelques incohérences et erreurs techniques

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