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Critique du roman : La Possibilité d'une île [2005], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le mardi 6 mars 2007 à 14h55

La possibilité d'une île

"Soyez les bienvenus dans la vie éternelle, mes amis. Ce livre doit sa naissance à Harriet Wolff, une journaliste allemande que j'ai rencontrée à Berlin il y a quelques années. Avant de me poser ses questions, Harriet a souhaité me raconter une petite fable. Cette fable symbolisait, selon elle, la position d'écrivain qui est mienne..."
Daniel est devenu humoriste caustique incontournable. Ses sketches cyniques sur le monde actuel n'épargne personne. Sa notoriété l'emmène dans les soirées people où il rencontre de nombreuses femmes. De nombreuses conquêtes en perspective. Et puis le temps passe, inexorablement, et sa rencontre avec Isabelle semble l'apaiser, notamment grâce à son intellect supérieur. Mais le démon de midi fait son chemin...
Michel Houellebecq est un auteur sujet à polémique. De formation scientifique, il s'est mis très tôt à écrire de la poésie. Et puis des romans. Mais c'est en dehors de la littérature qu'il s'est fait remarquer, notamment pour des propos anti-islamiques et aussi pour sa fascination pour la secte de Raël, du moins pour son fonctionnement. C'est dans la possibilité d'une île que l'auteur français y fait référence dans le mouvement Eholimiste qu'il s'échine pourtant à bien égratigner.
Mais mettons l'auteur de côté pour s'intéresser au roman. Car après tout, auteur et roman peuvent généralement être aux antipodes. Une chose est sûre: la possibilité d'une île porte la marque Houellebecq, reconnaissable à son style, à ses thèmes, à ses références au sexe et une certaine forme de misogynie. Vous êtes prévenus. Alors oui, il y a du cul, des femmes perverses (mais pas forcément au sens péjoratif du terme), des attaques contre la religion et pas mal de fantasmes. Mais il y a aussi et surtout un grand cynisme. Enorme. Immense. Ce cynisme est la marque de fabrique de ce personnage, Daniel, qui bâtit sa fortune dessus. Ce cynisme est son gagne-pain. Il se moque de tout, mais en particulier des minorités. Daniel a une façon dérangeante de se moquer du conflit israëlo-palestinien, mais on l'acclame pour cela. Il fait du trash, gore ou porno, mais on l'acclame pour cela. Alors pourquoi ne pas continuer ? N'est pas du cynisme que de ne pas croire en ce que l'on fait ? J'irais même jusqu'à dire que l'on retrouve ce cynisme dans l'écriture, ce qui lui permettrait de rester dans le flou, dans le retrait des idées énoncées. Est ce qu'il cautionne ce que son personnage fait, écrit, connaissant le caractère faux de son personnage Daniel ? Impossible de se prononcer. A dire vrai, est-ce vraiment important pour le roman ? (Toujours cette fâcheuse tendance à revenir à l'auteur lui-même...)
La possibilité d'une île est malgré tout un livre d'une rare lucidité sur la perception de la vieillesse. La question se pose en ces termes: vieillir c'est mourir un peu tous les jours ? A partir d'un certain âge, oui. Quand on perd ses facultés physiques, quand on constate la longue détérioration du temps, la vieillesse est vraiment synonyme de mort à petit feu. C'est le sentiment de Daniel, dont la vie commune avec Isabelle devient peu à peu insupportable, puisque le passage fait chez elle un ravage sans commune mesure, et c'est sexuellement que la pilule est la plus dure à avaler. On a beau dire, mais c'est bien chez les femmes que l'avancement dans l'âge est le plus cruel. Le simple regard de leurs hommes est la pire des sanctions. La plus rapide. La plus impitoyable. Cet état de décrépitude, et surtout la constatation de rejet (parfois inconscient, souvent ouvert) des jeunes vient plus tard chez Daniel.
Alors le changement dans le roman apparaît, pour détourner l'attention du lecteur de ce problème auquel il ne convient pas de s'attarder. Vient le thème SF ("spéculative fiction", bien entendu pour ne pas dire "science fiction", qui est un mot sale. Jamais on ne dit qu'on fait de la science fiction, car c'est la littérature des attardés et des boutonneux), ou anticipation: l'immortalité. Et le cynisme fait rage, puisque c'est le biais de la secte des Elohimistes que peut-être les neo-humains apparaîtront un jour. Cynisme une fois encore lorsque le gourou (le prophète de la secte, Ah! ah!) est un homme vieillissant, au pénis réduit, entouré de ses jeunes femmes en extase, et ne croyant secrètement pas un seul des mots qu'il prononce. Cynisme car Houellebeck est fasciné par la secte Raël, à moins que ce ne soit pour les techniques de conviction des adeptes... Ce roman est SF pour la simple et bonne raison que le clonage et l'implantation de la personnalité défunte des hommes va être rendue possible. Voilà la pseudo immortalité.

La conclusion de à propos du Roman : La Possibilité d'une île [2005]

Manu B.
75

La possibilité d'une île est une expérience. Comme souvent pour les expériences, les résultats sont aléatoires. Mais une chose est sûre avec ce roman, c'est qu'il faut l'expérimenter.

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